ENTRETIEN avec PIERRE HAMON… SĂ©minaire Trecento au VEMI : 9-12 juil 2022

PierreHamonENTRETIEN avec PIERRE HAMON. A Vannes, le VEMI Vannes Early Music Institute organise Ă  partir du 9 au 12 juillet 2022, son prochain sĂ©minaire (12Ăš AcadĂ©mie europĂ©enne de musique ancienne) totalement dĂ©diĂ© Ă  l’interprĂ©tation de la musique italienne du XIVĂš siĂšcle : une opportunitĂ© exceptionnelle pour les jeunes apprentis musiciens et le public qui suit les concerts de s’immerger dans un continent sonore encore Ă  explorer
 Le Trecento ou XIVĂš siĂšcle marque l’avĂšnement d’une nouvelle esthĂ©tique marquĂ©e entre autres par l’essor monodique, la notation du rythme, une signification spĂ©cifique accordĂ©e aux notes (solmisation), et donc une interprĂ©tation adaptĂ©e pour l’exprimer
 Soit autant de dĂ©fis que le flĂ»tiste et pĂ©dagogue Pierre Hamon dĂ©voile briĂšvement mais de façon passionnante pour classiquenews.
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‹CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui fait pour vous la pertinence pĂ©dagogique et artistique de l’acadĂ©mie /sĂ©minaire proposĂ© par le vemi ?

Pierre HAMON : Je participe depuis 2014 aux acadĂ©mies du Vemi avec toujours le mĂȘme enthousiasme. La rencontre et le partage artistique avec ces Ă©tudiants musiciens des grandes Ă©coles europĂ©ennes de musique ancienne, qui se destinent tous Ă  une carriĂšre musicale sont particuliĂšrement enrichissants. Le sĂ©minaire permet Ă  ces Ă©tudiants de travailler l’interprĂ©tation et la pratique musicale avec des artistes reconnus, de prĂ©parer ensemble le concert de fin d’acadĂ©mie et de bĂ©nĂ©ficier gĂ©nĂ©ralement de confĂ©rences et de rencontres avec des facteurs d’instruments, des ethnomusicologues
 Pour avoir participĂ© dans ma vie de musicien depuis presque 40 ans Ă  de nombreuses acadĂ©mies, je dois dire que le niveau des Ă©tudiants de cette acadĂ©mie est gĂ©nĂ©ralement plutĂŽt exceptionnel et la qualitĂ© des Ă©changes,entre eux et nous, particuliĂšrement enthousiasmant.

 

 

 

‹‹CLASSIQUENEWS : Sur quels aspects mettez-vous  l’accent lors de vos masterclasses auprĂšs de vos Ă©lĂšves ? 

Pierre HAMON : Il s’agit avant tout d’aider les Ă©tudiants Ă  dĂ©velopper leur rĂ©flexion sur les problĂšmes d’interprĂ©tation de la musique mĂ©diĂ©vale, mais aussi et surtout Ă  dĂ©velopper leur sensibilitĂ© musicale et artistique. Tout en m’adaptant Ă  chaque Ă©tudiant, j’insiste sur ce qui me parait essentiel pour donner vie Ă  une interprĂ©tation. Les premiers traitĂ©s instrumentaux apparaissent Ă  la Renaissance et si nous sommes relativement bien informĂ©s quant Ă  la pratique musicale concernant les pĂ©riodes Renaissance et Baroques, c’est loin d’ĂȘtre le cas pour le Moyen Age, et notamment pour la pratique instrumentale.
Aussi, nous devons rester modestes dans nos propositions d’interprĂ©tations de ce rĂ©pertoire. En gĂ©nĂ©ral (cela dĂ©pendant bien sur du degrĂ© de pratique et de connaissances en musique mĂ©diĂ©vale de ces Ă©tudiants , souvent plus formĂ©s et informĂ©s pour la musique Baroque et Renaissance,) je dois mettre l’accent sur ce que j’appelle la couleur des voces dans la solmisation, c’est-Ă -dire le caractĂšre des notes suivant leur nom (Ut, Re, Mi, Fa, Sol, La) aux Moyen Age.

Les notes nommĂ©es UT et FA sont plutĂŽt douces, sensibles, fĂ©minines. MI et LA sont masculins, plutĂŽt durs et forts ; RE et SOL sont neutres. Ce savoir, qui nous vient des traitĂ©s de la Renaissance, mais qui Ă©tait d’une maniĂšre Ă©vidente la base de la sensibilitĂ© modale mĂ©diĂ©vale des chanteurs, est trop souvent encore mĂ©connu ou nĂ©gligĂ© (car appliquĂ© d’une maniĂšre caricaturale) par les musiciens actuels. Sa pratique subtile est d’une puissance incroyable et induit une interprĂ©tation organique de toute ligne mĂ©lodique.
Ce n’est lĂ  bien sur qu’un aspect et un exemple, qu’il faut encore promouvoir, de ce qui me parait essentiel et indispensable pour l’interprĂ©tation de la musique mĂ©diĂ©vale 
 d’autant plus que cette recherche subtile de caractĂšre des notes mĂšne Ă  une hyper concentration et une sensibilitĂ© qui donne immĂ©diatement des rĂ©sultats de prĂ©sence musicale et d’émerveillement.

 

 

 

‹‹CLASSIQUENEWS : Qu’est-ce qui rend la musique du Trecento italien passionnante de votre point de vue ? De quelle maniĂšre se prĂȘte-t-elle particuliĂšrement Ă  la pĂ©dagogie ? 

‹‹Pierre HAMON : Le XIVĂšme siĂšcle, dans toute l’Europe d’ailleurs et pas seulement en Italie, est un siĂšcle musicalement passionnant. C’est l’époque du passage, comme le nomme Guillaume de Machaut, de la vielle Ă  la nouvelle forge, c’est-Ă -dire de l’ancienne maniĂšre de composer, avec une importance trĂšs grande donnĂ©e Ă  l’art monodique, au rythme plus ou moins libre, Ă  la nouvelle, polyphonique et contrapuntique. C’est aussi le siĂšcle du dĂ©veloppement de la notation rythmique, qui va aboutir aux compositions parmi les plus complexes de l’histoire de la musique, avec l’Ars subtilior.
En Italie, aprĂšs l’invention par Guido d’Arezzo au XIĂšme siĂšcle de la solmisation, dont j’ai parlĂ© plus haut, c’est le dĂ©veloppement d’une nouvelle notation, spĂ©cifiquement italienne, et d’un art nouveau, annonçant dĂ©jĂ  la Renaissance. Les premiers manuscrits de musique profane parvenus jusqu’à nous, avec de nouvelles formes codifiĂ©es de chansons, ballata, madrigaux, datent du Trecento. Idem pour les premiĂšres piĂšces instrumentales « de concert « que sont les grandes et magnifiques Estampies Italiennes du Manuscrit de Londres. C’est la jeunesse d’un nouvel art, qui transparait incroyablement dans l’énergie de ces Ɠuvres. Nous y trouvons Ă©galement les premiers manuscrits de piĂšces instrumentales trĂšs ornĂ©es et fleuries qui sont un modĂšle pĂ©dagogique pour apprendre Ă  orner et embellir une ligne mĂ©lodique, et Ă  dĂ©velopper d’une maniĂšre trĂšs virtuose le jeu instrumental.
Pour les Ă©tudiants, travailler Ă  la source connue de toute notre musique instrumentale, faire vivre chaque ligne , mĂȘme en polyphonie, comme une monodie, ne peut qu’éclairer et enrichir ensuite leur interprĂ©tation des rĂ©pertoires plus communĂ©ment enseignĂ©s de la Renaissance et du Baroque.

Propos recueillis en juin 2022.

 

 

 

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‹TOUTES LES INFOS sur le sĂ©minaire de musique ancienne prĂ©sentĂ© par le VEMI – VANNES : 9 – 12 juillet 2022 – masterclasses et concerts :

https://www.classiquenews.com/vannes-vemi-9-12-juillet-2022-12e-academie-europeenne-de-musique-ancienne-seminaire-trecento-italien/

 

 VEMI-2022-seminaire-trecento-academie-9-au-12-juil-puis-23-au-28-oct-2022-classiquenews-bruno-COCset

 

 

 

 

 

 

Madama Butterfly depuis l’OpĂ©ra de Rennes, sur France Musique

DVD. Puccini: un sĂ©duisant Trittico (Opus Arte)FRANCE MUSIQUE, sam 2 juil, 20h. Madama Butterfly. Madame Butterfly Ă  l’opĂ©ra de Rennes 
 La production du Maggio Musicale Fiorantino signĂ©e par Fabio Ceresa, Ă  l’esthĂ©-tique japonisante, en souligne « toute l’élĂ©gance ». La terrible histoire d’amour se dĂ©roule au Japon, pays de tous les fantasmes du dĂ©but du XXe siĂšcle. Jeune geisha, Cio Cio San est sĂ©duite, Ă©pousĂ©e puis abandonnĂ©e par un officier amĂ©ricain ; leur mariage n’était qu’un faux-semblant, une parodie amoureuse que la jeune fille a pourtant vĂ©cu sĂ©rieusement. Les annĂ©es passent ; la Geisha met au monde une petite fille
 Quand revient le fringuant officier Pinkerton, il est accompagnĂ© de sa vĂ©ritable Ă©pouse occidentale laquelle souhaite rĂ©cupĂ©rer l’enfant de Cio Cio san.

5 reprĂ©sentations Ă  Nantes, 2 Ă  Angers et 5 Ă  Rennes ont diffusĂ© la fiĂšvre de cet opĂ©ra tragique et pathĂ©tique oĂč le compositeur Giacomo Puccini brosse un portrait de femme, bouleversant.
De nombreux spectateurs ont suivi la production rennaise, dans de plusieurs villes des rĂ©gions Bretagne et Pays de la Loire Ă  l’occasion d’OpĂ©ra sur Ă©cran(s) : https://www.opera-rennes.fr/fr/evenement/madame-butterfly

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OpĂ©ra donnĂ© le 16 juin 2022 Ă  l’OpĂ©ra de Rennes.
Giacomo Puccini : Madame Butterfly
OpĂ©ra en trois actes – livret de Luigi illica et de Giuseppe Giacosa, crĂ©Ă© le 17 fĂ©vrier 1904 Ă  la Scala de Milan

Karah Son, soprano, Cio-Cio-San
Angelo Villari, ténor, Benjamin Franklin Pinkerton
Marc Scoffoni, baryton, Sharpless
Gregory Bonfatti, ténor, Goro
Jiwon Song, baryton, Le Prince Yamadori
Sophie Belloir, mezzo-soprano, Kate Pinkerton

ChƓur d’Angers Nantes OpĂ©ra
Orchestre national des Pays de la Loire
Direction : Pascal Rophé

MUSICANCY, dim 26 juin 2022, 17h. MoliĂšre et Charpentier.

MUSICANCY-facade-noireMUSICANCY, dim 26 juin 2022, 17h. MoliĂšre et Charpentier. MoliĂšre a remarquĂ© au dĂ©but des annĂ©es 1670 le jeune Charpentier alors rentrĂ© d’Italie. BrouillĂ© avec Lully, MoliĂšre recherche alors un compositeur capable d’écrire les musiques de scĂšnes de ses comĂ©dies. Leur collaboration atteint un sommet avec Le Malade Imaginaire : Charpentier n’hĂ©sitant pas Ă  pousser le trait, vers un dĂ©lire fantasque inĂ©dit alors.

moliere-mariage-force-malalde-imaginaire-charpentier-opera-critique-classiquenews-correspondances-sebastien-dauce-moliere-400-ans-anniversaire-2022Dans Les plaisirs de Versailles, MoliĂšre n’étant plus de ce monde, Charpentier ose une satyre de la vie de Cour : sur un livret dont l’auteur est anonyme, il imagine une saynĂšte se dĂ©roulant dans les petits appartements de Versailles ; bien que rĂ©glĂ©e comme un papier Ă  musique, l’étiquette offre alors un cadre oĂč tout se dĂ©rĂšgle, oĂč rien ne s’accorde ; le chant sublime de la musique est interrompu par la conversation ; une lutte aux mains s’en suit. Le Jeu les fait taire pour se concentrer sur le Tric-Trac, les Ă©checs ou les cochonnets. Mais les deux caqueteuses se rebiffent et il faut l’intervention de Comus, dieu des festins, pour calmer l’hystĂ©rie collective grĂące aux gourmandises. L’humour franc, direct de MoliĂšre a durablement marquĂ© Charpentier dans cette piĂšce thĂ©Ăątrale et musicale de 1682, l’annĂ©e oĂč la Cour de Louis XIV se fixe Ă  Versailles.

dauce-sabastien-correspondances-musicancy-ancy-le-franc-classiquenewsEn composant les musiques des piĂšces de MoliĂšre, Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) se montre Ă  la hauteur de l’enjeu ; MoliĂšre (1622-1673) est alors une cĂ©lĂ©britĂ© et le compositeur se doit d’écrire une musique qui fusionne avec le verbe moliĂ©resque, qui doit respecter les enjeux dramatiques des situations. SĂ©bastien DaucĂ© joue ouvertures, intermĂšdes, musiques de scĂšne du Mariage forcĂ© (1672) ; le premier intermĂšde pour Le Malade Imaginaire (1673) Les Plaisirs de Versailles (1682) – un comĂ©dien (Soufiane Guerraoui) restitue la place du thĂ©Ăątre et enjeux dramatiques. De leur coopĂ©ration, l’opra français trouve ses caractĂšres et les Ă©lĂ©ments de son dĂ©ploiement que devait affiner un autre tempĂ©rament gĂ©nial : Lully (Cadmus et Hermione, premier opĂ©ra français crĂ©Ă© en 1673).

 

 

 Avant-goĂ»t – Samedi 25 juin 2022
15h (MĂ©lisey) puis 17h (Tonnerre)
2 mini-concerts festifs : L’Humour dans la musique du grand Siùcle”
Correspondances – SĂ©bastien DaucĂ© – EntrĂ©e gratuite – Libre participation

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26 juin 2022 – Concert au Chñteau
Cour d’honneur – dĂ©placĂ© dans l’Ă©glise d’Ancy-le Franc
Charpentier et MoliĂšre :
Musique pour les divertissements de Louis XIV
Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé

Autour des Plaisirs de Versailles et des meilleures piĂšces de MoliĂšre mises en musique par Charpentier (Le Mariage forcĂ© et Le Malade imaginaire), ce programme mĂȘle fantaisie, humour et malice pour notre plus grand plaisir. Un hommage Ă  MoliĂšre et au 400e anniversaire de sa naissance.
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/charpentier-moliere-22/
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PROGRAMME
Musique de M.A.Charpentier(1643-1704) pour MoliĂšre (1622-1673)
et Divertissements de Louis XIV

MoliĂšre et M.-A.Charpentier
IntermÚdes pour Le Mariage forcé (H. 494, 1672)
Ouverture de La Comtesse d’Escarbagnas
Trio «La,la,la,Bonjour»
Les GrotesquesTrio
«Ô la belle symphonie»

Anonyme et M.-A.Charpentier
Les Plaisirs de Versailles (H. 480, 1682)
Ouverture
Sc.1: La Musique & le ChƓur
Sc.2: La Musique, la Conversation &le ChƓur
Sc.3: La Musique, la Conversation, un des Plaisirs & Comus
Sc.4 & derniùre: Le Jeu, la Musique, la Conversation, un des Plaisirs, Comus & le ChƓur

MoliĂšre et M.-A.Charpentier
Premier IntermĂšde pour Le Malade imaginaire (H. 495, 1673)
Zerbinetti
Polichinelle & la Fantaisie des interruptions
Prologue: Ouverture de l’Églogue
Quittez vos troupeaux »
Ah! quelle douce nouvelle »
De vos flûtes bocagÚres »
Au soin de ses plaisirs»
Joignons tous dans ces bois»

 

 

 

Ensemble Correspondances
Sébastien Daucé, direction

Concert donnĂ© dans le cadre du 400e anniversaire de la naissance de MoliĂšre en 2022 – DurĂ©edu concert:1h30 environ – Photo: SĂ©bastien DaucĂ©: © Pawel Stelmach

 

LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du Festival Musicancy, au ChĂąteau d’Ancy-le-Franc, du 25 juin au 11 septembre 2022, ici : http://www.classiquenews.com/ancy-le-franc-19e-festival-musicancy-25-juin-11-sept-2022/

 

Culturebox. Verdi: Simon Boccanegra, le 23 juin 2022, 20h30.

le doge Dandolo par TitienCulturebox. Verdi: Simon Boccanegra, le 23 juin 2022, 20h30 – Nouvelle production en direct de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge. Dans le sillon des dramaturges qui l’ont inspirĂ© et qu’il a mis en musique, Shakespeare et Schiller principalement, Verdi aime les hĂ©ros forts mais qui doutent ; ainsi le rĂŽle du baryton [pour le coup dit « baryton Verdi »], qui cristallise les Ă©volutions voire le parcours psychologique, ses vertiges, ses ruptures…  de chaque protagoniste.
Boccanegra recueille le travail de Verdi dans les opĂ©ras prĂ©cĂ©dents en particulier concernant les rĂŽles de barytons devenus emblĂ©matiques : Stiffelio, Rigoletto, Germont (La Traviata), et donc surtout Le doge Boccanegra, qui prĂ©cĂšde Falstaff, l’ultime drame verdien (encore un baryton dĂ©lirant, entre panache et sincĂ©ritĂ©).

 

 

 

Baryton Verdi, baryton vérité

 

 

 

Corsaire devenu doge de GĂȘnes au XIV Ăšme siĂšcle, grĂące Ă  l’appui de quelque soutien qui le lui rappelleront bien, Simon Bocanegra veut rester fidĂšle Ă  ses valeurs humanistes mises Ă  mal par l’exercice du pouvoir et la pression des tractations politiques ; il est au centre des querelles et souvent un arbitre dĂ©muni entre patriciens et plĂ©bĂ©iens.

Sur ce fond social et politique, Verdi dĂ©veloppe avec son dernier librettiste Boito (collaborateur pour la derniĂšre version resserrĂ©e d’aprĂšs la piĂšce de Guttierez), une intrigue individuelle : au moment de son Ă©lection, Simon Boccanegra apprend la mort de sa maĂźtresse Maria, dont il a une fille hors mariage, laquelle lui a Ă©tĂ© enlevĂ©e. La rivalitĂ© et la haine entre l’ancien et le nouveau doge sont attisĂ©es par un conflit social et ce drame familial.
AprĂšs le prologue [qui a valeur de tableau d'exposition des personnages], 25 ans ont passĂ© : Simon Boccanegra retrouve sa fille, Amalia ; la jeune femme aime Adorno, jeune ennemi du Doge. Simon pacifiste, humaniste envisage toujours le bĂ©nĂ©fice de faire la paix avec Jacopo Fiesco, le pĂšre de Maria, qui a jurĂ© vengeance. Au terme de rebondissements, les ennemis jurĂ©s sont rĂ©conciliĂ©s ; le traĂźtre, puni, et l’amour des enfants triomphe. Belle vision optimiste d’un Verdi lui-mĂȘme foudroyĂ© dans sa vie personnelle par une tragĂ©die familiale.
Mais Simon Boccanegra, pĂšre attendri voire bouleversant [proche en cela de Rigoletto] et politique ferme et lumineux, paiera dans sa chair, la rĂ©solution du drame familial qui le dĂ©vorĂ©, et la pratique du pouvoir. Ses duos avec les basses rappellent aussi la confrontation de Philippe II avec l’inquisiteur [dans l’opĂ©ra Don Carlo]. L’homme de pouvoir est un solitaire qui souffre… À travers le rĂŽle du baryton et les dĂ©fis qui l’Ă©prouvent, Verdi fixe les soubresauts politiques de l’Italie contemporaine, jeune nation en quĂȘte d’unitĂ© nationale et se cherche des hĂ©ros capable de porter le destin national.

 

 

 

 

 

 

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Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
Livret de Francesco Maria Piave,
Arrigo Boito d’aprĂšs une piĂšce de Gutierrez

Chanteurs
George Petean (Simon Boccanegra),
Federica Lombardi (Amelia Boccanegra),
Riccardo Zanellato (Jacopo Fiesco),
Marc Laho (Gabriele Adorno),
Lionel Lhote (Paolo Albiani),
Roger Joakim (Pietro),
Xavier Petithan (Un capitano dei Ballestri),
Anne-Françoise Lecoq (Un’ancella di Amelia)
Mise en scÚne : Laurence Dale
Décors : Gary Mc Cann

Orchestre et chƓurs de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge
Chef des chƓurs : Denis Segond
avec la participation de l’IMEP
Direction musicale : Speranza Scappucci 

 

 

 

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Passion Verdi sur ArteVOIR Simon Boccanegra en DIRECT le 23 juin puis en REPLAY
Ce programme est disponible 12 mois, à partir du 23 juin 2022 sur france.tv/culturebox (jusq’23 juin 2023) :
https://www.france.tv/spectacles-et-culture/opera-et-musique-classique/opera-royal-de-wallonie-liege/3545728-simon-boccanegra-de-verdi-a-l-opera-royal-de-wallonie-liege.html

Simon Boccanegra » de Giuseppe Verdi
en direct de l’OpĂ©ra Royal de Wallonie-LiĂšge
Opéra en un prologue et trois actes

Durée totale 160 min :
PremiÚre partie 1h30 min
Entracte 30 min
DeuxiÚme partie 1h10 min
 

 

 

 

 

ARTEconcert. HANDEL : ALCINA, Fasolis / Poda (mars 2022)

handel-haendel-portrait-582-grand-portrait-handel-haendelOPERA, streaming ARTEconcert. HANDEL : ALCINA, Fasiolis / Poda. Jusqu’au 15 oct 2022   -   Tout l’opĂ©ra de Haendel bĂ©nĂ©ficie d’un regard sur la psychĂ© humaine et le pouvoir de l’amour d’une Ă©tonnante et juste noirceur. D’aprĂšs L’Arioste (Orlando Furioso, 1516), le compositeur construit son drame musical (1735) comme un Ă©chiquier amoureux, Ă©touffant, Ă©prouvant oĂč l’enchanteresse Alcina piĂšge les chevaliers qui se hasardent sur son Ăźle ; elle les envoĂ»te et les tient prisonniers Ă  sa guise, selon son bon vouloir. Roger / Ruggiero incarne cependant malgrĂ© les sortilĂšges de la SorciĂšre, l’inconstance et la fĂ©brilitĂ© d’Eros et Alcina doit bien reconnaĂźtre sa dĂ©faite cinglante Ă  s’attacher la fidĂ©litĂ© et l’amour du seul chevalier qu’elle aime
 Le sommet de la partition est le grand air d’Alcina, celui de la destruction psychique d’une sorciĂšre amoureuse mais dĂ©munie, impuissante, dĂ©vorĂ©e par le feu de l’amour insatisfait « A mio cor » / (1h38mn38). La production de l’OpĂ©ra de Lausanne est trĂšs convaincante.

 

 

 

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Le Ruggiero de Franco Fagioli dĂ©borde de vĂ©risme Ă©motionnel ; certes le style est parfois maniĂ©rĂ©, mais le dessin de la ligne vocale, l’intention jusqu’auboutiste, expriment le dĂ©sarroi du chevalier qui est manipulĂ© sans le comprendre ; perdu, au bord de la folie sur l’üle de l’Enchanteresse. Son dernier grand air fait valoir la souplesse des passages de tĂȘte et de poitrine, l’exceptionnelle Ă©tendue de la tessiture et sur tout le spectre, une intensitĂ© Ă©gale des notes qui fusent dont des aigus perçants magnifiques (2h29mn49 : « Dans sa taniĂšre, la tigresse hĂ©site
 »), le voici ce Ruggiero en fin d’épreuves, encore guerrier, prĂȘt Ă  en dĂ©coudre pour combattre et vaincre celle qui impose sa loi trompeuse et illusoire.

RĂŽle Ă©crasant que celui d’Alcina : recitatifs impĂ©tueux soutenus par un orchestre fiĂ©vreux, nerveux, sanguin, musclĂ© (2h00mn27) : l’enchanteresse haineuse, pleine de revanche car elle a Ă©tĂ© trahie par Ruggiero, s’obstine dans la magie pourtant vaine, elle doute, prĂȘte Ă  s’effondrer, vaincue, trompĂ©e, « que me reste-t-il »? (2’01’44 : « Ombre palide ») – intervalles assumĂ©s, intensitĂ© hallucinĂ©e, soprano incandescent, clair, mĂ©tallique parfois, toujours agile et percutant, douĂ© d’une excellente articulation, l’Alcina de Lenneken Ruiten est le pilier de cette production suisse. C’est un grand moment de dĂ©lire lacrymal exploitant des moyens indiscutables (aigus sidĂ©rants et pleins Ă  l’avenant).

Dans ce labyrinthe des cƓurs Ă©prouvĂ©s, solitaires, souvent dĂ©munis, la Morgane de Sophie Lys apporte elle aussi une sincĂ©ritĂ© touchante (air dĂ©sespĂ©rĂ© et d’imploration  « Crede
 », 2’10’41 avec viole obligĂ©e), Ă©cho Ă  la dĂ©faite d’Alcina.

L’Oronte de Juan Sancho est de la mĂȘme veine ; d’une sincĂ©ritĂ© bouleversante, celle d’une Ăąme ravie, conquise, accompagnĂ©e par un orchestre Ă©toilĂ©, aux cordes hyperĂ©lĂ©gantes (air d’extase amoureuse oĂč le jeune homme confesse son amour tant attendu, espĂ©rĂ© (par Morgana prĂ©cĂ©demment) : « Un momento di contento
 » ; c’est alors le seul vrai moment de comprĂ©hension amoureuse, une pause Ă©motionnelle bienvenue dans un tunnel de souffrance sentimentale : 2h21mn04)
Dans la fosse, habitĂ©, Ă  la baguette crĂ©pitante, Ă  l’écoute des Ă©garements de la folie amoureuse, Diego Fasolis affirme un beau tempĂ©rament dramatique. Sa direction franche, nerveuse porte et cultive le drame fantastique et tragique, avec toute la finesse requise.
Cependant que, cÎté mise en scÚne, ces figures comme des ombres, ce jeu de sphÚres, et de structures armilliaires soulignent le statut des chevaliers prisonniers, pris dans les rets de la séductrice enchanteresse, au pouvoir finalement limités
 Splendide.

 

 

 

 

 

 

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REVOIR sur ARTEconcert, en replay jusqu’au 15 oct 2022
FilmĂ© Ă  l’OpĂ©ra de Lausanne, le 6 mars 2022.
https://www.arte.tv/fr/videos/108001-000-A/haendel-alcina/

Alcina / Lenneke Ruiten
Ruggiero / Franco Fagioli
Oronte / Juan Sancho
Melisso / Guilhem Worms
Bradamante / Marina Viotti
Morgana / Marie Lys
Oberto / Ludmila Schwartzwalder
Stefano Poda, mise en scĂšne
Choeur et Orchestre de chambre de Lausanne

Diego Fasolis, direction

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN avec Fannie Vernaz : le Festival MUSICANCY 2022

MUSICANCY-facade-noireENTRETIEN avec Fannie Vernaz : le Festival MUSICANCY 2022. Faire chanter la langue française, interroger toujours la question de l’interprĂ©tation historique, le Festival Musicancy sous l’impulsion de Fannie Vernaz rĂ©active la magie du Baroque et de la musique ancienne, comme la rĂ©flexion que sa rĂ©alisation suscite. Le chĂąteau et le parc d’Ancy-le-Franc offrent un Ă©crin inspirant : « Batailles, grotesques, scĂšnes bibliques ou mythologiques, motif floral ou bucolique »  tout fait sens et suscite un questionnement, une filiation esthĂ©tique, un nouvel imaginaire sonore incarnĂ© par le geste des artistes conviĂ©s que souhaite cultiver la nouvelle directrice du Festival. En 2023, l’annĂ©e des 20 ans de Musicancy, de nouvelle perspectives s’apprĂȘtent Ă  voir le jour marquant un jalon dĂ©cisif dans l’histoire de l’évĂ©nement
 Grand entretien avec Fannie Vernaz, prĂ©sidente de Musicancy.
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CLASSIQUENEWS : Selon quels critÚres avez-vous sélectionné les artistes et ensembles invités cette année ?
FANNIE VERNAZ : J’ai rĂ©uni des musiciens impliquĂ©s dans l’interprĂ©tation d’un mĂȘme rĂ©pertoire, celui de la musique ancienne et baroque principalement, et extrĂȘmement motivĂ©s par les questions de style, de couleurs instrumentales et de langue. Ils sont tous attachĂ©s Ă  faire chanter cette langue aussi bien Ă  travers leurs instruments qu’Ă  travers leurs voix. C’est pour cette raison que les voix tiennent une place importante dans la programmation cette annĂ©e, la musique du Grand SiĂšcle n’Ă©tant pas dissociable de l’art vocal.
En ouvrant le festival avec l’Ensemble Correspondances, un partenaire de longue date en ce qui me concerne, je voulais aussi affirmer l’identitĂ© du festival, avec un ensemble emblĂ©matique de ces questions de style et impliquĂ© dans une recherche permanente sur le son, les Ɠuvres, les traitĂ©s et la mise en Ɠuvre de ce rĂ©pertoire sans jamais baisser la garde. Mais les ensembles ou artistes qui rejoignent la programmation sont tout autant passionnĂ©s par ces questions, chacun travaillant de façon trĂšs pointue sur les ressorts expressifs d’une pĂ©riode de l’histoire de la musique qui ne cesse d’interroger les conditions de son interprĂ©tation « historiquement informĂ©e ».

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle forme / format de concerts / de spectacles, privilégiez-vous ? Dans quel but ?
FANNIE VERNAZ : En passant du spectacle mis en espace Ă  un rĂ©cital pour voix et clavecin ou d’un ensemble de musique mĂ©diĂ©vale Ă  une troupe de bardes spĂ©cialisĂ©e dans la musique traditionnelle des pays gaĂ©liques, j’ai voulu accueillir des formations diverses, chacune ayant sa propre histoire Ă  raconter, un Ă©clairage Ă  donner sur ce rĂ©pertoire ancien, dotĂ© de multiples facettes.
Ma volontĂ© est d’organiser une dynamique collective sous-tendue par une thĂ©matique qui puisse construire des liens entre chaque spectacle. La virtuositĂ© extrĂȘmement ludique et jubilatoire d’un Justin Taylor dans un programme Rameau aura des Ă©chos particuliers avec la musique de thĂ©Ăątre de MoliĂšre et Charpentier. Le programme italien concoctĂ© par Paolo Zanzu Ă©tablira des correspondances avec le programme des musiques traditionnelles d’Ecosse et d’Irlande, l’Italie, terre d’apprentissage, ayant nourri les musiciens europĂ©ens tout au long du XVIIIe siĂšcle, dans un rapport d’imitation et d’enrichissement rĂ©ciproques.

 

 

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CLASSIQUENEWS : Comment les concerts interagissent-ils avec le lieu patrimonial ?
FANNIE VERNAZ : Le chĂąteau d’Ancy-le-Franc est un lieu remarquable qui tĂ©moigne d’un art de vivre inspirĂ© de la Cour de France « italianisĂ©e », et soigneusement organisĂ© entre espace privĂ© et espace public : sa cour intĂ©rieure, son Ă©tage noble, ses galeries, sa salle des gardes, ses chambres, sa chapelle. Les dĂ©corations exceptionnelles des maĂźtres flamands, italiens ou bourguignons des XVIe et XVIIe siĂšcles en plus des dĂ©pendances, du parc et le canal tout proche, donnent une apparence royale au lieu et tĂ©moigne aussi d’un art de la villĂ©giature extraordinaire.
La restauration exemplaire menĂ©e par Paris Investir SAS a permis de rĂ©vĂ©ler des fresques originales, de retrouver l’empreinte du style Renaissance que plusieurs gĂ©nĂ©rations avaient masquĂ©es. Et chaque annĂ©e nous avons la chance de dĂ©couvrir de nouveaux Ă©lĂ©ments restaurĂ©s.
Visiter le chĂąteau a toujours Ă©tĂ© un moment surprenant, mais le revoir rĂ©guliĂšrement depuis que j’ai repris la programmation de Musicancy est extrĂȘmement inspirant. C’est pourquoi nous travaillons ensemble, le chĂąteau et Musicancy, pour imaginer des parcours en musique y compris lors des visites. Les chambres de Diane, de Judith ou de PsychĂ©, les galeries de MĂ©dĂ©e ou des Sacrifices, ou encore le salon Louvois sont Ă©loquents Ă  plus d’un titre et nourrissent toutes sortes de correspondances avec la musique, notamment celle qui a pu rĂ©sonner dans ces lieux au moment de la construction, ou bien plus tard Ă  l’époque du Grand SiĂšcle ou Ă  celle du siĂšcle des LumiĂšres. Batailles, grotesques, scĂšnes bibliques ou mythologiques, motif floral ou bucolique Ă©voquent des possibilitĂ©s infinies de rĂ©pertoire puisĂ©es notamment chez les compositeurs de l’époque baroque, passionnĂ©s d’art antique et fascinĂ©s par l’Italie.
C’est aussi l’un de nos projets que de mener des parcours croisĂ©s avec les artistes invitĂ©s par Musicancy pour qu’ils puissent partager leurs coups de cƓurs Ă  travers les salles du chĂąteau. Aujourd’hui, plusieurs musĂ©es le font dĂ©jĂ , comme par exemple Ă  Caen ou Ă  Dijon : une visite guidĂ©e par le chĂąteau avec la prĂ©sence de l’artiste donnera un Ă©clairage nouveau sur notre patrimoine, une autre façon de le voir, enrichie des multiples Ă©chos qu’il produit chez l’artiste.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expĂ©rience souhaitez-vous que le festivalier vive au ChĂąteau d’Ancy-le-Franc Ă  l’occasion de sa venue pendant le Festival ?
FANNIE VERNAZ : J’apprĂ©cie particuliĂšrement un concert lorsqu’il raconte une histoire, qu’il nous emmĂšne dans un univers tout autre et qu’il fait travailler notre imaginaire. Pour cela, il est bien sĂ»r question de donner des clĂ©s d’écoute : les artistes sur scĂšne peuvent le faire et les moyens mis en place Ă  travers les rencontres aprĂšs le concert y contribuent beaucoup. Le programme avec lequel le spectateur repart est aussi un outil indispensable. Le disquaire prĂ©sent aprĂšs le concert contribue lui aussi Ă  la diffusion d’un patrimoine musical Ă  travers l’objet disque. Le lien entre artistes et public se noue dans ces moments-lĂ , la rencontre prolonge le concert d’une maniĂšre ou d’une autre et casse la barriĂšre de la scĂšne.
Mais je souhaite aussi partager ma vision d’un rĂ©pertoire avec des artistes qui me semblent les plus Ă  mĂȘme de le reprĂ©senter ou de le dĂ©fendre, et qui trouvent les moyens de le transmettre non seulement Ă  un public mĂ©lomane, mais aussi aux gĂ©nĂ©rations d’aujourd’hui sollicitĂ©es par nombre de cultures et des plus diverses. Si le spectateur repart enrichi d’une expĂ©rience nouvelle et qu’il a pris du plaisir Ă  dĂ©couvrir de nouveaux artistes, un nouveau rĂ©pertoire, ou mĂȘme une maniĂšre de jouer diffĂ©rente de ce qu’il connaissait jusque-lĂ , c’est gagnĂ© !

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelques annonces pour l’annĂ©e prochaine, celle des 20 ans du Festival Musicancy ?
FANNIE VERNAZ : Je travaille actuellement sur l’annĂ©e 2023 qui s’annonce dĂ©jĂ  trĂšs dense et qui demandera des moyens supplĂ©mentaires si nous voulons mettre en Ɠuvre la programmation envisagĂ©e. Les 20 ans seront l’occasion de mĂȘler les rĂ©pertoires. Je peux dĂ©jĂ  annoncer qu’en partenariat avec la Fondation Royaumont, nous devrions accueillir un opĂ©ra mis en scĂšne et que la thĂ©matique sera celle de « la nuit ». La nuit comme source d’inspiration inĂ©puisable, comme lieu de magie, de conte, de symbole et de mĂ©tamorphose aussi
 Une thĂ©matique non corsetĂ©e, qui donnera le ton du festival et s’ouvrira lĂ  encore Ă  des relations multiples entre les diffĂ©rents rĂ©pertoires, le baroque restant le point de pivot principal.
L’ambition premiĂšre est de rechercher l’adĂ©quation idĂ©ale entre le chĂąteau d’Ancy-le-Franc et le programme, de maintenir un Ă©quilibre entre des Ɠuvres connues et d’autres Ă  redĂ©couvrir ou dĂ©couvrir par la crĂ©ation, d’assurer un Ă©quilibre entre des artistes connus en France et Ă  l’international (y compris ceux de la rĂ©gion Bourgogne-Franche-ComtĂ©) et des jeunes talents. C’est avant tout l’exigence qualitative qui primera et permettra par ailleurs d’engager des actions d’éducation artistique avec les acteurs locaux et d’autres partenaires Ă  l’échelle rĂ©gionale ou nationale.

Propos recueillis en juin 2022

 

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LIRE ici notre présentation du Festival MUSICANCY, du 25 juin au 11 septembre 2022 :
http://www.classiquenews.com/ancy-le-franc-19e-festival-musicancy-25-juin-11-sept-2022/

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VANNES, VEMI. 9 – 12 juillet 2022. 12Ăš AcadĂ©mie europĂ©enne de musique ancienne. SĂ©minaire « Trecento Italien »

VEMI-2022-seminaire-trecento-academie-9-au-12-juil-puis-23-au-28-oct-2022-classiquenews-bruno-COCsetVANNES, VEMI. 9 – 12 juillet 2022. 12Ăš AcadĂ©mie europĂ©enne de musique ancienne. SĂ©minaire « Trecento Italien ». La 12Ăš AcadĂ©mie europĂ©enne de musique ancienne de Vannes, organisĂ©e par le VEMI Vannes Early Music Institute, rĂ©unit une remarquable Ă©quipe pĂ©dagogique, apte Ă  Ă©clairer la riche crĂ©ativitĂ© de la musique mĂ©diĂ©vale du « TRECENTO ITALIEN » (XIVĂš siĂšcle italien). Un trio complĂ©mentaire rĂ©alise un trĂšs solide accompagnement formateur pour les jeunes instrumentistes et musiciens que la pĂ©riode intĂ©resse : Pierre Hamon : flĂ»tes / Vivabiancaluna Biffi : viĂšle & chant / Carlo Rizzo : percussions.

PierreHamonLIRE notre entretien avec Pierre Hamon, Ă  propos de l’esthĂ©tique spĂ©cifique du Trecento italien (XIVĂš) : nouvelle notation rythmique, essor monodique, solmisation… “… Je participe depuis 2014 aux acadĂ©mies du Vemi avec toujours le mĂȘme enthousiasme. La rencontre et le partage artistique avec ces Ă©tudiants musiciens des grandes Ă©coles europĂ©ennes de musique ancienne, qui se destinent tous Ă  une carriĂšre musicale sont particuliĂšrement enrichissants. Le sĂ©minaire permet Ă  ces Ă©tudiants de travailler l’interprĂ©tation et la pratique musicale avec des artistes reconnus, de prĂ©parer ensemble le concert de fin d’acadĂ©mie et de bĂ©nĂ©ficier gĂ©nĂ©ralement de confĂ©rences et de rencontres avec des facteurs d’instruments, des ethnomusicologues
”…

 

Le sĂ©minaire / acadĂ©mie, destinĂ©e prioritairement aux Ă©tudiants issus des Ă©coles partenaires (1), mais aussi des Ă©tudiants de niveau Master venant d’autres institutions non partenaires, se dĂ©roule en deux temps : un premier rendez-vous au mois de juillet, sous la forme d’un sĂ©minaire spĂ©cifique, puis au mois d’octobre avec les master classes. L’inscription des Ă©tudiants au sĂ©minaire et master classes s’est faite aprĂšs une sĂ©lection vidĂ©o. La formation des Ă©tudiants met l’accent sur la « mise en situation professionnelle ».
Durant l’AcadĂ©mie 2022, une dizaine de concerts seront donnĂ©s au mois de juillet puis au mois d’octobre, par les Ă©tudiants, les enseignants solistes, des ensembles ou solistes invitĂ©s. Chaque annĂ©e, le public vannois peut ainsi dĂ©couvrir et explorer les rĂ©pertoires comme suivre et mesurer les progrĂšs des Ă©lĂšves instrumentistes et musiciens encadrĂ©s par leurs professeurs.

 

 

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Pour cette premiĂšre session de travail de juillet, les professeurs et les Ă©lĂšves proposent 3 concerts, les 9, 11 et 12 juillet 2022, Ă  l’Auditorium des Carmes Ă  Vannes (les 9 et 12 juillet), Ă  la Chapelle Saint Yves (le 11 juillet). Le sĂ©minaire a lieu Ă  l’HĂŽtel de Limur, siĂšge du VEMI.

 

 

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SÉMINAIRE DE MUSIQUE MÉDIÉVALE
Concerts & Master-classes
Vannes (Bretagne – France) – 9 au 12 juillet 2022
TRECENTO ITALIEN

Pierre Hamon : flutes
Vivabiancaluna Biffi : viĂšle & chant
Carlo Rizzo : percussions

 

 

3 CONCERTS

 

CONCERT – 9 juillet 2022 – 21h
VANNES – Auditorium des Carmes
« Lucente Stella »
Carlo Rizzo: tambourins et voix
Pierre Hamon : flutes ( simple, double, Ă  une main avec tambour, Frestel, cornemuse)
Le programme italien principalement du Trecento dĂ©voile ses racines dans l’art des troubadours attestĂ© dans les cours italiennes du 13Ăšme siĂšcle et des instrumentistes « jongleurs » de cette Ă©poque, mais aussi des survivances et traces de cette musique dans les musiques traditionnelles (tarentelles, saltarellos etc
).

 

 

CONCERT – 11 juillet 2022 – 21h
VANNES – Chapelle Saint Yves
« Fenice fui »
Vivabiancaluna Biffi : viĂšle & chant
Trasformazioni e mutazioni della musica in Italia nella seconda metà del XIVe secolo : Francesco Landini, Magister Zacharias, Andrea da Firenze, anonimo


 

 

CONCERT – 12 juillet 2022 – 21h
VANNES – Auditorium des carmes
Etudiants du SĂ©minaire

 

 

INFOS et RÉSERVATIONS : https://www.vemi.fr/

 

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SÉMINAIRE – 10, 11 & 12 juillet – VANNES – HĂŽtel de Limur

Le sĂ©minaire et les master-classes se dĂ©roulent Ă  l’HĂŽtel de Limur, du dimanche 10 au mardi 12 juillet 2022 et se clĂŽturent par un concert programmĂ© Ă  21h Ă  l’Auditorium des Carmes.

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Organisateur : Vannes Early Music Institute
HĂŽtel de Limur, 31 rue Thiers, 56000, Vannes, France
0613430514
www.vemi.fr
https://www.vemi.fr/

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A suivre Ă  VANNES du 23 au 28 octobre 2022, les masterclasses
Concert d’ouverture le 23 octobre, 18h
/ Opening concert on October, 23, at 6 p.m ;
5 jours de master classes du 24 au 28 octobre 2022
/ 5 days-master classes from October 24 to 28
Plus d’infos sur le site du VEMI ici :
https://www.vemi.fr/

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ENTRETIEN avec Bruno Procopio : Les Variations Goldberg de JS BACH

brun-o-versailles-procopio-clavecin-rameau-goldberg-classiquenewsENTRETIEN avec Bruno Procopio : Les Variations Goldberg. Le gĂ©nie des grands interprĂštes se mesure dans la capacitĂ© de renouveler l’approche d’une partition ; de permettre aux auditeurs d’écouter la piĂšce comme s’il s’agissait de sa crĂ©ation : un jeu dĂ©sormais libĂ©rĂ© de toute contrainte, exprimant et cultivant la poĂ©sie pure
 S’agissant des Variations Goldberg, dĂ©cider de les jouer, aprĂšs tant de versions connues, pour piano ou pour clavecin, pourrait relever de la redite stĂ©rile. Or rien de tel sous les doigts de Bruno Procopio. Le claveciniste qui est aussi le chef fondateur du Jeune Orchestre Rameau (JOR) dĂ©livre une leçon d’articulation vivante, Ă  la fois lunineuse, reconstruite, d’une souveraine sĂ©rĂ©nitĂ© intĂ©rieure. A croire que c’est bien ainsi que le Comte von Keyserling, dĂ©dicataire du cycle, aimait l’écouter en ses heures d’insomnie. En enregistrant et publiant Les Variations Goldberg, Bruno Procopio permet d’envisager de nouvelles clĂ©s de comprĂ©hension d’un sommet musical que l’on croyait connaĂźtre ; c’est aussi une expĂ©rience artistique qui marque un tournant en s’inscrivant dans le champs plus intime de la vie personnelle. ENTRETIEN avec Bruno Procopio : Les Variations Goldberg.
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CLASSIQUENEWS : Pourquoi enregistrer aujourd’hui votre propre lecture des Goldberg ?

BRUNO PROCOPIO : Jeune, quand on regarde l’Everest,
 on se dit qu’un jour on va le gravir ; il faut se prĂ©parer, mais surtout, un jour, il faut y aller


L’Everest, c’est toute l’Ɠuvre de Bach ; les Variations Goldberg ne dĂ©rogent pas Ă  la rĂšgle mais en les comparant Ă  d’autres intĂ©grales (les Partitas ou mĂȘme Le Clavier Bien tempĂ©rĂ©), les Godlberg ne sont pas forcĂ©ment plus difficiles Ă  aborder. L’image de l’Everest pour moi, c’est le fait d’aborder une Ɠuvres atypique, longue de plus d’une heure, sans pause et surtout, et ce n’est pas la moindre chose, le fait de connaĂźtre beaucoup d’autres interprĂštes qui l’ont gravi avant moi. Donc les rĂ©fĂ©rences sont nombreuses et par consĂ©quent la question se pose vĂ©ritablement, pourquoi aborder les Goldberg aujourd’hui dans le cadre d’un enregistrement ? C’est bien lĂ  que se trouve la vraie question.

Avant d’enregistrer le recueil, j’ai beaucoup travaillĂ© les enchaĂźnements et le rapport des morceaux entre eux. J’ai voulu prendre le temps de rĂ©flĂ©chir Ă  la façon d’unir certaines piĂšces par un caractĂšre similaire, non seulement par les tempi mais aussi par la registration du clavecin, comme on pourrait envisager un groupe de sonates de Scarlatti, par exemple. Ce travail a Ă©tĂ© long et m’a poussĂ© Ă  une interprĂ©tation diffĂ©rente de celle conçue initialement. Pour garder la cohĂ©rence des blocs, j’ai dĂ©cidĂ© de jouer certaines piĂšces plus vite, avec des registres de Plein Jeu (4 pieds), lequels sont rarement entendus dans certaines variations. Les “points d’orgues” Ă  la fin des piĂšces ne sont pas systĂ©matiques ; cela m’a beaucoup aider Ă  constituer ces blocs de piĂšces.
Une telle vision apporte à l’Ɠuvre une autre respiration mais surtout, grñce au choix des tempi, elle donne une nouvelle allure à certaines piùces, toujours entendues de maniùre similaire.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir choisi cet instrument et qu’apporte-t-il Ă  votre vision de l’Ɠuvre ?

procopio-bruno-JS-BACH-variations-goldberg-cd-critique-annonce-classiquenews-cd-clic-de-classiquenewsBRUNO PROCOPIO : Le choix du clavecin est la base d’une aventure discographique. Il faut Ă  mon sens deux choses. Tout d’abord pouvoir maĂźtriser l’instrument choisi, c’est pour cette raison que j’ai utilisĂ© mon propre clavecin ; j’ai enregistrĂ© le premier volume des Partitas en 2003 dĂ©jĂ  sur ce clavecin. Ensuite, identifier ce que l’instrument choisi peut offrir Ă  l’interprĂ©tation ; ce clavecin est un modĂšle flamand, copie de Ruckers, connu en Europe durant plus de deux siĂšcles. Il s’agĂźt d’un clavecin puissant, clair, dont les deux claviers ont des timbres diffĂ©rents, ce qui nous permet de mettre plus facilement en exergue le cĂŽtĂ© polyphonique des piĂšces Ă  deux voix avec les mains croisĂ©es (variations 11, 14, 17, 20, 23, 26, 28). Ces piĂšces sont l’ñme, l’exotisme mĂȘme du recueil, aucune autre Ɠuvre de Bach n’est composĂ©e de la sorte.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment s’est dĂ©roulĂ© l’enregistrement ? Avez-vous une anecdote autour de cette session qui reprĂ©sente bien l’ambiance ou ce que vous avez vĂ©cu alors ?

BRUNO PROCOPIO : Oui
 mon pĂšre est dĂ©cĂ©dĂ© de la Covid durant les enregistrements ; cela m’a beaucoup impactĂ© ; j’ai arrĂȘtĂ© l’enregistrement
 Quatre mois se sont Ă©coulĂ©s. Puis, je suis retournĂ© Ă  Royaumont pour tout refaire, tout enregistrer Ă  nouveau, avec un autre clavecin. J’étais changé  en quoi, je ne sais pas exactement. En tout cas l’accomplissement de ce projet marque un tournant dans ma vie musicale.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment comprendre le cycle dans son entiĂšretĂ©, l’exposition de l’Aria prĂ©liminaire puis les Variations, enfin la rĂ©itĂ©ration finale de l’Aria ? Qu’est-ce qui fait selon vous la sĂ©duction et la cohĂ©rence de la partition dans son Ă©coute intĂ©grale ?

BRUNO PROCOPIO : Il ne s’agĂźt pas de variations dans le sens romantique ou mĂȘme classique du terme ; il n’y a pas un thĂšme exposĂ© dans l’Aria qui sera variĂ© dans la suite du recueil. Il s’agĂźt d’une simple piĂšce (Aria), ornĂ©e, embellie par une plume presque lĂ©gĂšre, sans prĂ©tention savante, intime, fraĂźche, en rien pompeuse. Les Variations se font par rapport Ă  la basse, Ă  l’harmonie de cette Aria, jamais sur sa mĂ©lodie.

Par contre le caractĂšre savant de l’ensemble est indĂ©niable ; la conception du recueil est trĂšs sophistiquĂ©e : une variation sur trois est un canon… qui va en croissant – canon Ă  l’unisson, puis canon Ă  la seconde, Ă  la tierce, ainsi de suite
 Nous trouvons Ă©galement une ouverture Ă  la française, qui marque la moitiĂ© du cycle et la variation 30 est une chanson populaire (Quodlibet) dont les textes seraient assez graveleux.

En sachant cela, nous avons alors une Ɠuvre complexe voire trop riche pour ĂȘtre perçue comme une seule Ɠuvre. Les seuls Ă©lĂ©ments assurant l’unitĂ©, en seraient le nombre de mesures et la tonalitĂ© qui restent Ă  l’identique pour toutes les piĂšces, Ă  savoir sol majeur ou sol mineur et toujours 32 mesures par piĂšce. Toute la difficultĂ© est d’apporter une lecture vivante et variĂ©e afin que l’auditeur ne soit pas tentĂ© d’abandonner l’écoute.

On peut imaginer que l’Ɠuvre n’a pas Ă©tĂ© forcement jouĂ©e Ă  chaque fois dans son intĂ©gralitĂ© Ă  l’époque de Bach. L’Aria Ă©tait une piĂšce connue et aimĂ©e de la famille Bach (livret d’Anna Magdalena Bach) et mĂȘme du comte Hermann von Keyserling, celui auquel Bach a dĂ©dicacĂ© le cycle ; Keyserling l’écoutait jouĂ© par Goldberg, claveciniste Ă  sa charge, par sĂ©quences, selon l’humeur, pour distraire ses insomnies.
Plus que chercher la cohĂ©rence de l’Ɠuvre, il faut chercher Ă  l’animer.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Pourquoi jouer les Goldberg au clavecin quand d’autres les jouent au piano ? Qu’apporte concrĂštement le fait de les rĂ©aliser sur un clavier ancien ?

BRUNO PROCOPIO : Je les joue au clavecin car je suis claveciniste, c’est l’unique chose de vrai ! L’Ɠuvre a Ă©tĂ© sans doute conçue pour clavecin, l’indication d’un double clavier est mĂȘme signalĂ©e dans la partition mais aprĂšs tout, elle est aussi dĂ©fendable au piano comme Ă  l’accordĂ©on. Si au piano on ne cherche pas Ă  imiter la sĂ©cheresse du clavecin ou le cĂŽtĂ© faussement dĂ©tachĂ©, l’Ɠuvre peut sonner trĂšs intĂ©ressante. Si au clavecin, on ne cherche pas une interprĂ©tation trop lente, voulant donner un caractĂšre savant, de laboratoire, l’Ɠuvre y gagne de la mĂȘme maniĂšre ! Il faut cultiver la simplicitĂ©, la fraĂźcheur,
 faire chanter ses sublimes mĂ©lodies.

 

 

 

Propos recueillis en mai 2022

 

 

 

 

 

 

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ENTRETIEN avec Bruno Procopio : Les Variations GOLDBERG de Jean-SĂ©bastien Bach – Parution de l’album (physique et numĂ©rique) le 2 sept 2022 – 1 cd PARATY records

 

 

 

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ÉCOUTEZ un extrait du cd GOLDBERG VARIATIONS / Les Variations Goldberg de JS BACH par Bruno Procopio, ici :

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CRITIQUE, LIVRE Ă©vĂ©nement. Histoire de l’opĂ©ra français XXĂš-XXIĂšme siĂšcles (Fayard)

belle-epoque-monde-globalise-histoire-de-l-opera-francais-herve-lacombe-fayard-critique-livre-classiquenews-opera-francais-critique-classiquenewsCRITIQUE LIVRE Ă©vĂ©nement. Histoire de l’opĂ©ra français XXĂš-XXIĂšme siĂšcles (Fayard). Et la boucle est bouclĂ©e : aprĂšs deux premiers volumes absolument indispensables : « Histoire de l’opĂ©ra français. Du Consulat aux dĂ©buts de la IIIĂšme RĂ©publique », puis « Histoire de l’OpĂ©ra Francais. XVII-XVIIIe siĂšcles » , Ă©ditĂ©s respectivement en 2020 et 2021, voici donc le dernier ouvrage couvrant la pĂ©riode moderne jusqu’à aujourd’hui. L’approche du collectif rĂ©uni par HervĂ© Lacombe (professeur de musicologie Ă  l’universitĂ© Rennes 2) sĂ©duit et attise l’attention du lecteur par l’ampleur du spectre analytique, l’accessibilitĂ© des thĂ©matiques retenues, la grande diversitĂ© des problĂ©matiques identifiĂ©es et laissĂ©es ouvertes
 La continuitĂ© du genre lyrique avec le XIXĂš se rĂ©alise au moins jusqu’en 1945, avec d’autant plus de mĂ©rite pour ses acteurs que le nouveau siĂšcle est celui des changements fondamentaux : chocs et traumatismes des guerres mondiales ; essor et demandes de la sociĂ©tĂ© des loisirs, de la dĂ©mocratisation et de la dĂ©centralisation, du multiculturalisme, de la mondialisation laquelle fait Ă©clater les notions trĂšs identifiantes au XIXĂš, d’écoles italiennes, allemandes, russes, espagnoles
 ConfrontĂ© aux courants de pensĂ©e, mouvements socio culturels de toutes sortes, le genre lyrique sait s’adapter, se transformer et mieux que survivre (puisqu’on le donnait pour « mort  dĂ©suet, poussiĂ©reux, rĂ©pĂ©titif ») : Ă©tonnamment vivant
 toujours en sachant faire la synthĂšse des faits sociĂ©taux, politiques, historiques contemporain, exprimant leurs injustices et leur folie, avec la pertinence d’un miroir.

Singularités, paradoxes
de l’opĂ©ra français au XXĂš
et au “premier” XXIĂš siĂšcles

Comme un laboratoire artistique, l’opĂ©ra français absorbe les nouveaux ferments d’un langage en perpĂ©tuel devenir, toutes les manifestations du langage musical occidental et de la mise en scĂšne, les nouvelles technologies et les musiques populaires urbaines, les avant-gardes, les nouveaux mĂ©dias (vidĂ©o, internet,
) ; c’est une formidable machine qui a la capacitĂ© de se rĂ©inventer.

Propre Ă  la France, les maisons d’opĂ©ras conservent un lien viscĂ©ral avec l’État, les collectivitĂ©s territoriales et dĂ©pendent pour une grande partie du politique pour fonctionner et se renouveler : l’OpĂ©ra Bastille en 1989 est une dĂ©cision du prĂ©sident François Mitterrand, et le label « opĂ©ra national », est une distinction et un statut dĂ©cernĂ© par le ministĂšre de la Culture

Ainsi du PellĂ©as de Debussy Ă  L’Amour de loin de Saariaho, ou Trompe-la-mort d’aprĂšs Balzac de Francesconi
 plusieurs centaines d’ouvrages lyriques ont vu le jour pendant ce XXĂš, « siĂšcle de turbulences », autant inspirant que stimulant. Outre les crĂ©ations, ce sont des reprises qui dĂ©voilent toujours l’étonnante richesse du rĂ©pertoire abordĂ©, comme l’inventivitĂ© des mises en scĂšne, aptes Ă  les rendre lisibles et actuelles.

Pour ce premier bilan du XXIĂš – titre laissant envisager un prochain volume dĂ©diĂ© au plein XXIĂš (? nous le souhaitons!), l’analyse de certains aspects s’avĂšre entre autres passionnante, tant pour le constat Ă©tabli que les composantes ainsi explorĂ©es ; parmi les multiples Ă©clairages composant les deux parties principales (« De la Belle Epoque Ă  la IIĂš guerre mondiale » puis « L’activitĂ© lyrique de 1945 aux annĂ©es 2010 »), nous distinguons entre autres l’intĂ©rĂȘt et la pertinence des textes suivants : au sortir du XIXĂš romantique et Ă  la Belle Epoque : « La question Wagner : un dĂ©bat rĂ©current » ; puis « Le moment PellĂ©as » ; « SingularitĂ©s et esprit français » (dont « Gabriel FaurĂ© et Maurice Ravel, compositeurs lyriques ») ; « Un demi-siĂšcle d’opĂ©rettes et de comĂ©dies musicales », dans la premiĂšre partie ; « poĂ©tique du livret »; le cas du Saint-François d’Assise de Messiean, « nouvelle formule et un tournant historique » ; « Le devenir du personnage lyrique », Perspectives sur tente annĂ©es d’inventions dramaturgiques » ; « Une forme alternative : le thĂ©Ăątre musical » ; « Les metteurs en scĂšne au centre du jeu » ; « l’opĂ©ra au prisme d’internet » ; « Que reste-t-il de la notion d’opĂ©ra français au XXIÚ ?», dans la seconde partie.

CLIC D'OR macaron 200Au final la publication et ses 21 chapitres, offrent un panorama saisissant du genre sur sa derniĂšre pĂ©riode vĂ©cue de mĂ©moire d’homme : le XXĂš et un bilan « d’un premier XXIĂš siĂšcle ». L’opĂ©ra est non seulement bien vivant mais il stimule les manifestations crĂ©atrices et artistiques les plus inĂ©dites comme les plus pertinentes aujourd’hui.
Le texte gĂ©nĂ©reux dresse un horizon riche et divers, celui d’un « continent lyrique » dont l’histoire ainsi formulĂ©e entend en dĂ©crire « les mĂ©canismes, (
), les valeurs et les tendances, pour  suivre ses acteurs et dĂ©couvrir ses productions. » Indispensable.

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CRITIQUE LIVRE Ă©vĂ©nement. Histoire de l’opĂ©ra français XXĂš-XXIĂšme siĂšcles (Fayard) – CLIC de CLASSIQUENEWS

Parution : 11/05/2022 – 1 512 pages – Prix TTC : 39.00 €
EAN : 9782213709918
Code hachette : 2856258
Prix NumĂ©rique : 37.99 €
EAN numérique : 9782213710655
Format : 155 x 236 mm

PLUS D’INFOS sur le site de l’éditeur FAYARD / page dĂ©diĂ©e Ă  l’ouvrage « Histoire de l’opĂ©ra français XXĂš-XXIĂšme siĂšcles ».
https://www.fayard.fr/musique/histoire-de-lopera-francais-xx-xxie-siecles-9782213709918

MUSICANCY 2022 : 2 mini concerts en ouverture (sam 25 juin 2022)

moliere-charpentier-lully-comedie-ballet-classiquenews-moliere-400-ans-correspondances-concerts-operas-critiqueMUSICANCY : sam 25 juin 2022, 15h, 17h. CONCERT FESTIF
 avec les beaux jours et dĂ©jĂ  un soleil de plein Ă©tĂ©, le festival Musicancy crĂ©Ă©e l’évĂ©nement samedi 25 juin, (sans compter le cycle de concerts qui suivent dĂšs le lendemain, dim 26 juin) : Fannie Vernaz invite « une assemblĂ©e d’artistes passionnĂ©s » sur le thĂšme des « plaisirs de la fantaisie », jouant les sublimes musiques du XVIIĂš français : oĂč « Charpentier et MoliĂšre converseront avec La Fontaine et ClĂ©rambault, rejoints par les cousins de la rĂ©gion, les Rameau  ». C’est une grande fĂȘte des sens, incarnĂ©e, portĂ©e par les solistes et instrumentistes de l’ensemble Correspondances (SĂ©bastien DaucĂ©, direction) qui ouvre ainsi le festival Musicancy 2022. Programme jouĂ© deux fois, ce samedi 25 juin 2022, dans l’église de MÉLISEY(15h) puis Ă  TONNERRE (Fosse Dionne, 17h), comme un avant goĂ»t du programme complet « MoliĂšre & Charpentier », prĂ©sentĂ© le lendemain dim 26 juin Ă  17h au ChĂąteau d’Ancy-le-Franc (Cour d’honneur).

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Samedi 25 juin 2022MUSICANCY-facade-noire
‹L’humour dans la musique du Grand Siùcle
2 mini-concerts commentés,
en avant-goût du concert « MoliÚre & Charpentier »
prĂ©sentĂ© au chĂąteau d’Ancy-le-Franc dim 26 juin 2022
(17h, Cour d’honneur du Chñteau d’Ancy-le-Franc)
dans le cadre des célébrations des 400 ans de MoliÚre (photo, DR).

MÉLISEY, Ă©glise‱ 15hboutonreservation
TONNERRE, Fosse Dionne ‱ 17 h
MĂȘme concert dans les 2 lieux – 40 min. environ
EntrĂ©e libre ‱ Participation libre

Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé (direction)
Caroline Weynants, dessus (CW)
Blandine Sanson de Sansal, bas- dessus (BS)
Noémie Lenhof, viole de gambe
Sébastien Daucé, clavecin et direction

 

 

PROGRAMME
Marc-Antoine Charpentier(1643-1704)
“Profitez du printemps” [H. 495c] (CW)
“Ah! Laissez-moi rĂȘver” [H. 441] (BS)
“Rentrez trop indiscrets soupirs” [H. 464] (BS)
“Feuillages verds naissez” à 2 [H. 449a]
“Fenchon, la gentille Fenchon” à 2 [H. 454]
“Ne fripez point mon bavolet” [H. 499a] (CW)

Les Plaisirs de Versailles [H. 480], extraits
La Musique et la Conversation
Sc. 1 : “Que tout cùde aux douceurs”
Sc. 2 : “Quel objet importun”
Sc. 4 : “Ah, que ce chocolat foisonne »

 

 

 

 

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TOUS LES PROGRAMMES du Festival MUSICANCY 2022 ici :
http://www.classiquenews.com/ancy-le-franc-19e-festival-musicancy-25-juin-11-sept-2022/

 

 

 

MUSICANCY le franc festival 2022 critque classiquenews

 

 

 

(77) Festival INVENTIO, les 19 et 25 juin 2022

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFestival INVENTIO : les 19 et 25 juin 2022. Everly, Bannost-Villegagnon. 2 nouvelles Ă©tapes dans le 77 : Everly le 19 juin puis Bannost-Villegagnon le 25 juin sont les jalons du prochain parcours offert par le festival Inventio Ă  l’initiative de son pilote et directeur artistique LĂ©o Marillier. Les 2 « Concerts-Ăźles » selon le thĂšme du festival cette annĂ©e (« Notes de voyages ») permettent d’explorer deux sites, Ă©crins surprenants pour explorer de nouveaux territoires et vivre de nouvelles expĂ©riences musicales. Le 19 juin, concert avec les Tambours japonais « Wadaiko Makoto », puis le duo flĂ»te / piano : Samuel Casale et Arzhel Rouxel. Le 25 juin, exploration de l’histoire de Bannost-Villegagnon et rĂ©cital de la pianiste japonaise Yuiko Hasegawa qui joue Ravel, Janacek, Beethoven et LĂ©o Marillier


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Dimanche 19 juin 2022
Kiosque d’Everly

Parc du miroir 77174 Everly
(en cas de mĂ©tĂ©o capricieuse, l’Ă©vĂ©nement aura lieu dans l’Ă©glise)

JOURNEE SPECIALE FAMILLES
Lieu tĂ©moin de la modernitĂ© du compagnonnage, adossĂ© au Parc naturel de la BassĂ©e, le kiosque d’Everly, (rĂ©alisĂ© en 2017 avec les pierres de l’ancien chĂąteau, par les Compagnons du Tour de France) accueille une scĂšne ouverte pour la dĂ©lectation des familles (entre autres)


 

 

A partir de 11h30
SCENE OUVERTE aux amateurs et conservatoires
Avec la participation des conservatoires de Bray, de Provins,
Restauration et bar dans le parc

15h30
Tambours japonais Wadaiko Makoto
L’association Wadaiko Makoto dĂ©veloppe l’art et l’esprit du tambour traditionnel japonais ou « taiko ». Chaleureux, vibrant, le wadaiko reconnecte depuis des siĂšcles, le corps et l’esprit, tout en faisant groupe dans une dĂ©marche collective, ĂȘtre ensemble.

 

 

17h
CONCERT Samuel Casale (flĂ»te) et Arzhel Rouxel (piano) – Couleurs, fantaisie, humour et grand talent
 le duo instrumental propose de suivre les pĂ©rigrinations. musicales… d’une baleine ! Programme :

Jean Cras,  suite en duo en 4 mouvements.
George Crumb, vox balaenae, Ier mvt.
Luis de Pablo, Quatros fragmentos de «KIU» :1 Fantasia, 2 Aria, 3 Burletta, 4 Finale.
Sigfrid Karg-Elert, Impressions exotiques :1 Idylle champĂȘtre, 2 Danse pittoresque, 3 ColibrĂŹ, 4 Lotus, 5 Évocation Ă  Brahma.
Mike Mower : Sonata Latino, Bossa Merengova

 

 

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Entrée gratuite
réservation conseillée ici :
https://www.billetweb.fr/inventio-2022?utm_source=sendinblue&utm_campaign=19%20et%2025%20juin&utm_medium=email
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Samedi 25 juin 2022
Bannost-Villegagnon

Eglise Notre-Dame de l’Assomption
2 rue de la Gare, 77970 Bannost
Villegagnon ? Un village et un homme… Provinois , avocat devenu chevalier de Malte, frĂ©quentant les personnages exceptionnels de son Ă©poque, dotĂ© d’une constitution d’athlĂšte, d’une ambition de conquĂ©rant, bon gĂ©ant marin, ce hĂ©ros de roman tente de concilier l’idĂ©al chevaleresque du moyen-Ăąge et les idĂ©es nouvelles de la Renaissance dans son rapport au monde, et dans sa foi ; cette conviction le conduit Ă  mener une expĂ©dition au BrĂ©sil oĂč l’ile de la baie de Rio de Janeiro porte encore son nom. C’est son histoire qui prĂ©cĂ©dera le voyage musical par la jeune Ă©toile montante du piano, Yuiko Hasegawa.

 

 

 

18h30
ATELIER-VOIX guidé par  Angélique Niclas, cheffe de choeur
Gratuit sur inscription : 01 64 01 59 29
Projection diaporama histoire de Bannost-Villegagnon

20h
CONCERT RĂ©cital de piano : Yuiko Hasegawa
RĂ©cits musicaux oĂč, chez Ligeti, Beethoven, et Janacek, une unique expĂ©rience, une courte pĂ©riode de vie se mue en un kalĂ©idoscope, une dĂ©rive des sensations, grĂące Ă  la musique. Au contraire, ces rĂ©cits chez Ravel et dans la crĂ©ation « Disparve per lo foco » de LĂ©o Marillier, cherchent Ă  sceller des expĂ©riences uniques, par l’évocation picturale chez l’un, et par la dĂ©votion Ă  un unique vers de Dante chez l’autre.

Maurice Ravel [1875-1937] : Oiseaux Tristes,
Une barque sur l’OcĂ©an – extraits de Miroirs  (1905).
Leos Janacek [1854-1928] : Sonate 1. X. 1905.
LĂ©o Marillier (1995] : Disparve per lo foco (2022).
György Ligeti [1923-2006] : Cordes à vide  (1985).
Ludwig van Beethoven [1770-1827] : Sonate Op.110 (1821)

 

 

21h30 : AprĂšs-concert gourmand
offert par la municipalité de Bannost

 

 

ACHETEZ VOS PLACES ici :
https://www.billetweb.fr/inventio-2022?utm_source=sendinblue&utm_campaign=19%20et%2025%20juin&utm_medium=email

 

 

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC LEO MARILLIER Ă  propos de l’Ă©dition 2022 du Festival INVENTIO : - cliquez sur l’image pour accĂ©der Ă  l’intĂ©gralitĂ© de notre entretien

 

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec LĂ©o Marillier – En Seine-et-Marne, LĂ©o Marillier, violoniste explorateur, rĂ©invente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenĂȘtres de dĂ©couvertes dans le grand rĂ©pertoire”
 un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival rĂ©ussi est une expĂ©rience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations rĂ©ussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modĂšle pour tous. Pour son directeur artistique, LĂ©o Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, Ă  la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse Ă  travers la vision d’HomĂšre et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulĂ© « Notes de voyages », 7Ăšme Ă©dition), un cycle d’« ßles-concerts », chacune marquĂ©e par une forte caractĂ©risation artistique oĂč s’exposent les notions de familiaretĂ© et d’étrangetĂ©, que le violoniste hors normes, en vĂ©ritable explorateur des nouvelles formes et expĂ©riences musicales, prĂ©sente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, oĂč la dĂ©couverte et la surprise posent le cadre idĂ©al Ă  l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la rĂ©vĂ©lation
 Entretien exclusif.

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LILLE, ON LILLE : les 16 et 17 juin 2022. MAHLER, RACHMANINOV (Hansky, Chauhan)

ON-LILLE-orchestre-national-de-lille-saison-2021-2022-concerts-critique-opera-tournee-classiquenewsLILLE, ON LILLE : les 16 et 17 juin 2022. MAHLER, RACHMANINOV. Avant le concert de clĂŽture de sa saison 21 / 22 (concert Ă©vĂ©nement / symphonique et lyrique Britten / Poulenc, les 22 et 23 juin prochains), l’Orchestre National de Lille offre un somptueux programme symphonique et lyrique, couplant la 2Ăš Symphonie de Rachmaninov (une raretĂ©) et le cycle de lieder pour voix et orchestre de Gustav Mahler : « Chants d’un compagnon errant » / Lieder eines fahrenden Gesellen soit 4 mĂ©lodies composĂ©s autour de 1880 et crĂ©Ă©s en 1896. Les quatre chants offrent des visages contrastĂ©s de celui qui aime sans retour, solitaire, incompris

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Concert symphonique
MAHLER ET RACHMANINOV

” Rachmaninov et Mahler au sommet de leur art ! “boutonreservation
Jeudi 16 juin 2022 — 20h
Vendredi 17 juin 2022 — 20h
Lille – Auditorium du Nouveau Siùcle
± 1h40 avec entracte

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ON LILLE
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/mahler-et-rachmaninov/

MAHLER
Chants d’un compagnon errant
Bernard Hansky, baryton (remplaçant John Chest, souffrant)

RACHMANINOV
Symphonie n°2

Orchestre National de Lille
Alpesh Chauhan, direction

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Alpech-chauhan-maestro-orchestre-national-de-lille-concert-mahler-17juin22-annonce-critique-classiquenewsLe chef britannique Alpesh Chauhan dirige l’Orchestre National de Lille dans la Symphonie n°2 de Rachmaninov, chef-d’Ɠuvre romantique qui contient le meilleur du compositeur dansun contexte de retour Ă  la composition. En effet, l’opus 27 trĂšs rarement jouĂ©, composĂ© Ă  Dresde en 1907 et crĂ©Ă© Ă  Saint-PĂ©tersbourg en janvier 1908, marque la maturitĂ© indiscutable de Rachmaninov qui conçoit simultanĂ©ment Ă  la Symphonie n°2, le poĂšme fulgurant poĂ©tique et hallucinĂ© L’üle des morts (d’aprĂšs le tableau de Böklin) et le Concerto pour piano n°3. Photo : © Alpesh Chauhan DR.

La partition fait suite Ă  la PremiĂšre Symphonie crĂ©Ă©e en 1897 ; ou plutĂŽt « massacrĂ©e » par la direction alĂ©atoire de Glazounov : la critique de CĂ©sar Cui, tĂ©moin de l‘insuccĂšs de cette crĂ©ation, plongea alors le jeune Rachmaninov de 24 ans dans une dĂ©pression qui prit fin 3 annĂ©es aprĂšs.

Rachmaninov, jeune gĂ©nie lyrique !L’opus 27 est la plus ambitieuse des 3 symphonies ; Rachmaninov organisant dĂšs lors ses motifs et son dĂ©veloppement en une arche riche et dense, au souffle irrĂ©pressible, qui assimile Sibelius et Borodine (thĂšme du cor au dĂ©but du 2Ăš mouvement : Allegro molto). Le premier mouvement (Largo-Allegro moderato) adopte la texture tchaikovskienne (Symphonie n°6 PathĂ©tique), tandis que l’Adagio est de loin le plus emblĂ©matique de la passion lunaire propre Ă  Rachmaninov, Ă©tirant avec souplesse sa cantilĂšne mystĂ©rieuse. La vaste romance mĂȘle deux thĂšmes, aux cordes et Ă  la clarinette, tout en utilisant le principe cyclique, avec une maĂźtrise Ă©tonnante de l’écriture polyphonique (cette derniĂšre d’un luxe inouĂŻ). Enfin le Finale (Allegro vivace) regorge d’énergie et de couleurs qui soulignent l’hypersensiblitĂ© d’un gĂ©nie de l’orchestre, autant dans la direction et le sens de la construction que dans la vivacitĂ© des effets de timbres : poĂšte et orchestrateur inspirĂ©, Rachmaninov scelle ainsi son retour Ă  l’écriture.

 
 

 

 

La 3Ăš symphonie de Rachmaninov est prĂ©cĂ©dĂ©e des 4 Ă©mouvants Chants d’un compagnon errant chantĂ©s par le baryton Bernard Hansky. Mahler y exprime dĂ©sespoir, vertiges et brĂ»lures de l’amour malheureux, ainsi :

1: « Wenn mein Schatz Hochzeit macht » (effondrement de celui qui assiste impuissant aux noces de celle dont il est épris).
2: « Ging heut’ morgen ĂŒber’s Feld » (sa mĂ©lodie est utilisĂ©e dans le mouvement I, langsam de la Symphonie n°1 : Ă©merveillement du hĂ©ros malheureux et d’autant plus frustrĂ© qu’il est touchĂ© par le miracle de la nature en son Ă©veil matinal).

3: « Ich hab’ ein glĂŒhend Messer » : douleur terrifiante du hĂ©ros qui songe Ă  l’aimĂ©e inaccessible mais prĂ©sente.
4: « Die zwei blauen Augen von meinem Schatz » : sa mĂ©lodie est reprise dans la 3Ăš mouvement de la PremiĂšre symphonie ; deux yeux bleus hantent le poĂšte qui trouve le repos Ă  l’ombre d’un tilleul ;
Le texte du premier poÚme est tiré du recueil Des Knaben Wunderhorn, les trois suivants sont de Mahler.

 

 

 

 

 

 

ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE : concert BRITTEN et POULENC (clĂŽture de la saison 21 / 22), les 22 et 23 juin 2022

britten_jeune_piano-570ORCHESTRE NATIONAL de LILLE, les 22 et 23 juin 2022 : Britten, Poulenc
 Pour clĂŽre sa saison 2021 / 2022, l’Orchestre National de Lille affiche 2 Ɠuvres symphoniques avec voix de soprano, parmi les plus bouleversantes du premier XXĂš : les Illuminations de Britten (photo ci contre / DR) d’aprĂšs Rimbaud dĂ©voilent la capacitĂ© de l’orchestre Ă  exprimer les mille scintillements poĂ©tiques des textes mis en musique, quand le Stabat Mater de Poulenc touche tout autant par la puissance tragique mais intime de son hommage funĂšbre.

En 1940, Britten met en musique le recueil des Illuminations de Rimbaud. « J’ai seule la clĂ© de cette parade sauvage ! », dĂ©clare en prĂ©ambule la partie de soprano, chantĂ©e ici par la soprano Jodie Devos. À seulement 27 ans, Britten rĂ©ussit l’un des grands cycles de mĂ©lodies en français, alors qu’il n’a pas encore composĂ© son premier opĂ©ra (Peter Grimes, juin 1945).

Alexandre_Bloch_orchestre national de lilleAux cĂŽtĂ©s de la soprano Sophie KarthĂ€user, Alexandre Bloch et le National de Lille interprĂštent Ă©galement le Stabat Mater de Poulenc, composĂ© en 1950 Ă  la mĂ©moire d’un ami disparu, Christian BĂ©rard. Il s’agissait d’écrire un Requiem mais Poulenc prĂ©fĂšre le noir et la concision lacrymal du Stabat mater, texte aussi violent, puissant (Cujus animam gementem) que direct. AffligĂ© par le deuil, le compositeur « s’y livre tout entier Ă  cƓur ouvert ». Le pupitre des cuivres, Ă©toffĂ© et rutilant (4 cors, 3 trompettes en ut, 3 trombones, 1 tuba
) souligne l’ancrage sonore dans l’effroi mĂ©diĂ©val, le sentiment de terreur et l’impuissance mortelle face Ă  la mort, que la figure de Marie, « mĂšre source de tendresse », pourtant elle aussi affligĂ©e, tempĂšre et adoucit dans le cƓur de ceux qui restent. Stabat Mater dolorosa luxta crucem lacrimosa
 Debout, la MĂšre des douleurs, prĂšs de la croix Ă©tait en larmes


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CONCERT DE CLÔTURE DE LA SAISON 2021 / 2022

MĂ©lodies illuminĂ©es et puissante priĂšre doloriste accordent voix de soprano et texture orchestrale pour clore la saison 21 / 22 de l’ON LILLE – Orchestre National de Lille. 2 dates Ă©vĂ©nements, Ă  LILLE puis SAINT-DENIS.

LILLEboutonreservation
Mercredi 22 juin 2022 — 20h
Auditorium du Nouveau SiĂšcle
± 1h sans entracte

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RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’Orchestre National de Lille
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/concert-de-cloture-de-saison/

 

BRITTEN : Les Illuminations*
POULENC : Timor et tremor, extraits
POULENC : Stabat Mater**

**Jodie Devos, soprano
*Sophie KarthÀuser, soprano

ChƓur de l’Orchestre de Paris
Orchestre National de Lille
Alexandre Bloch, direction

En région
Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

—
Jeudi 23 juin 2022 — 20h
Saint-Denis, Basilique,
dans le cadre du Festival de Saint-Denis

 

 

Orchestre National de Lille
30 Place MendĂšs France BP 70119 / 59027 Lille cedex
+33 (0)3 20 12 82 40
Accueil-billetterie : 3 place MendĂšs France

La billetterie est ouverte au public :
du lundi au vendredi, de 10h Ă  18h
par téléphone de 10h à 13h et de 14h à 17h30
au 03 20 12 82 40

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Diffusion digitale

Concert captĂ© et diffusĂ© le lundi 18 juillet 2022 Ă  20h sur la chaĂźne YouTube de l’ON LILLE / ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, dans la playlist de l’Audito 2.0. Concert disponible pendant 3 mois.

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ENTRETIEN avec Fabrice Creux – 29Ăš Festival Musique & MĂ©moire 2022

musique et memoire 2022 festival annonce critique classiquenewsENTRETIEN avec Fabrice Creux – 29Ăš Festival Musique & MĂ©moire 2022 – Le Festival visionnaire et expĂ©rimental dans les Vosges du Sud, MUSIQUE & MÉMOIRE poursuit son exploration des rĂ©pertoires et des tempĂ©raments artistiques ; Fabrice Creux, directeur artistique et fondateur, favorise le compagnonnage et la coopĂ©ration sur la durĂ©e. AprĂšs une formidable aventure avec les Timbres, voici venu l’heure d’ « A nocte temporis », nouvel acteur d’une rĂ©sidence originale et passionnante dont le 2Ăš jalon s’écrit cet Ă©tĂ© (avec entre autres, le portrait-hommage du chanteur favori de Rameau : JĂ©liote). En invitant aussi « Masques », Musique & MĂ©moire renforce son accompagnement unique auprĂšs des jeunes formations. Ici rĂšgne l’esprit de la troupe, soit un collectif cohĂ©rent, soudĂ©, gĂ©nĂ©reux
 heureux de partager avec le public de nouvelles expĂ©riences musicales dans une ambiance familiale. Bach, Vivaldi, Sainte-Colombe, Hersant, sans omettre aussi un focus exceptionnel sur le genre oratorio (Legrenzi, Aliotti)
 sont autant d’étapes enchanteresse d’un parcours unique, pastoral et patrimonial, inscrit dans les fabuleux paysages des Vosges du Sud. PrĂ©sentation de cette Ă©dition 2022.

 

 
musique-et-memoire-cloitre-luxeuil-les-bains-classiquenews-festival-critique

 Le FESTIVAL MUSIQUE & MÉMOIRE dans les VOSGES DU SUD

 
 

 
 

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‹CLASSIQUENEWS : Vous invitez cet Ă©tĂ© Masques, a Nocte temporis,… En quoi tous ces ensembles correspondent-ils / rĂ©pondent-ils Ă  l’esprit du festival ?

FABRICE CREUX : AprĂšs avoir portĂ© proposĂ© de 2014 Ă  2019, une nouvelle collaboration absolument incroyable avec l’ensemble Les Timbres (19 programmes en crĂ©ation, 28 concerts, 7 projets pĂ©dagogiques), le festival Musique et MĂ©moire a engagĂ© en 2021 une nouvelle rĂ©sidence de 3 annĂ©es avec l’ensemble a nocte temporis.
Ainsi, aprĂšs ce trĂšs long et fĂ©cond parcours avec l’ensemble de musique de chambre Les Timbres, il m’a semblĂ© intĂ©ressant de prendre une direction artistique diffĂ©rente avec un ensemble fondĂ© autour de la personnalitĂ© exceptionnelle du jeune tĂ©nor belge Reinoud Van Mechelen.
MĂȘme si la crise sanitaire a diffĂ©rĂ© la mise en route de cette nouvelle dĂ©marche, les programmes entendus en 2021 m’ont absolument confortĂ© dans cette orientation, tout particuliĂšrement avec le fabuleux cycle autour de la voix de haute-contre.
Ainsi, pour cette seconde annĂ©e de rĂ©sidence, a nocte temporis propose un projet artistique marquĂ© par la redĂ©couverte de Pierre JĂ©liote, le bĂ©arnais Ă  la voix d’or, haute-contre prĂ©fĂ©rĂ© de Rameau et de la cour de Louis XV.

Quant Ă  l’ensemble Masques, aprĂšs une premiĂšre invitation en 2021, il m’a semblĂ© assez naturel d’aller plus loin avec cette formation, crĂ©Ă©e par le claveciniste Olivier Fortin et implantĂ©e en Bourgogne Franche-ComtĂ©. Je suis particuliĂšrement sensible Ă  son projet artistique aux multiples visages comme en tĂ©moigne les 4 programmes proposĂ©s cet Ă©tĂ©, avec en Ă©pilogue la crĂ©ation de l’oratorio La Morte Del cor Penitente de Giovanni Legrenzi.
FidÚle à sa ligne artistique inventive et innovante, cette édition décline une succession de paysages musicaux, grandioses ou intimistes dans des lieux patrimoniaux complices, magnifiés par de délicats jeux de lumiÚres.

 

  

 

CLASSIQUENEWS : Pouvez-vous pour chacun nous dire les raisons pour lesquelles ils vous inspirent et en quoi ils répondent à la ligne artistique du Festival ?

FABRICE CREUX : Ces ensembles sont porteurs de projets artistiques puissants et sont également animés par un véritable esprit de troupe, ce qui est à mes yeux une qualité essentielle, toujours recherchée par le festival.

Par ailleurs, la collaboration avec ces ensembles repose sur des enjeux importants. En effet, soucieux d’apporter une contribution active et originale Ă  la nouvelle scĂšne baroque, le festival Musique et MĂ©moire souhaite offrir Ă  ces ensembles, des espaces de travail, d’expĂ©rimentation et de crĂ©ation nĂ©cessaires tant Ă  leur dĂ©veloppement, qu’au renouvellement des rĂ©pertoires et des pratiques.

Ainsi, en conjuguant crĂ©ations, accompagnements artistiques et expĂ©rimentations, le festival Musique et MĂ©moire s’affirme grĂące Ă  ces compagnonnages comme un vĂ©ritable outil de dĂ©veloppement artistique et culturel.
Nous savons aussi que ces jeunes formations ont envie de cette rencontre avec notre festival, qui recherche avant tout une certaine fidélité et une relation au long cours.

 

  

 

‹CLASSIQUENEWS : PrĂ©sentez-nous les crĂ©ations et nouveautĂ©s de cette Ă©tĂ©.

FABRICE CREUX : PlutĂŽt que d’évoquer des Ă©vĂ©nements particuliers, j’ai davantage envie d’évoquer cette Ă©dition comme un voyage musical singulier, aux ambiances variĂ©es.

Suivre la voix du haute-contre favori de Rameau, chanter en roulotte dans un jardin enchantĂ©, vivre les passions amoureuses d’Adam et Ève, s’émerveiller de la rencontre de Bach avec la musique de Vivaldi, plonger au cƓur du mystĂšre d’un orgue sĂ©culaire, regarder dans un miroir entre passĂ© et prĂ©sent avec Monsieur de Sainte-Colombe et Philippe Hersant, entrer dans les profondeurs de l’humanitĂ© avec les chants d’oiseaux, dĂ©couvrir l’atmosphĂšre Ă©tonnante du monde d’avant Bach, s’étonner de la musicalitĂ© mĂ©ridionale du fulgurant sagittaire vĂ©nitien, parcourir toute les Ă©motions avec Legrenzi 
. Cette Ă©dition se veut ĂȘtre un merveilleux thĂ©Ăątre des sensibilitĂ©s baroques ouvert sur le rĂȘve de chacun.

 

  

 

‹CLASSIQUENEWS : Le forme oratorio est Ă  l’honneur cette annĂ©e. Pourquoi avoir choisi ces partitions et qu’en attendez-vous ?

FABRICE CREUX : Effectivement, c’est un peu un hasard, mais c’est surtout une belle opportunitĂ© de valoriser ce genre musical qui permet au festival, qui se dĂ©cline principalement dans des lieux sacrĂ©s, de faire rentrer l’opĂ©ra Ă  l’église !

En effet, rappelant volontiers l’opĂ©ra, cette forme musicale alterne rĂ©citatifs courts, duos, airs, chƓurs et arias accompagnati.

Mettant en jeu des personnages mythiques des Écritures, l’oratorio deviendra une arme de communication essentielle de l’église de la Contre-RĂ©forme.

Deux partitions absolument sublimes illustreront ce cycle passionnant : l’Oratorio La Morte Del cor Penitente de Giovanni Legrenzi (1626-1690) et Il Trionfo della Morte de Bonaventura Aliotti (1640-1690), temps forts incontournables.

Propos recueillis en avril 2022

 

  

 

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LIRE aussi notre prĂ©sentation gĂ©nĂ©rale du Festival Musique & MĂ©moire 2022 – programme, enjeux, lieux du festival 2022 :
https://www.classiquenews.com/musique-et-memoire-2022-15-31-juillet-2022-parcours-enchanteur-dans-les-vosges-du-sud/

 

 

Prochains concerts de L’ACTE I : 15 – 17 juillet 2022 – La Fenice (Il Sagittario Venetiano, le 15 juil, Belfort), a nocte temporis (JĂ©liote, Haute-contre de Rameau, Luxeuil-Les-Bains – puis le 17 juil Ă  Corravillers, Ă©gl Saint-Jean Baptiste : JS BACH, Cantate Ich habe genug), Vesontio (le 17 juil, Chapelle Saint-Martin Ă  Faucogney).
https://www.classiquenews.com/musique-et-memoire-2022-15-31-juillet-2022-parcours-enchanteur-dans-les-vosges-du-sud/

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reinoud-mechelen-jeliote-concert-festival-musique-et-memoire-vosges-du-sud-classiquenews 

 
Reinoud van Mechelen / a nocte temporis, en rĂ©sidence Ă  Musique et MĂ©moire – 2Ăš annĂ©e en 2022, avant l’ultime en 2023  (DR)

 

  

 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS : fantaisies grecques (18 et 19 juin 2022)

fantaisies-grecques-concert-orchestre-symphonique-orleans-programme-fantaisies-grecques-annonce-critique-classiquenewsORLÉANS, Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, 18, 19 juin 2022. Fantaisies grecques – L’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven (dont 2022 serait en rĂ©alitĂ© la vĂ©ritable annĂ©e marquant le bicentenaire, comme le rappelle aussi la programmation du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2022 !). On savoure d’autant plus l’opportunitĂ© et la justesse du programme.
C’est un Beethoven romantique certes mais baignĂ© de culture antique grecque qui se prĂ©cise ici : 
 la figure de PromĂ©thĂ©e, pĂšre des hommes, courage incarnĂ©, inspire un ballet dont la suite symphonique souligne le tempĂ©rament nerveux, viril, « attique » de Ludwig. A Vienne fin mars 1801 (le Ballet les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e est crĂ©Ă© le 28 mars 1801), Beethoven semble prolonger le meilleur Haydn, et non des moindres : celui de son oratorio, La CrĂ©ation crĂ©Ă© quelques semaines auparavant (1801), manifeste de toute cette Ă©lĂ©gance viennoise dĂ©but de siĂšcle ou vĂ©ritable hymne musical de la Vienne des LumiĂšres, et que le jeune et dĂ©jĂ  gĂ©nial Ludwig dĂ©passe avec un feu rayonnant, une claire conscience qu’il y Ă©chafaude la musique de l’avenir
MĂȘme maturitĂ© expressive pour la musique de scĂšne des Ruines d’AthĂšnes (composĂ© courant 1811, juste avant la 7Ăš symphonie, le Cto l’Empereur, la sonate Les Adieux
)

À ces » fantaisies grecques » s’ajoute la Fantaisie pour piano, chƓur et orchestre de Beethoven, complĂ©tĂ©e par le Rondo pour piano et orchestre, occasion d’écouter le pianiste MikhaĂŻl Bouzine, laurĂ©at 2020 du Concours International de Piano d’OrlĂ©ans avec lequel l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans continue d’entretenir des liens depuis sa crĂ©ation.

 

 

CONCERT « Fantaisies grecques »boutonreservation
SALLE TOUCHARD – THÉÂTRE D’ORLÉANS
Samedi 18 juin 2022 – 20h30
Dimanche 19 juin 2022 – 16h

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS ici :
http://www.orchestre-orleans.com/concert/fantaisies-grecques/

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Programme

Fantaisies grecques
Direction : Marius Stieghorst – ‹ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans‹ / Chef de chƓur : Élisabeth Renault

BEETHOVEN – Les crĂ©atures de PromĂ©thĂ©e
BEETHOVEN – Les ruines d’Athùnes
NIELSEN – Pan et Syrinx
‹FRANCK – Les Éolides
‹BEETHOVEN – Rondo pour piano et orchestre
BEETHOVEN – Fantaisie pour piano, chƓur et orchestre
(Piano : MikhaĂŻl Bouzine)

 

 

2022 : l'annĂ©e miraculeuse du Bicentenaire CĂ©sar Franck ?En complĂ©ment, Éole aurait crĂ©Ă© le vent, et ses filles les Éolides, CĂ©sar Franck fĂȘtĂ© en 2022 Ă  l’occasion du bicentenaire de sa naissance (dĂ©c 2022), inspirĂ© par les paysages ventĂ©s de Valence et aussi le poĂšme de Lecomte de Lisle offre le son des filles du vent dasn Les Éolides crĂ©Ă© par la SociĂ©tĂ© Nationale de musique et Edouard Colonne en mai 1877 ; comme Ă  son habitude, l’orchestrateur prĂ©ravĂ©lien ose des timbres clairs et transparents (pour exprimer le souffle, jusqu’à la matiĂšre impalpable mais audible du vent), telle la harpe diamantine colorant, oxygĂ©nant les cordes Ă©oliennes (sans omettre la cymbale qui ajoute son grain filigranĂ© Ă  l’évocation de l’air). Franck offre Ă  son poĂšme symphonique un caractĂšre dĂ©jĂ  prĂ© impressionniste. SensualitĂ© et raffinement sonore rĂ©vĂšlent aujourd’hui le plus français des compositeurs liĂ©geois.

Enfin, trop rare au concert, le symphonisme du danois Carl Nielsen (1865-1931) inspiré par le dieu Pan, ajoute sa singularité nordique.
Pan aurait crĂ©Ă© sa flĂ»te en poursuivant Syrinx pour mieux la sĂ©duire : l’extrĂȘme sensualitĂ© voire un certain Ă©rotisme serait Ă  l’origine mĂȘme du son, du souffle, du chant 
 La vitalitĂ© rythmique, la fluiditĂ© organique de l’écriture rapprochent Nielsen, du finlandais Sibelius et du français Roussel, tous contemporains de Ravel.

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MikhaĂŻl Bouzine… ‹NĂ© Ă  Moscou en janvier 1995, MikhaĂŻl est un homme-orchestre, crĂ©ateur de sons, compositeur d’une musique souvent rĂ©pĂ©titive et envoĂ»tante, il sait ĂȘtre facĂ©tieux, surprenant, dĂ©routant dans ses multiples partitions, comme en tĂ©moigne le cycle qu’il Ă©labore depuis 2012 autour des lettres de l’alphabet cyrillique.

 

 

RÉSERVATIONS
RĂ©servations auprĂšs du ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans – ‹Boulevard Pierre SĂ©gelle – 45000 OrlĂ©ans, ‹du mardi au samedi de 13h Ă  19h.
TEL. : 02 38 62 75 30 (Ă  partir de 14h)

Billetterie en ligne‹ : www.helloasso.com/associations/orleans-concerts

 

 

 

 

Ancy-le-Franc. 19e FESTIVAL MUSICANCY : 25 juin – 11 sept 2022

MUSICANCY-326-vignette-festival-ancy-le-franc-music-ancy-2022-classiquenews-concerts-annonce-critiquesMUSICANCY, ChĂąteau d’Ancy-le-Franc : 25 juin – 11 sept 2022. Pour sa 19e Ă©dition, le Festival dont l’écrin est le sublime palais Renaissance d’Ancy-le-Franc, fait peau neuve et amorce un nouveau chapitre de son histoire dĂ©jĂ  prestigieuse. Il manquait une programmation musicale Ă  la mesure de la beautĂ© des lieux ; c’est chose faite grĂące Ă  l’impulsion nouvelle qu’apporte au Festival, Fannie Vernaz, prĂ©sidente de Musicancy : « Musicancy prend un nouvel Ă©lan avec une programmation dĂ©libĂ©rĂ©ment placĂ©e sous le signe des plaisirs et de la fantaisie. ConsacrĂ©e entiĂšrement Ă  la musique ancienne, cette 19e Ă©dition proposera non moins de 12 Ă©vĂ©nements, pour nous rappeler que le pouvoir libĂ©rateur de la musique a toujours Ă©tĂ© l’un des moyens les plus sĂ»rs de rĂ©sister collectivement Ă  la morositĂ© des temps ! ».
VoilĂ  qui est dit. LIRE ici notre entretien avec Fannie Vernaz Ă  propos du Festival Musicancy

 

 

MUSICANCY-le-franc-festival-2022-annonce-critique-classiquenews

 

Aux cĂŽtĂ©s de Correspondances (SĂ©bastien DaucĂ©, direction) et la soirĂ©e (inaugurale) du 26 juin dĂ©diĂ©e aux divertissements de Louis XIV (les Plaisirs de Versailles de Marc Antoine Charpentier), la Cour d’honneur du chĂąteau d’Ancy-le-Franc accueille plusieurs programmes baroques qui sont autant de tableaux enchanteurs, dĂ©fendus par des artistes chevronnĂ©s et reconnus (La RĂȘveuse et le Concert des oiseaux entre autres, 
), comme par les jeunes tempĂ©raments les plus prometteurs (Le Consort et Justin Taylor
 ). La programmation s’inscrit idĂ©alement dans l’écrin qui l’accueille : ne manquez pas la riche journĂ©e du 7 aoĂ»t, dans le parc du chĂąteau, oĂč 3 promenades musicales permettent de dĂ©couvrir l’harmonie des lieux tout en dĂ©couvrant en fin de journĂ©e, les secrets de la danse baroque (bal festif / atelier pour tous)


RĂ©servez votre aprĂšs midi et soirĂ©e Ă  Ancy-le-Franc, pour visiter un joyau patrimonial emblĂ©matique de la Renaissance française Ă©difiĂ© selon les plans de Serlio, architecte officiel de François Ier (voir en particulier la galerie de Pharsale, la chambre de Diane, celle de MĂ©dĂ©e
 et leurs fresques murales dans le plus pur style de l’école de Fontainebleau), puis assister au concert du soir Ă  20h.
Dans les faits, la programmation s’étend tout l’étĂ©, du 26 juin au 11 sept, en 12 Ă©tapes incontournables. Cette annĂ©e, le parrain est le chef d’orchestre et claveciniste SĂ©bastien DaucĂ©…

 

 

 

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Programme Festival MUSICANCY 2022
au Chñteau d’ANCY-LE-FRANC
D’une façon gĂ©nĂ©rale, sauf mention particuliĂšre, les concerts ont lieu dans la Cour d’honneur du chĂąteau d’Ancy-le-Franc

 

 

 

 Avant-goĂ»t – Samedi 25 juin 2022
15h (MĂ©lisey) puis 17h (Tonnerre)
2 mini-concerts festifs : L’Humour dans la musique du grand SiĂšcle”
Correspondances – SĂ©bastien DaucĂ© – EntrĂ©e gratuite – Libre participation

 

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26 juin 2022 – Concert au Chñteau
Cour d’honneur – ATTENTION : concert dĂ©placĂ© dans l’Ă©glise d’Ancy-le-Franc
Charpentier et MoliĂšre :
Musique pour les divertissements de Louis XIV
Ensemble Correspondances, Sébastien Daucé

Autour des Plaisirs de Versailles et des meilleures piĂšces de MoliĂšre mises en musique par Charpentier (Le Mariage forcĂ© et Le Malade imaginaire), ce programme mĂȘle fantaisie, humour et malice pour notre plus grand plaisir. Un hommage Ă  MoliĂšre et au 400e anniversaire de sa naissance.
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/charpentier-moliere-22/
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12 juillet 2022 – Concert au Chñteau
LumiĂšres italiennes
Le Stagioni, Paolo Zanzu

De Handel Ă  Vivaldi, de Scarlatti, Babell Ă  Caldara, la contralto Anthea Pichanick et Paolo Zanzu au clavecin expriment la virtuositĂ© Ă©tincelante de compositeurs qui, au XVIIe siĂšcle, ont contribuĂ© Ă  accroĂźtre le prestige artistique de l’Italie dans l’Europe entiĂšre
 George Frideric Handel, qui parcourt le continent jusqu’Ă  l’Angleterre de William Babell, Domenico Scarlatti de Naples Ă  Madrid, Antonio Caldara et Antonio Vivaldi de Venise Ă  Vienne…
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/lumieres-italiennes/
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26 juillet 2022 – Concert au Chñteau
La Bella Donna
ApotropaĂŻK

Femme idĂ©alisĂ©e et convoitĂ©e, la « bella donna » est louĂ©e dans la tradition de l’amour courtois
 tout en Ă©tant aussi la fleur sublime, vĂ©nĂ©neuse et mortelle. Fruit engageant Ă  la saveur douceĂątre, mais au violent poison, la belladone est bien connue des sorciĂšres pour la prĂ©paration de leurs onguents aux propriĂ©tĂ©s hallucinogĂšnes. Quelle mĂ©taphore plus appropriĂ©e pour illustrer l’ambiguĂŻtĂ© de la figure fĂ©minine dans l’imaginaire mĂ©diĂ©val ?
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/la-bella-donna/
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7 aoĂ»t 2022 – Dans le Parc du ChĂąteau
Promenades musicales

Déambulez dÚs 15h, dans le superbe parc du Chùteau, guidés par les artistes au fil de 3 moments de musique et de danse !
La Fontaine en musique – Le Consort / Dans une libre interprĂ©tation avec la chanteuse Marthe Davost et le comĂ©dien Manuel Weber, le jeune ensemble baroque Le Consort, redonnent aux Fables de La Fontaine leur pouvoir de sĂ©duction et leur capacitĂ© Ă  nous surprendre encore et toujours !
Le Concert des oiseaux – La RĂȘveuse / Peut-on transcrire le chant d’un oiseau en musique ? Comment fonctionnent les instruments qui tentent de les imiter ? Grands spĂ©cialistes de la musique ancienne, Florence Bolton et Benjamin Perrot, et leur ensemble La RĂȘveuse, nous font dĂ©couvrir autant de chants d’oiseau que de caractĂšres Ă  travers une musique judicieusement choisie et interprĂ©tĂ©e Ă  la flĂ»te par SĂ©bastien Marq. Un univers merveilleux Ă  partager en famille.
Bal festif – Pierre-François DollĂ© et Marie Van Rhijn / En clĂŽture des promenades musicales, le public est invitĂ© Ă  se retrouver autour d’un moment convivial et rare : un bal festif, pour apprendre Ă  danser comme au temps du Roi-Soleil ! À travers les comĂ©dies-ballets de MoliĂšre, petits et grands dĂ©couvriront toutes les facettes de la danse baroque : bourrĂ©e, air de rĂ©vĂ©rence, menuet, gavotte, marche turque ou air de combat… Atelier accessible Ă  tous.

La Fontaine en musique / Le Consort
Le Concert des oiseaux / La RĂȘveuse
Bal festif / Pierre-François Dollé & Marie Van Rhijn
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/promenade-musicale/
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18 aoĂ»t 2022 – Concert au ChĂąteau
La Famille Rameau
Justin Taylor, clavecin

Le jeune claveciniste Justin Taylor réunit ici la famille Rameau dans un récital consacré à la figure majeure du maßtre dijonnais et à ses fils, neveu et frÚre : un concert aux accents aussi virtuoses que jubilatoires.
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/la-famille-rameau/
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11 septembre 2022 – Concert au Chñteau
Scots and Irish Tunes :
Musique d’Écosse et d’Irlande
The Curious Bards

L’ensemble des bardes modernes invite Ă  un curieux voyage au cƓur des pays gaĂ©liques, terre des fameux harpers (ou bardes). Au XVIIIe siĂšcle, ces musiciens itinĂ©rants sillonnaient les routes, jouant de chĂąteaux en belles demeures un vaste rĂ©pertoire d’airs qui racontaient les mythes et lĂ©gendes de leurs provinces. Le rythme et l’allant en sont assurĂ©s en une musique traditionnelle riche de variations virtuoses, au groove aussi fougueux qu’entraĂźnant !
RÉSERVEZ directement vos places sur le site du Festival Musicancy 2022 :
https://www.musicancy.org/scots-and-irish-tunes-musiques-decosse-et-dirlande/

 

 

 

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TOUTES LES INFOS, LA BILLETTERIE, LES MODALITES PRATIQUES
sur le site du Festival MUSICANCY – Festival MUSICANCY – du 25 juin au 11 sept 2022 : https://www.musicancy.org/
Lien direct vers la page RÉSERVATIONS : https://www.musicancy.org/reservations/

Chñteau d’Ancy-le-Franc
Musicancy – 11, place Clermont-Tonnerre – 89160 Ancy-le-Franc
contact@musicancy.org  -  Tél.: (+33) (0)6 25 52 27 87

Au guichet :
Sur place avant les concerts
A l’accueil-billetterie du Chñteau d’Ancy-le-Franc

Autres points de vente :

Office de Tourisme Chablis, Cure, Yonne et Tonnerrois
Office de Tourisme du Montbardois
Maison Kieffer : boulangerie Ă  Ancy-le-Franc

Par correspondance :
Bulletin et rùglement par chùque (à l’ordre de Musicancy) à envoyer à :
Musicancy – 11, place Clermont-Tonnerre – 89160 Ancy-le-Franc
Télécharger le bulletin de réservation ici :
http://www.musicancy.org/wp-content/uploads/2022/05/Bulletin-re%CC%81servation-Musicancy-22.pdf

 

 

 MUSICANCY le franc festival 2022 critque classiquenews

MUSICANCY-facade-noireLIRE aussi notre grand entretien avec Fannie VERNAZ, PrĂ©sidente de Musicancy, directrice artistique du Festival : ENTRETIEN avec Fannie Vernaz : le Festival MUSICANCY 2022. Faire chanter la langue française, interroger toujours la question de l’interprĂ©tation historique, le Festival Musicancy sous l’impulsion de Fannie Vernaz rĂ©active la magie du Baroque et de la musique ancienne, comme la rĂ©flexion que sa rĂ©alisation suscite. Le chĂąteau et le parc d’Ancy-le-Franc offrent un Ă©crin inspirant : « Batailles, grotesques, scĂšnes bibliques ou mythologiques, motif floral ou bucolique »  tout fait sens et suscite un questionnement, une filiation esthĂ©tique, un nouvel imaginaire sonore incarnĂ© par le geste des artistes conviĂ©s que souhaite cultiver la nouvelle directrice du Festival. En 2023, l’annĂ©e des 20 ans de Musicancy, de nouvelle perspectives s’apprĂȘtent Ă  voir le jour marquant un jalon dĂ©cisif dans l’histoire de l’évĂ©nement
 Grand entretien avec Fannie Vernaz, prĂ©sidente de Musicancy.
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LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 : concert d’ouverture ven 10 juin 2022 au Nouveau SiĂšcle

lille-pianos-festival-2022-classiquenews-concerts-VIGNETTELILLE PIANO(S) FESTIVAL : 10, 11, 12 juin 2022. Bartok, les Espagnes et les claviers !Demain vendredi 10 juin, LILLE accueille son festival de piano, une constellation de concerts et Ă©vĂ©nements musicaux qui mĂȘle tous les genres : rap, Ă©lectro, musique du monde, classique, contemporaine, jazz… La nouvelle Ă©dition du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022, est clairement Ă©clectique et transdisciplinaire, offrant une palette trĂšs large et diversifiĂ©e de concerts pour tous les publics.

Demain soir, coup d’envoi dĂšs 19h30 au Nouveau SiĂšcle et simultanĂ©ment en la CathĂ©drale ND de la Treille… puis concert d’ouverture avec l’Orchestre National de Lille et son directeur musical, Alexandre Bloch – attention modification de derniĂšre minute : la pianiste Alice Sara Ott ayant annulĂ© sa venue pour raison de santĂ©, c’est le pianiste suisse Francesco Piemontesi qui jouera le Concerto pour piano de Robert Schumann… Must absolu !

 

 

 

Notre sélection
vendredi 10 juin 2022

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19h30 : Nouveau SiÚcle, salle Québec
ISFAR SARABSKI QUARTET
Jazz et musique du monde
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p01/

ou

19h30 : ND de la Treille
KAROL MOSSAKOWSKI, orgue
Ligeti, Bartok, Liszt
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p02/

 

 

 

 

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21h : NOUVEAU SIECLE, Auditorium
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, Alexandre Bloch
concert d’ouverture
Alice Sara Ott, piano (hĂ©las indisposĂ©e, lire ci aprĂšs “programme modifiĂ©”)
Silvestrov (The Messenger), Mozart ( Cto n°13)
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p03/
Photo : Alex. Bloch / © M Borggreve

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ATTENTION : programme modifié

Alice Sara Ott ayant dû annuler sa présence pour raison de santé,
c’est le pianiste suisse Francesco Piemontesi qui jouera le Concerto pour piano de Robert Schumann

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22h : Gare Saint-Sauveur
EESAH YASUKE & YOUSSEF SWATT’S, rap
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p05/

 

 

22h30 : Auditorium du Nouveau SiĂšcle
ALBERT GUINOVART, piano
Satie, Mompou, Guinovart, Poulenc

https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p06/

 

 

 

 

 

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TOUS LES CONCERTS, INFOS & BILLETTERIE
sur le site LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 :
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/

 

 

 lille-pianos-festival-2022-bandeau-582

 

 

 

En direct d’ORANGE : Musiques en FĂȘte

musiques-en-fete-france-3-opera-voter-air-favori-france-3-classiquenews-annonce-juin-2021FRANCE 3, lun 20 juin 2022, 21h. Musiques en fĂȘte aux ChorĂ©gies d’Orange. Devant 8000 spectateurs et en direct, le ThĂ©Ăątre Antique fĂȘte l’amour en musique. Les artistes lyriques et instrumentistes du moment cĂŽtoient de jeunes talents, mais aussi des invitĂ©s spĂ©ciaux du monde de la chanson et du spectacle vivant. OpĂ©ra, opĂ©rette, comĂ©die musicale, musique classique, musiques de film, danse, chanson française… Ă  travers une programmation Ă©clectique, l’amour Ă  toutes les musiques est ainsi cĂ©lĂ©brĂ© par 20 solistes prestigieux et plus de 150 musiciens d’orchestre et artistes de chƓur
 Bonne fĂȘte de la musique !
Diffusion en direct des ChorĂ©gies / ThĂ©Ăątre Antique d’ORANGE,
sur France Musique et et France 3.
Avec Pretty Yende, Philippe Jaroussky, Renaud Capuçon, Edgar Moreau, René Barbera, Marcelo Puente, Patrizia Ciofi, Pierre Génisson, Félicien Brut, Alain Chamfort, Jeanne Gérard, Chloé Chaume, Marc Scoffoni, Héloïse Mas, Florian Laconi, Ke- vin Amiel, JérÎme Boutillier, Eugénie Joneau, Alexandra Mar- cellier, Faustine de MonÚs.
AccompagnĂ©s par l’Orchestre national de Cannes, les artistes lyriques du ChƓur de Parme et de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo, sous la direction de Luciano Acocella et de Didier Benetti.

Programme
Musiques en FĂȘte 2022

Georges Bizet Carmen, Ouverture

Louis Ganne : Les Saltimbanques (extrait) :
C’est l’amour, valse (Act.I)
0péra-comique en trois actes et quatre tableaux sur un livret de Maurice Ordonneau, créé le 30 décembre 1899 au théùtre de la Gaßté à Paris.

Gaetano Donizetti : La fille du régiment (extrait) :
Salut Ă  la France, Air de Marie (Act.II)
OpĂ©ra-comique en deux actes sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean-François Bayard, crĂ©Ă© le 11 fĂ©vrier 1840 Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris.

Georges Bizet : Carmen (extrait) :
Habanera de Carmen ;
L’amour est un oiseau rebelle (Acte I Sc 4) Air de Carmen
OpĂ©ra-comique en quatre actes sur un livret d’Henri Meilhac et Ludovic HalĂ©vy, crĂ©Ă© le 3 mars 1875 Ă  l’OpĂ©ra-Comique

Nino Rota : ‹Le parrain (extrait) : Thùme de l’amour
extrait de la bande originale film américain de Francis Ford Coppola sorti en 1972.

Christoph Willibald von Gluck‹Orfeo ed Euridice (extrait) : Che faro senza Euridice (Acte III), Air d’Orfeo
OpĂ©ra (drame hĂ©roĂŻque) en trois actes sur un livret de Ranieri de’ Calzabigi crĂ©e le 5 octobre 1762 – Burgtheater de Vienne‹Philippe Jaroussky, contre-tĂ©nor, Orfeo

Giacomo Puccini: ‹Turandot (extrait) : Nessun dorma, Air de Calaf (Act.III)
OpĂ©ra en trois actes et cinq tableaux sur un livret de Giuseppe Adami et Renato Si- moni d’aprĂšs Carlo Gozzi, crĂ©Ă© le 25 avril 1926 Ă  la Scala de Milan

‹Pop the opera : Love – medley chansons d’amour

Gaetano Donizetti : ‹L’ Elisir d’amore (extrait) : Io son ricco e tu sei bella (Barcaruola) (Act.II; Sc.3)
L’ Elisir d’amore (extrait) : Una furtiva lagrima, air de Nemorino (Act.II, Sc.12)
René Barbera, ténor, Nemorino
Opéra (melodramma giocoso) en deux actes sur un livret en italien de Felice Romani, créé au Teatro della Canobbiana de Milan le 12 mai 1832
Luigi Denza : Funiculi, Funicula‹Enrique Granados : BĂ©same mucho (« embrasse-moi beaucoup »)
Francis Lopez : ‹L’amour est un bouquet de violettes

Eduardo di Capua / Alfredo Mazzucchi : O sole mio

Giuseppe Verdi
La Traviata (extrait) : Addio del passato (Acte III, Sc.4)
Air de Violetta / Pretty Yende, soprano
OpĂ©ra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs le roman d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camĂ©lias (1848) crĂ©Ă© le 6 mars 1853 Ă  La Fenice de Venise

Rigoletto (extrait) : Bella figlia dell’amore (Act.IV, Sc.4)
OpĂ©ra en trois actes et quatre tableaux sur un livret de Francesco Maria Piave, d’aprĂšs la piĂšce de Victor Hugo Le roi s’amuse, crĂ©Ă© le 11 mars 1851 au thĂ©Ăątre de la Fenice Ă  Venise / Pretty Yende, soprano, Gilda

Jean Ferrat: ‹Aimer à perdre la raison Maütrise des Bouches-du-Rhîne

Gaetano Donizetti ‹: Linda di Chamounix : O luce di quest’anima, Air de Linda (Act.I, Sc.10) – ‹OpĂ©ra semiseria en trois actes sur un livret de Gaetano Rossi, d’aprĂšs la piĂšce de thĂ©Ăątre «La GrĂące de Dieu» d’Adolphe d’Ennery et Gustave Lemoine crĂ©Ă© Ă  Vienne, au KĂ€rntnertortheater le 19 mai 1842.

Franz Lehar : ‹La Veuve joyeuse (extrait) : Heure exquise qui nous grise
OpĂ©rette en trois actes sur un livret de Victor LĂ©on et Leo Stein d’aprĂšs la comĂ©die d’Henri Meilhac, L’AttachĂ© d’ambassade (1861), crĂ©Ă©e le 30 dĂ©cembre 1905 au Theater an der Wien de Vienne.

Das Land des LĂ€chelns (Le pays du sourire) (extrait) : Dein ist mein ganzes Herz («Je t’ai donnĂ© mon cƓur») (Acte II) – Air de Sou-Chong
Opérette romantique en trois actes sur un livret en allemand de Ludwig Herzer et Fritz Löhner créée le 10 octobre 1929 au Berliner Metropol-Theater à Berlin.

Gus Viseur: ‹La FlambĂ©e Montalbanaise – FĂ©licien Brut, accordĂ©on

Giuseppe Verdi : ‹Nabucco (extrait) : Va, pensiero (ChƓur des esclaves hĂ©breux) (Act.III, Sc.11) – OpĂ©ra en quatre actes sur un livret de Temistocle Solera, tirĂ© du drame «Nabuchodonosor» (1836) d’Auguste Anicet-Bourgeois et‹ de Francis Cornu, crĂ©Ă© le 9 mars 1842 Ă  la Scala de Milan

Giuseppe Verdi : ‹Le TrouvĂšre (extrait) : Di geloso amor sprezzato (Act.I, Sc.15) – ‹OpĂ©ra en quatre actes sur un livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare, d’aprĂšs le drame espagnol «El Trovador» (1836) d’Antonio GarcĂ­a GutiĂ©rrez, crĂ©Ă© au Teatro Apollo de Rome le 19 janvier 1853

Barry Manilow : Le Temps qui court‹Chanson française adaptĂ©e de la chanson «Could It Be Magic» de Barry Manilow et Adrienne Anderson de 1973, popularisĂ©e par une reprise de Donna Summer – Alain Chamfort, adaptateur et interprĂšte

Gioacchino Rossini : ‹Duo des chats («Duetto buffo di due gatti») piĂšce populaire pour deux sopranos / HĂ©loĂŻse Mas, mezzo-soprano

Giacomo Puccini : ‹La BohĂšme (extrait) : SĂŹ Mi chiamano MimĂŹ (Act.I ; SC.9), Air de Mimi‹OpĂ©ra en quatre tableaux sur un livret de Giacosa et Illica d’aprĂšs le roman d’Henri Murger, «ScĂšnes de la vie de bohĂšme», crĂ©Ă© le 1er fĂ©vrier 1896 au Teatro Regio de Turin

‹La Bohùme (extrait) :
O soave fanciulla (Act.I ; Sc.10), Duo Rodolfo / Mimi
OpĂ©ra en quatre tableaux sur un livret de Giacosa et Illica d’aprĂšs le roman d’Henri Murger, «ScĂšnes de la vie de bohĂšme», crĂ©Ă© le 1er fĂ©vrier 1896 au Teatro Regio de Turin‹Marcelo Puente, tĂ©nor, Rodolfo / ‹Jeanne GĂ©rard, soprano, Mimi

Trevor Jones : ‹Le dernier des Mohicans (extrait) : The kiss
extrait de la BO du film «Le Dernier des Mohicans de Michael Mann» Andy Gibbs, cornemuse

Giuseppe Verdi‹ : Le TrouvĂšre (extrait) : Il balen del suo sorriso (Act.II, Sc.12), Air du Comte de Luna – OpĂ©ra en quatre actes sur un livret de Salvatore Cammarano et Leone Emanuele Bardare, d’aprĂšs le drame espagnol «El Trovador» (1836) d’Antonio GarcĂ­a GutiĂ©rrez, crĂ©Ă© au Teatro Apollo de Rome le 19 janvier 1853
JĂ©rĂŽme Boutillier, baryton, Le comte de Luna

Alfredo Catalani : ‹La Wally (extrait) : Ebben ..? Ne andro lontano (Act.I), Air de La Wally – OpĂ©ra en quatre actes sur un livret de Luigi Illica ‹crĂ©Ă© Ă  La Scala de Milan le 20 janvier 1892

Vangelis : ‹1492, Christophe Colomb (extrait) : Thùme principal
extrait de la BO du film franco-britannico-espagnol réalisé par Ridley Scott

Johannes Brahms : ‹Double concerto pour violon et violoncelle en la mineur op 102 (extrait) : 1. Vivace non troppo n°3
Renaud Capuçon, violon‹ / Edgar Moreau, violoncelle

Gaetano Donizetti : ‹Don Pasquale (extrait) :
Vado corro (Act.I ; Sc.19), duo Norina / Dr Malatesta
Opéra bouffe (opera buffa) en trois actes sur un livret de Giovanni Ruffini crée le 3 janvier 1843 au Théùtre italien de Paris.
Faustine de Monùs, soprano, Norina / ‹Marc Scoffoni, baryton, Dr Malatesta

LĂ©o Delibes‹Les filles de Cadix
Eugénie Joneau, mezzo-soprano

Danse Klezmer
arrangement Bruno Fontaine / Pierre GĂ©nisson, clarinette

Jules Massenet‹ : Thaïs (extrait) : Dis moi que je suis belle (Act.II), Air de Thaïs
OpĂ©ra en trois actes sur un livret de Louis Gallet, d’aprĂšs le roman Ă©ponyme d’Anatole France, crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra de Paris le 16 mars ‹1894 / ChloĂ© Chaume, soprano, ThaĂŻs

‹Manon (extrait) : Toi ! Vous !, Duo de Saint-Sulpice (Act.III ; Sc.26)
OpĂ©ra-comique en cinq actes sur un livret de Henri Meilhac et Philippe Gille, d’aprĂšs le roman de l’abbĂ© PrĂ©vost «l’Histoire du chevalier Des Grieux et de Manon Lescaut» (1731), crĂ©Ă© Ă  l’OpĂ©ra-Comique de Paris le 19 janvier 1884
Alexandra Marcellier, soprano, Manon Lescaut
Kévin Amiel, ténor, Le Chevalier des Grieux

‹Pop the opera : The Show must go on‹Queen

Giuseppe Verdi : ‹La Traviata (extrait) : Libiamo nù lieti calici (Act.I, Sc.3)
opĂ©ra en trois actes sur un livret de Francesco Maria Piave d’aprĂšs le roman d’Alexandre Dumas fils, «La Dame aux camĂ©lias» (1848), crĂ©Ă© le 6 mars 1853 Ă  La Fenice de Venise‹Patrizia Ciofi, soprano, Violetta
Florian Laconi, ténor, Alfredo Germont
Choeur de Parme / Choeur de l’OpĂ©ra de Monte-Carlo / Orchestre National de Cannes / Direction : Luciano Acocella

SIBELIUS : EN SAGA (Tribune des critiques de disques)

sibelius-jeune-portrait-classiquenewsFRANCE MUSIQUE. Dim 19 juin 2022, 16h. SIBELIUS : En SAGA. Bilan discographique / Tribune des critiques de disques. L’opus 9 est le premier poĂšme symphonique du finlandais Jean Sibelius (1865 – 1957) dont le goĂ»t profond hĂ©site encore entre opĂ©ra et symphonie. En Saga rĂ©vĂšle et impose en rĂ©alitĂ© le symphoniste virtuose et sincĂšre, un premier essai qui s’avĂšre magistral, autant par le force de l’architecture (dĂ©but en la mineur, conclusion en mi bĂ©mol mineur, tonalitĂ© dominante en ut mineur), l’intelligence des couleurs et des timbres, que la conduite du dĂ©veloppement formel (trame dramatique resserrĂ©e), oĂč chaque accord fait sens.

La version dĂ©finitive est crĂ©Ă©e Ă  Helsinki le 2 novembre 1902 (Ă  37 ans). Le titre appelle Ă  l’onirisme autant qu’à l’épopĂ©e « Une lĂ©gende » : sans trame narrative prĂ©cisĂ©ment formulĂ©e, la libertĂ© et l’imagination sont favorisĂ©es : Ă  l’auditeur, d’inventer l’histoire et la direction, le sens et la cohĂ©rence des images musicales somptueusement dĂ©roulĂ©es. La capacitĂ© expressive du jeune compositeur se dĂ©ploie sans entrave, en maĂźtre absolu des instruments : lumiĂšre des bois, cordes trĂ©pidantes associĂ©es aux cuivres Ă©piques.

GRAND ENTRETIEN avec Jean-Nicolas DIATKINE, piano : LISZT l’ILLUSIONNISTE

GRAND ENTRETIEN avec Jean-Nicolas DIATKINE : LISZT l’Illusionniste – La technicitĂ© et la sensibilitĂ© se rĂ©vĂšlent chez un interprĂšte d’autant mieux quand il sert un rĂ©pertoire, des Ɠuvres oĂč les affinitĂ©s se rĂ©alisent. Une alliance miraculeuse lorsque l’instrument idĂ©al se dĂ©voile lui aussi sous les mains agiles du pianiste. C’est le cas de Jean-Nicolas Diatkine dont le nouvel album, dĂ©diĂ© aux sortilĂšges de Liszt l’illusionniste, auteur de la Ballade n°2, transcripteurs fabuleusement inspirĂ© par les lieder de Schubert et quelques extraits d’opĂ©ras de Wagner. A travers les relectures de Liszt et dans le drame amoureux tragique de la Ballade n°2 se dĂ©ploie l’imagination ciselĂ©e d’un interprĂšte hors normes. ENTRETIEN pour classiquenews
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CLASSIQUENEWS : D’une façon gĂ©nĂ©rale, quelles sont les qualitĂ©s principales du piano que vous avez choisi pour ce programme ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : Lors d’un enregistrement, les micros sont rĂ©partis dans un espace relativement proche de l’instrument, afin d’en Ă©claircir et sĂ©parer nettement les harmoniques les uns des autres, pour que la vitesse d’exĂ©cution ne nuise pas Ă  la clartĂ© de l’énonciation musicale. Cependant, dans les pages que j’ai enregistrĂ©es, les demandes de Liszt concernant l’usage de la pĂ©dale de sustain se heurtent sur un piano moderne au risque de confusion sonore qui aboutirait Ă  une saturation qui masquerait les dĂ©tails essentiels. Lorsque j’ai essayĂ© le Schiedmayer de 1916, j’ai Ă©tĂ© sĂ©duit par sa longueur de son exceptionnelle, sa grande richesse de timbres selon les registres, et enfin sa capacitĂ© Ă  garder intactes des harmonies trĂšs diffĂ©rentes, mĂȘme juxtaposĂ©es ensemble par l’usage de la pĂ©dale spĂ©cifiĂ© par le compositeur.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Vous mettez en avant ses propriĂ©tĂ©s capables de rĂ©aliser les staccatos tout en utilisant la pĂ©dale, comme c’est le cas dans StĂ€ndchen ; Y a t il d’autres morceaux oĂč cette facultĂ© distinctive et expressive est bĂ©nĂ©fique Ă  Schubert et Ă  Wagner ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : A part StĂ€ndchen, oĂč l’usage de la pĂ©dale permet d’amplifier le chant, c’est Ă  dire la ligne mĂ©lodique, c’est dans Parsifal que Liszt m’a paru ĂȘtre le plus audacieux et pourtant trĂšs prĂ©cis. LĂ  s’efface une vision sĂ©curisante de l’écoulement des sons, celle qui joue avec la pesanteur de la dominante vers la tonique au grĂšs des modulations, et qu’on appelle d’ailleurs « rĂ©solution » ! Au contraire, les rĂ©sonnances demandĂ©es par Liszt crĂ©ent une incertitude et donc une tension qui demandent une Ă©coute et une rĂ©action d’instant en instant ; on se rapproche plutĂŽt de la mĂ©canique quantique ! Le Schiedmayer peut y faire des merveilles.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte en rĂ©alitĂ© la transcription de Liszt aux piĂšces originelles, vocales pour Schubert / symphoniques chez Wagner ? OĂč se situe la crĂ©ativitĂ© voire la libertĂ© du transcripteur ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : En ce qui concerne les lieder de Schubert, j’ai Ă©tĂ© longtemps déçu par la lecture de ces partitions, parce que j’y attendais une transmission fidĂšle de la partition originale, comme Liszt a pu le faire avec les symphonies de Beethoven, y usant parfois de trouvailles pianistiques stupĂ©fiantes pour respecter l’impact de la masse orchestrale. MalgrĂ© tout, le travail m’a permis de dĂ©couvrir comment Liszt s’est saisi directement des Ă©motions de Schubert, comme s’il avait pu les entendre intĂ©rieurement Ă  l’instant mĂȘme oĂč Schubert allait les coucher sur le papier, en amont de sa plume, en quelque sorte. Alors, il a choisi de les rendre en utilisant ses immenses moyens pianistiques et sur des pianos beaucoup plus puissants que du temps de Schubert. Il y a dĂ©couvert des continents sonores inconnus, et, comme le sont des sommets enneigĂ©s et lointains, difficiles d’accĂšs.
Cependant, dans certaines pages que je n’ai pas choisies, comme Die Forelle, ou Das Sterbenglöcklein, l’emploi d’une virtuositĂ© acrobatique est devenu un but en soi, et il m’a semblĂ© que Schubert y passait au second plan, celui du faire-valoir. Paradoxalement, elles m’ont aussi clairement indiquĂ© la voie Ă  suivre.
Les transcriptions de Wagner tĂ©moignent de l’extraordinaire pouvoir d’un immense pianiste-illusionniste Ă  faire rentrer l’orchestre dans le piano. Leur seule faiblesse serait sans cela d’avoir un dĂ©but et une fin, et un temps extrĂȘmement limitĂ© pour amener l’auditeur au sommet de la tension musicale. C’est lĂ  aussi un point de divergence avec Wagner dont le souffle atteint des durĂ©es aux dimensions gigantesques.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment avez-vous choisi les piĂšces de ce programme ? Comment se rĂ©pondent-telles les unes aux autres ? Quel cheminement rĂ©alise l’auditeur pendant son Ă©coute ?

JEAN-NICOLAS DIATKINE : Pour rĂ©pondre d’abord Ă  votre derniĂšre question, je suis convaincu que si l’agencement des piĂšces est bien fait, chaque journĂ©e peut apporter Ă  l’auditeur une Ă©coute diffĂ©rente. La musique restera vivante mĂȘme enfermĂ©e dans un support avec un emballage en cellophane. Il me semble que c’est le cas, au point que le rĂ©sultat m’échappe Ă  moi-mĂȘme. Ce serait mentir que d’affirmer que je l’avais prĂ©vu.
Le point de dĂ©part a Ă©tĂ© de choisir les Lieder les plus contrastĂ©s, puis sortir parfois de l’ordre chronologique pour retrouver une alternance dans les variations de la puissance dramatique et sonore. Cependant leur mise en relation interne tient plus Ă  l’auditeur qu’à Schubert et Ă  son transcripteur : la plupart n’appartiennent pas Ă  un cycle et sont indĂ©pendants sur tous les plans, hormis les quatre du Chant du Cygne.
Cette Ɠuvre s’appuie sur deux cycles de poĂšmes qui ont Ă©tĂ© composĂ©s par deux poĂštes aussi diffĂ©rents que le jour et la nuit, Rellstab et Heine. J’apprĂ©cie particuliĂšrement l’éloignement tonal entre Der Atlas et le Double, qui met ce dernier particuliĂšrement en lumiĂšre, comme aurait dit Victor Hugo : il en devient encore plus sombre.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Quel attrait ou enrichissement tire l’interprùte des transcriptions de Liszt ?

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDJEAN-NICOLAS DIATKINE : Depuis longtemps, le jeu de Liszt au piano me fascine et m’interroge : il reste un mystĂšre que les trĂšs nombreux tĂ©moignages le concernant n’ont pas rĂ©ussi Ă  dissiper, tout en façonnant son mythe. En Ă©coutant au disque les interprĂ©tations d’Ɠuvres de Liszt par Ferruccio Busoni, Joseph Levine et EugĂšne D’Albert, j’ai trouvĂ© dans leur exĂ©cution une magie et une libertĂ© qui m’inspirent beaucoup. Par extrapolation, elles m’ont donnĂ© une direction pour imaginer celles de Liszt. Mais sans aucun doute, c’est la lecture au clavier des transcriptions de Schubert qui m’a ouvert sur ce chemin des portes essentielles dont je ne soupçonnais pas l’existence, jusque-lĂ .

Propos recueillis en juin 2022

 

 

 

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Jean-Nicolas DIATKINE a jouĂ© le programme de son nouvel album LISZT : Ballade n°2 / Transcriptions des lieder de Schubert, extraits d’opĂ©ras de Wagner, Ă  PARIS, Salle Gaveau le 2 juin 2022. LIRE ici notre critique complĂšte du rĂ©cital.
CRITIQUE, concert. PARIS, Gaveau, le 2 juin 2022. RĂ©cital de Jean-Nicolas Diatkine, piano : Liszt, transcriptions des lieder de Schubert / extraits d’opĂ©ras de Wagner. On reste saisi par l’intelligence musicale de l’interprĂšte ; sa figure modeste et humble mais son clavier surpuissant et capable de nuances les plus orfĂ©vrĂ©es. En abordant les transcriptions de Liszt d’aprĂšs Schubert, Jean-Nicolas Diatkine expose ses talents de conteur enivrĂ©, voire hallucinĂ© (Gretchen am Spinnrade d’aprĂšs Goethe dont il exprime jusqu’à l’infini mĂ©lancolique, et les aspirations d’une jeune Ăąme envoĂ»tĂ©e) ; pour chaque lied sublimĂ© par la traduction pianistique qu’en dĂ©livre Liszt, l’écoute se dĂ©lecte de cadences de rĂȘve mais l’onirisme des phrases n’écarte jamais ce mordant expressif qui fait jaillir sous les doigts, la vitalitĂ© du texte initial, les accents des poĂšmes mis en musique par Schubert…. EN LIRE PLUS

 

 

 

DIATKINE CD carrev1CD : LISZT : Ballade n°2 / Transcriptions des lieder de Schubert, extraits d’opĂ©ras de Wagner – Jean-Nicolas DIATKINE, piano (1 cd Solo Musica, prochaine critique Ă  venir dans le mag cd dvd livres de classiquenews) – CLIC de CLASSIQUENEWS Ă©tĂ© 2022.

 

 

 

 

 

 

GRAND ENTRETIEN : BENOIT BABEL joue Louis et François Couperin (nouveau cd Paraty, printemps 2022)

Louis-François-Couperin-300x300GRAND ENTRETIEN : BENOIT BABEL joue Louis et François Couperin (nouveau cd Paraty, printemps 2022). Pour PARATY, le claveciniste BenoĂźt BABEL qui nous avait tant convaincu Ă  la tĂȘte de son ensemble ZaĂŻs dans un premier disque trĂšs original, dĂ©diĂ© Ă  Rameau et Haendel, sort en juin 2022, un nouvel enregistrement, seul, comme claveciniste. Jouant son propre instrument, BenoĂźt Babel explore les mondes imaginaires des Couperin, oncle et neveu. 2 tempĂ©raments baroques dont l’intensitĂ© et l’expressivitĂ© inspirent un programme abouti, personnel, particuliĂšrement saisissant. Louis c’est le feu, l’impatience Ă  peine dĂ©veloppĂ©e Ă  cause d’une vie fauchĂ©e trop tĂŽt ; François son neveu exalte comme personne avant lui, les vertus des « GoĂ»ts RĂ©unis » ; les deux sont inspirĂ©s par un sens de l’économie, de la poĂ©sie, de la danse aussi, surtout… Entretien exclusif avec BenoĂźt Babel Ă  propos de Louis et de François Couperin.

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CLASSIQUENEWS : Le fait de jouer en un mĂȘme programme les Ɠuvres des deux Couperin dĂ©voile-t-il les caractĂšres distinctifs ou les Ă©lĂ©ments communs entre Louis et François ? Lesquels justement.

Benoit-Babel-300x200BenoĂźt BABEL : La premiĂšre raison qui m’a fait choisir de jouer ces deux compositeurs est trĂšs simple : j’aime leur musique. Je n’ai pas souhaitĂ© dans ce programme dĂ©montrer une filiation, une continuitĂ© de style, pour la simple raison qu’il n’en existe pas. Louis et François Couperin n’appartiennent pas Ă  la mĂȘme Ă©poque. S’ils ne portaient pas le mĂȘme nom, ces deux compositeurs seraient Ă©trangers l’un Ă  l’autre Ă  nos yeux d’aujourd’hui. NĂ©anmoins, outre leur lien du sang, ils ont en commun de symboliser une forme d’idĂ©al dans leur genre, deux personnalitĂ©s musicales suffisamment fortes et innovantes pour marquer de leur talent une Ă©tape dans la composition et la maniĂšre de faire sonner un instrument. Tous deux Ă©taient Ă  mes yeux des esprits curieux, arrivant Ă  capter le meilleur de leur temps et des autres compositeurs pour se l’approprier dans leur langage musical.

Chez Louis Couperin, la danse et le mouvement sont dans son ADN. Il maĂźtrise Ă©galement parfaitement les rĂšgles de la polyphonie, du contrepoint et de l’Ă©criture en imitation. On retrouve Ă©galement dans son Ɠuvre un Ă©lĂ©ment fondamental de la pĂ©riode baroque : le plaisir du son, des couleurs et des contrastes. J’imagine un jeune homme brillant et modeste qui ne tombe jamais dans la facilitĂ© et qui a une approche intuitive de la composition. Ses piĂšces les plus simples “chantent” toujours. Il sait jouer des enchaĂźnements harmoniques, ĂȘtre mĂ©ditatif ou plein de fougue.

François Couperin, dont la vie fut plus longue que celle de son oncle (Louis mourut Ă  35 ans, son neveu Ă  l’ñge de 65 ans), eut le temps de pousser plus loin son esprit curieux et prĂ©cis. Son temps Ă©tait celui de la diffusion des savoirs, ses responsabilitĂ©s Ă  la Cour lui permirent d’acquĂ©rir une solide rĂ©putation d’interprĂšte, de compositeur et de pĂ©dagogue. Sa musique fait indĂ©niablement preuve d’une inventivitĂ© remarquable et de toute Ă©vidence, d’un sens du dĂ©tail inĂ©galĂ©. François Couperin se donna bien des peines pour Ă©diter ses compositions et les Ă©crire suffisamment prĂ©cisĂ©ment pour qu’elles soient jouĂ©es avec fidĂ©litĂ© par le public. Chez François aussi, la danse et la mise en musique du mouvement sont un Ă©lĂ©ment essentiel de son langage musical. À cela s’ajoute une recherche poussĂ©e de la technique de jeu du clavier (palette d’articulations et d’ornements, virtuositĂ©, style luthĂ©, etc
)
J’ai sĂ©lectionnĂ© les piĂšces de ces deux compositeurs de maniĂšre Ă  tracer un chemin musical d’une heure, qui doit idĂ©alement s’Ă©couter d’une seule traite.

 

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CLASSIQUENEWS : Pour chacun, quelle Ɠuvre vous paraĂźt-elle particuliĂšrement reprĂ©sentative ? Pour quelles raisons ?

BENOIT BABEL : Question difficile car exclusive, les deux Couperin nous ont laissé des piÚces si contrastées !

Pour Louis Couperin, je sĂ©lectionnerais la premiĂšre piste de l’album, le “prĂ©lude Ă  l’imitation de Monsieur Froberger”. Ce prĂ©lude dit “non-mesurĂ©” est en trois parties : une partie justement “non-mesurĂ©e”, une partie centrale bien mesurĂ©e, sorte de fugue dansante, et une troisiĂšme partie “non-mesurĂ©e”. Cette longue piĂšce introductive est une citation d’une toccata d’un grand maĂźtre du 17Ăšme siĂšcle : Johann Jacob Froberger (1616-1667). Ces parties “non-mesurĂ©es” sont belles Ă  voir sur une partition : seules des rondes sont notĂ©es, plus ou moins espacĂ©es ou regroupĂ©es, sans barre de mesure, sans rythme. Seules quelques lignes ou liaisons plus ou moins approximatives nous indiquent parfois qu’il faut tenir certaines notes ou les regrouper. L’intention est Ă©vidente : tenter de traduire sur le papier une improvisation, un jeu spontanĂ©, un exercice de style libre oĂč l’on explore les harmonies, les formules, l’Ă©tendue du clavier. C’est typiquement le genre de piĂšce que l’on joue pour laisser son oreille se porter sur le son, le timbre d’un instrument et l’explorer.

Pour François Couperin, je choisirais le Turbulent, piĂšce en fa majeur du TroisiĂšme Livre. C’est pour moi une piĂšce pleine d’esprit et d’humour. Pour le dire familiĂšrement, elle porte bien son nom. La battue est Ă  2/4 dans la premiĂšre partie et Ă  6/8 dans la seconde. J’imagine sans peine un enfant qui ne tient pas en place, qui va Ă  droite, Ă  gauche, qui court et qui s’arrĂȘte, qu’on a du mal Ă  saisir et Ă  faire tenir en place. C’est une piĂšce assez virtuose pour la prĂ©cision d’exĂ©cution qu’elle demande et qui nĂ©cessite en mĂȘme temps un dĂ©tachement et une lĂ©gĂšretĂ© dans l’interprĂ©tation. Cet alliage de prĂ©cision et de dĂ©tachement est pour moi la difficultĂ© principale de la musique de Couperin. À vouloir trop bien faire et avec minutie les dĂ©tails de cette musique, on peut parfois en perdre la ligne, le souffle, le caractĂšre. Je dis souvent Ă  mes Ă©lĂšves de ne pas hĂ©siter Ă  enlever un ornement qui les entrave et pour lequel on ne trouve pas de solution technique. AprĂšs tout, si un ornement n’orne plus, autant l’enlever et retrouver la fraĂźcheur d’une phrase musicale ! Mais rassurez-vous, ma version est urtext ; et tous les ornements de Couperin sont bien prĂ©sents de mon album.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : En quoi l’instrument que vous avez choisi permet-il cette confrontation / ce dialogue entre les deux compositeurs / entre leurs deux univers ?

BENOIT BABEL : C’est un instrument vraiment particulier que j’ai la chance de possĂ©der depuis plus de dix ans. J’avais eu un coup de foudre pour ce petit clavecin plein de caractĂšre que j’avais entendu sous les doigts d’Olivier Baumont et de Laurent Stewart. Il devait mĂȘme ĂȘtre jouĂ© par Gustav Leonhardt mais hĂ©las ce concert fut annulĂ©… Mais il ne sonne plus comme au dĂ©but ! Bien-sĂ»r, il a “mĂ»ri” Ă  force d’ĂȘtre jouĂ©. Puis nous avons changĂ© le diapason, les cordes, l’harmonisation … et il a enfin reçu sa peinture intĂ©rieure de couvercle en 2020, travail remarquable de Florence Humeau. Tout Ă©tait donc prĂȘt, il ne manquait plus qu’Ă  l’enregistrer. Je me permets d’inviter les lecteurs Ă  aller consulter le livret du CD, dans lequel le facteur, Guillaume Rebinguet Sudre, donne de nombreuses informations sur les dĂ©tails de la structure de cet instrument et ces spĂ©cificitĂ©s. À ma connaissance, il n’y a pas d’autre copie de cet instrument en France, et trĂšs peu dans le monde. L’original datĂ© de 1667, se trouve actuellement Ă  Boston.

C’est un instrument qui rĂ©unit plusieurs esthĂ©tiques, françaises, italiennes et flamandes. Il a des aigus chantants et des basses prĂ©cises. Son mĂ©dium est bien prĂ©sent Ă©galement, ce qui permet d’obtenir une grande clartĂ© pour les piĂšces polyphoniques. Son timbre convient aussi bien Ă  Frescobaldi qu’à Byrd. En somme, tout le rĂ©pertoire 17Ăšme sonne sur cet instrument.
Il m’a semblĂ© intĂ©ressant de jouer quelques piĂšces de François Couperin sur ce clavecin pour proposer une esthĂ©tique sonore un peu diffĂ©rente de celle que l’on entend habituellement pour ce rĂ©pertoire. En effet, on a coutume de jouer François Couperin sur des clavecins plus gros, comme ceux de Blanchet, Taskin, ou des instruments du 17Ăšme qui ont subi un agrandissement au 18Ăšme siĂšcle, que l’on nomme “ravalement”. Hors François Couperin Ă©tant nĂ© en 1668, il a connu, jouĂ©, entendu dans sa jeunesse des instruments similaires Ă  celui que je joue ici. L’esthĂ©tique d’un compositeur Ă©tant plutĂŽt la somme des timbres qu’il a pu entendre toute sa vie, il m’a semblĂ© intĂ©ressant de faire entendre cette musique sur un instrument qui peut sembler un peu “archaĂŻque” pour ce rĂ©pertoire, mais qui je trouve, est trĂšs convaincant ; avec en plus le tempĂ©rament trĂšs inĂ©gal que nous avons rĂ©alisĂ©.

 

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CLASSIQUENEWS : Sur le plan technique quels sont les défis majeurs pour jouer les deux compositeurs ?

BENOIT BABEL : Pour ĂȘtre trĂšs pragmatique, il y a beaucoup, beaucoup d’ornements. Comme François Couperin est trĂšs prĂ©cis dans ses indications, il faut porter une attention particuliĂšre au texte. Le toucher doit ĂȘtre prĂ©cis et souple. Le choix des tempi est important aussi, il faut donner du mouvement sans prĂ©cipitation mais sans immobilisme non plus. On est toujours un peu sur le fil dans ce rĂ©pertoire. Tel un funambule on doit jongler entre la dĂ©tente, la vigueur, le mouvement, la vocalitĂ©. S’approprier les caractĂšres si contrastĂ©s des piĂšces demande un investissement total et une prĂ©sence musicale constante. On ne peut pas jouer cette musique en “pilotage automatique”, sinon, quel ennui !
Comme les piĂšces sont gĂ©nĂ©ralement courtes, on n’a pas le temps de profiter du dĂ©veloppement de la musique pour trouver le caractĂšre. Il faut le donner tout de suite, dĂšs la premiĂšre note.

D’un point de vue de l’écriture musicale, la musique des Couperin, particuliĂšrement François, est un assemblage de cellules, petites phrases, formules inventives. Cela donne l’impression d’une juxtaposition d’effets, tout le contraire des grands dĂ©veloppements de phrase que l’on connaĂźt chez J. S. Bach. Le piĂšge, il me semble est de tomber dans une sorte de maniĂ©risme de jeu. J’ai tĂąchĂ© d’interprĂ©ter comme je le ressens, sans rubato maniĂ©rĂ© ou effets exagĂ©rĂ©s.

 

 

 

 

CLASSIQUENEWS : A travers les Ɠuvres choisies, quelle image vous faütes-vous de Louis et de François Couperin ?

BENOIT BABEL : J’imagine que François Couperin Ă©tait un travailleur, un homme exigeant, conscient de ses qualitĂ©s et de son talent. Il ne rechignait probablement pas Ă  la reconnaissance et Ă  la lumiĂšre. Mais sans illusion, il reste lucide et philosophe Ă  l’approche de la mort, puisqu’il Ă©crit dans la prĂ©face de son QuatriĂšme Livre de piĂšces de clavecin : ” j’espĂšre que ma famille trouvera dans mes portefeuilles de quoi me faire regretter, si les regrets servent Ă  quelque chose aprĂšs la vie ; mais il faut du moins avoir cette idĂ©e pour tĂącher de mĂ©riter une immortalitĂ© chimĂ©rique oĂč presque tous les hommes aspirent”. On le sait, il Ă©tait Ă©galement soucieux de la transmission de son savoir dans un esprit didactique et pĂ©dagogique. Ce n’était pas un artiste de clan, de chapelle, qui s’imaginait faire tout mieux que tout le monde. Il est mort trop tĂŽt pour assister Ă  la querelle des bouffons des annĂ©es 1750, mais il n’a eu de cesse de conjuguer l’esprit et le style des grands maĂźtres français et italiens en construisant l’union des nations musicales grĂące Ă  son concept des “Gouts-rĂ©unis” et des ApothĂ©oses de Lully (le plus italien des grands maĂźtres français) et de Corelli.

Louis-François-Couperin-300x300De Louis Couperin, nous n’avons que peu de documents nous permettant de retracer son parcours et de dresser un portrait fidĂšle du personnage. Ce qui m’a toujours interpelĂ© dans sa musique c’est l’intensitĂ©, la force du discours musical. Il y a un feu qui brĂ»le, presque une impatience. De maniĂšre tout Ă  fait subjective, j’imagine un jeune homme brillant, sensible, modeste et dĂ©sireux d’apprendre de ses maĂźtres, Ă  la recherche du meilleur sans jamais tomber dans la flatterie de l’auditeur. Si son existence ne fut pas si brĂšve, il aurait pu devenir le grand musicien français du 17Ăšme siĂšcle français. Il est de ces musiciens dont les Ɠuvres qui ont survĂ©cu, font fantasmer celles qu’il n’a jamais Ă©crites ou publiĂ©es.

Propos recueillis en juin 2022
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CLIC D'OR macaron 200CD Ă©vĂ©nement : Louis et François COUPERIN : BenoĂźt BABEL,babel-benoit-cd-louis-francois-couperin-cd-paraty-critique-review-cd-classiquenews-clic-de-classiquenews clavecin (1 cd PARATY) – CLIC de CLASSIQUENEWS printemps Ă©tĂ© 2022 – LIRE notre critique complĂšte dans le mag cd dvd livres de classiquenews / lien direct vers la critique ici : http://www.classiquenews.com/critique-cd-evenement-benoit-babel-les-deux-couperin-louis-couperin-1626-1661-francois-couperin-1668-1733-1-cd-paraty-records/… “François rayonne par une imagination qui atteint le prodige, tant la variĂ©tĂ© des couleurs, le nuancier millimĂ©trĂ© des accents, l’euphorie rythmique (tendresse fĂ©erique, enivrante de « tic-toc-choc ») aussi tĂ©moignent d’une acuitĂ© suggestive hors normes ; un tel raffinement exprime la sensibilitĂ© du second Couperin, orfĂšvre des moindres inflexions sonores”…

 

clavecin-benoit-babel-louis-francois-couperin-cd-paraty-critique-entretien-classiquenews-clic-de-classiquenews-critique-cd-review

 

 

 

 

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VISITEZ le site de BenoĂźt BABEL
https://www.benoitbabel.com/

 

 

TEASER vidéo : Benoit Babel joue Louis et François COUPERIN

 

 

 

 

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VOIR aussi ENSEMBLE ZAÏS / BenoĂźt Babel : La Forqueray – Rameau
JournĂ©es musicales d’Automne, Souvigny, France

https://www.youtube.com/watch?v=NfsW15BbVq8

 

 

 

 

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Autre CD de BenoĂźt Babel : Rameau & Handel / ZaĂŻs (Paraty, oct 2014) – CLIC de CLASSIQUENEWS :
PARATY rameau handel babel benoit zais concertos pieces pour clavecin et orgueD’abord au service du premier Concerto pour orgue de Haendel (HWV 309), la gravitĂ© (couleurs sombres d’un lugubre solennel grĂące aux bassons vrombissants) de l’Adagio & organo ad libitum captive dĂšs le dĂ©but ; la prĂ©cision mordante, -pulsionnellement pertinente de l’Allegro qui suit montre Ă  quel point la musicalitĂ© rayonnante de l’ensemble ZaĂŻs (BenoĂźt Babel, direction) sait s’affirmer avec une exceptionnelle voluptĂ© assurĂ©e, complice Ă  chaque mesure de l’orgue bordelais, royal, et mĂȘme impĂ©rial dans sa dĂ©mesure rĂ©ellement impressionnante.

https://www.classiquenews.com/cd-rameau-handel-concertos-pour-orgue-pieces-pour-clavecin-zais-paul-goussot-paraty-2013/

 

 

 

 

FESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec Léo Marillier, directeur artistique

inventio-festival-edition-2022-leo-marillier-annonce-concerts-classiquenewsFESTIVAL INVENTIO 2022 : « Notes de VOYAGES ». Entretien avec LĂ©o Marillier – En Seine-et-Marne, LĂ©o Marillier, violoniste explorateur, rĂ©invente la notion de Festival en cultivant “l’art de glisser des allusions, des fenĂȘtres de dĂ©couvertes dans le grand rĂ©pertoire”
 un vertige “qu’exacerbe la musique de chambre”. Un festival rĂ©ussi est une expĂ©rience atypique qui doit susciter le vertige voire le choc. Peu de manifestations rĂ©ussissent ce tour de force. Mais le Festival INVENTIO est en passe d’en devenir un modĂšle pour tous. Pour son directeur artistique, LĂ©o Marillier, Ulysse est un voyageur en errance, Ă  la fois « étranger et rattaché ». Le parcours d’Ulysse Ă  travers la vision d’HomĂšre et de James Joyce inspire pour le festival INVENTIO 2022, (intitulĂ© « Notes de voyages », 7Ăšme Ă©dition), un cycle d’« ßles-concerts », chacune marquĂ©e par une forte caractĂ©risation artistique oĂč s’exposent les notions de familiaretĂ© et d’étrangetĂ©, que le violoniste hors normes, en vĂ©ritable explorateur des nouvelles formes et expĂ©riences musicales, prĂ©sente et explicite pour CLASSIQUENEWS. Toujours il s’agit de placer le spectateur / l’auditeur en situation critique, oĂč la dĂ©couverte et la surprise posent le cadre idĂ©al Ă  l’enrichissement, vers le questionnement voire l’accomplissement sinon la rĂ©vĂ©lation
 Entretien exclusif.

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 leo-marillier-inventio-james-joyce-autre-ulysse-concert-fantaisie-critique-annonce-classiquenews

 

 

Le 19 mai dernier, pour lancer la 7Ăš Ă©dition du Festival INVENTIO, aux cĂŽtĂ©s du comĂ©dien Vincent Morieux (Ă  droite), LĂ©o Marillier (Ă  gauche) joue la “Fantaisie thĂ©Ăątrale” qu’il a Ă©crit, inspirĂ©e de Joyce : “L’Autre Ulysse”, prĂ©ambule manifeste au Festival 2022 (DR).

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CLASSIQUENEWS : Quelles passerelles entre « Ulysse » d’HomĂšre et de James Joyce, figure tutĂ©laire de cette septiĂšme Ă©dition du Festival Inventio et les concerts que vous prĂ©sentez cette annĂ©e ?

marillier-leo-violon-inventio-festival-rochberg-variations-classiquenews-concerts-festival-opera-annonce-critique-opera-cdLÉO MARILLIER : « Heureux qui, comme Ulysse, a beaucoup voyagĂ© ». Heureux ? Ulysse, condamnĂ© Ă  errer et survivre aux dix ans de son retour en son Ithaque ? Ulysse a-t-il accompli un voyage qui fait de lui un hĂ©ros ou un homme ? Inventio explore en 2022 ce thĂšme de la nostalgie, de l’endurance-errance, du plaisir, et finalement aprĂšs un dĂ©part de l’édition symbolisĂ© par la fantaisie thĂ©Ăątrale « L’Autre Ulysse », nous faisons escale dans des « Ăźles-concerts ». En Ă©cho Ă  HomĂšre, je propose d’articuler autour de James Joyce le programme : ce dernier a rĂ©alisĂ© avec son propre « Ulysse » une rĂ©affirmation moderne, vive, comique, anodine et cosmique de la lĂ©gende homĂ©rique. Cette variĂ©tĂ© d’épithĂštes pour dĂ©crire Joyce autant qu’HomĂšre vient de ce dernier : en grec, polytropos (qui est dans le texte la premiĂšre tentative pour caractĂ©riser Ulysse) signifie inventif, rusĂ©, roublard, vif, errant, souple. Ce sont les voyages qui nous rendent ainsi, Ă  la fois Ă©trangers et rattachĂ©s.
De mĂȘme que dans une bibliothĂšque, peuvent se trouver CĂ©line Ă  cĂŽtĂ© de Franquin, et forcer sinon Ă  une comparaison, du moins Ă  une rĂ©flexion, de mĂȘme un programme musical doit faire cohabiter les notions subjectives de familiaritĂ© et d’étrangetĂ©. C’est aussi l’étrange, l’étranger qui irrigue la piĂšce d’ouverture de l’édition : « l’Autre Ulysse » et aussi les concerts. Est-on surpris ? Est-on heureux vĂ©ritablement, Ă  l’écoute du troisiĂšme trio de Schumann ? Quelle est cette sensation de mettre l’oreille sur une piĂšce inconnue, nouvelle, de poser le pied sur un nouveau continent ? Comment rendre, par des moyens classiques, l’exotisme, comme le fait Jean-Philippe Rameau ? Ou bien Ă©riger des ponts entre culture sud-amĂ©ricaine et Beethoven? Un concert de trio Ă  cordes explorera la musique balkanique-mĂ©diterranĂ©enne, cette branche si unique par sa tradition orale, son rapport natif au langage parlĂ©. Jean Cras, navigateur et compositeur, aura sa place cette annĂ©e, dans une de ses Ɠuvres oĂč la tendresse et la mĂ©lancolie se mĂȘlent.
A l’instar de Joyce, dont l’OdyssĂ©e se dĂ©roule sur l’unique journĂ©e du 16 juin 1904, Janáček se propose de mettre en musique une journĂ©e (1er octobre 1905) qui aurait Ă©tĂ© oubliĂ©e sans la chronique Ă©mouvante de celle-ci. ExilĂ©s, Villa-Lobos et Ligeti se font les porte-parole de leurs hĂ©ritages mariĂ©s Ă  la musique savante. George Rochberg lui, saisit l’hĂ©ritage mĂȘme de la musique savante,et fait une Ɠuvre-monde Ă  partir du thĂšme du 24Ăšme caprice de Paganini, faisant-dĂ©faisant ce dernier Ă  l’instar de la PĂ©nĂ©lope homĂ©rique. Elliott Carter, dans sa derniĂšre Ɠuvre, composĂ©e Ă  103 ans, dresse dans ses Epigrammes, la chronique d’une vie de recherche et d’expression. Ulysse, l’OdyssĂ©e parlent aussi la langue de la nature dĂ©chaĂźnĂ©e, des rumeurs du monde, explorĂ©es par Andrew Norman. Cette rumeur, Xenakis en a fait une science puis un art tout personnel de dĂ©couverte de la nature profonde du vivant. Et au milieu de ces Ă©lĂ©ments, le retour d’Ulysse est peut-ĂȘtre plus puissant encore, chargĂ© de promesses, de mĂ©moire, d’abandon : la sonate pour piano op.110 de Beethoven vient illuminer cette Ă©dition.

En rĂ©sumĂ©, ce qui me frappe chez Joyce, et que je tente de reprendre dans la fantaisie thĂ©Ăątrale puis dans les concerts de l’édition « Notes de voyage », c’est l’idĂ©e de la fulgurance, de la flĂšche de la fantaisie, de l’objet artistique, esthĂ©tique, sur lequel les sens, l’ouĂŻe, et l’esprit finissent presque par buter tant il est unique.

Premier cosmopolite, Joyce a beaucoup irriguĂ© ma rĂ©flexion sur le programme 2022, sur la maniĂšre d’attirer le public vers l’inconnu, l’étrange, sur l’art de glisser des allusions, des fenĂȘtres de dĂ©couvertes dans le grand rĂ©pertoire. Ce vertige, on peut le trouver avec l’intimitĂ© profonde, noyau de la musique de chambre, et le mĂ©tissage cosmopolite des programmes. J’ai privilĂ©giĂ© la rencontre, l’errance entre les Ă©poques et les rĂ©pertoires. Le premier concert, par exemple, oĂč je joue en trio avec piano, en compagnie de RaphaĂ«l ChrĂ©tien et David Saudubray, verra deux trios – apparemment proches, le second de Brahms et le troisiĂšme de Schumann -, se dĂ©faire de leurs apparences et ressemblances grĂące Ă  la jonction des superbes « Epigrams » d’Elliott Carter, Ă©piphanies musicales s’il en est. On suivra la pianiste Yuiko Hasegawa mettant cĂŽte Ă  cĂŽte Beethoven et Ravel, ce qui pourrait sembler risquĂ©, mais la construction faite de dĂ©rives du reste du programme : Janáček et Ligeti ainsi que « Disparve per lo foco » (l’une de mes piĂšces pour piano crĂ©Ă©e pour l’édition) servent de points de ralliement. Le quintette de cuivres « Solstice » dirigĂ© par AndrĂ© Feydy prĂ©sentera des transcriptions de sa plume mises en regard avec des poĂ©sies sur le thĂšme du voyage, rĂ©citĂ©es par Jacques BonnaffĂ©. A leur tour, Samuel Casale et Arzhel Rouxel, prĂ©senteront ce mĂȘme thĂšme Ă  la flĂ»te et au piano, dans des itĂ©rations plus hallucinĂ©es et intimes.

AprĂšs la crĂ©ation de « L’Autre Ulysse », rendez-vous pour la projection du splendide film de John Huston « The Dead », adaptation touchante de la derniĂšre nouvelle des « Gens de Dublin » de Joyce, qui est peut-ĂȘtre ce qu’il a fait de plus parfait, concis et surprenant et antichambre d’ « Ulysse ».

 

En Seine-et-Marne,
LĂ©o Marillier, traducteur et lecteur d’Ulysse, fondateur d’INVENTIO,
réinvente la notion de Festival


 l’art de glisser des allusions,
des fenĂȘtres de dĂ©couvertes
dans le grand répertoire

un vertige qu’exacerbe la musique de chambre

 

 

CLASSIQUENEWS : Votre activité comme chambriste chevronné influence-t-elle la programmation du festival ?

LĂ©o Marillier joue les 51 caprice variations de George ROCHBERGLÉO MARILLIER : TrĂšs certainement ; mon propre dĂ©veloppement avec le rĂ©pertoire a coĂŻncidĂ© avec la naissance du festival Inventio il y a sept ans, ma connaissance de ce dernier avec celle du rĂ©pertoire. J’essaie de donner au festival un succĂ©danĂ© de ce qu’une annĂ©e de concerts et de rĂ©flexion me propose. C’est la raison d’ĂȘtre du festival que de profiter de lieux uniques pour tenter de toucher et titiller de toutes les maniĂšres l’oreille, et que la musique de chambre exacerbe. La cohabitation, ou l’entente mĂȘme entre la musique contemporaine et le rĂ©pertoire classique, peut, doit ouvrir les portes de la perception, l’une irriguant l’autre, la musique contemporaine pouvant refondre rĂ©troactivement une forme sonate, une cadence parfaite ; et de mĂȘme pour les interprĂštes, cette cohabitation permet une fraĂźcheur. MĂȘme travail pour rayer la diffĂ©rence entre musique Ă©crite et musique de tradition orale, comme avec le duo Julia Sonoimeri Ă  l’accordĂ©on et ClĂ©ment Roger Ă  l’euphonium et le duo de guitares Kappes-Ramond.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle expérience artistique privilégiez-vous avec vos partenaires instrumentistes à chaque édition?

LÉO MARILLIER : Je cherche un certain lĂącher-prise, presque un dĂ©paysement avec mes partenaires. Que ce soit dans la prĂ©paration, ou dans l’action du concert. Atteindre une Ă©tape de travail et de familiaritĂ©, une connaissance de l’Ɠuvre qui permette de se dĂ©faire de soi pour arriver Ă  n’ĂȘtre qu’un lien avec l’autre – parfois ce lien est Ă©trange, selon les Ɠuvres – mais il est toujours unique. Je bĂątis les programmes selon la confiance qui fait cohabiter les instrumentistes au sein d’un mĂȘme objectif – car le lĂącher-prise requiert cette confiance presque aveugle mais en tout cas jamais sourde
 De mĂȘme l’édition 2022 offre aux festivaliers de prendre part Ă  des ateliers de chant choral et des ateliers de musicothĂ©rapie pour engager cette question du lĂącher-prise et de l’ouverture.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelles sont les nouvelles “pistes” musicales et artistiques que vous tentez d’explorer et de rĂ©aliser pour Inventio ?

LÉO MARILLIER : Ce qui me tient Ă  cƓur, c’est de faire participer le lieu Ă  la construction du programme. Une salle de concert a beau avoir Ă©tĂ© traversĂ©e par tel ou tel interprĂšte, elle n’en demeure pas moins relativement neutre. Les lieux du festival, eux, sont chargĂ©s et y pĂ©nĂ©trer est dĂ©jĂ  participer d’une nouvelle histoire. Les Ă©glises possĂšdent une aura particuliĂšre qui invite Ă  l’écoute : cette annĂ©e, l’église de Villegagnon, village du personnage exceptionnel de Villegagnon, ami de Ronsard et de Rabelais, conquĂ©rant Ă  la carrure de hĂ©ros de roman qui a tentĂ© de concilier l’idĂ©al chevaleresque du moyen-Ăąge et les idĂ©es nouvelles de la Renaissance sur le monde, et sa foi ; cette conviction l’a conduit  Ă  mener une expĂ©dition au BrĂ©sil  oĂč l’Ăźle de la baie de Janeiro porte encore son nom
. Evidemment, les interprĂštes n’y sont ni Ă  la chaire ni Ă  l’autel, mais prĂ©sentent un programme taillĂ© pour eux-mĂȘmes et pour le lieu. Ma piste constante est l’exploration de ces lieux, et ces derniĂšres annĂ©es j’ai voulu privilĂ©gier les ensembles hĂ©tĂ©rogĂšnes, les Ɠuvres qui articulent ces lieux, les structurent, rendent leur vibration possible plutĂŽt que latente (ainsi, les flĂšches acĂ©rĂ©es d’un Bartok, l’ordre mobile et faisant foi de l’Art de la Fugue de Bach
). Cette considĂ©ration me permet, en tant que directeur artistique de questionner le lieu, ses possibilitĂ©s, dialoguer avec les interprĂštes Ă  ce sujet qui le transmettent instantanĂ©ment au public : c’est cette Ă©nergie qui me traverse Ă©galement lorsque je joue lors du festival. Il s’agit de rendre le lieu adĂ©quat, l’interprĂšte et le public aussi.
Les formations faites d’instruments complĂ©mentaires et diversifiĂ©s en termes de famille m’intĂ©ressent beaucoup aussi. Comment parvenir Ă  concentrer l’écoute, leur donner leur focus grĂące Ă  ces lieux exceptionnels et insolites transformĂ©s en scĂšnes Ă©phĂ©mĂšres : la Galleria Continua Les Moulins, ancienne papeterie dont les roues hydrauliques, les charpentes et poutres mĂ©talliques apparentes, irriguĂ©e aujourd’hui par l’énergie d’Ɠuvres monumentales de Daniel Buren, Anish Kapoor
, le MusĂ©e vivant du Chemin de Fer situĂ© dans la rotonde de Longueville regorgeant de machines Ă  vapeur colossales datant de 1866 Ă  1943, le kiosque d’Everly, lieu tĂ©moin de la modernitĂ© du compagnonnage, adossĂ© au Parc naturel de la BassĂ©e, et sur les bords de Marne, fait de mĂ©tal, de toile, de bois, et surtout de poĂ©sie se dresse le Chapiteau de la FertĂ©-sous-Jouarre et sur le quai D de la gare d’AsniĂšres-sur-Seine, le badaud n’a qu’Ă  pousser une porte dĂ©robĂ©e et le voilĂ  au ThĂ©Ăątre du Voyageur


 

 

ULYSSE – LÉO : d’Ulysse Ă  l’Autre Ulysse…

 

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CLASSIQUENEWS : Les festivaliers vous ont dĂ©couvert acteur et auteur dramatique lors du premier Ă©vĂ©nement artistique 2022 Ă  la BibliothĂšque Sainte-GeneviĂšve (le 19 mai dernier). Pouvez-vous nous prĂ©ciser votre relation personnelle Ă  Joyce qui a semble-t-il influencĂ© l’écriture de votre « fantaisie thĂ©Ăątrale », « L’Autre Joyce » ainsi crĂ©Ă©e Ă  Paris ?

LÉO MARILLIER :« Ulysse » de Joyce est l’ouvrage de littĂ©rature le plus audacieux, et le plus parfait qui soit dans son audace, tant sa forme est modelĂ©e par son contenu, et quel contenu ! Comme la lecture d’Ulysse peut Ă©garer, rĂ©pugner, attirer, fasciner, d’une page Ă  l’autre, je pense que les conditions d’origine de cette expĂ©rience dĂ©terminent grandement la rĂ©ception de pareille Ɠuvre, pareil roman. Pour ma part je n’ai pas lu Ulysse en ayant connaissance des classiques : HomĂšre et Virgile mais j’avais Dante. C’est plutĂŽt la littĂ©rature inspirĂ©e de Joyce qui a Ă©tĂ© la source de ma curiositĂ© pour Joyce, qui est devenu une sorte de gĂ©ant cachĂ© derriĂšre d’autres gĂ©ants : Yourcenar, Beckett, Borges, Eco. J’ai hallucinĂ© la premiĂšre fois que j’ai lu Ulysse. Cela pour dire que je n’ai rien compris, mais qu’une blague, en deuxiĂšme page, m’a fait continuer. Chaque lecture d’Ulysse, depuis (c’est la cinquiĂšme, actuellement) requiert de plus en plus de temps, cas unique pour un livre chez moi, non Ă  cause de la difficultĂ©, ni de l’érudition qui en ralentirait le flux, mais grĂące au plaisir que j’y prends. Pour dĂ©doubler cette lecture, je rĂ©alise ma propre traduction d’Ulysse.

La loi de Joyce est l’alternance, la complĂ©mentaritĂ© des points de vue : une phrase dite par l’un, la suivante pensĂ©e par l’autre puis on saute au narrateur
 pour moi Joyce est Ă  la fois ce grand manipulateur, ce grand rĂ©vĂ©lateur, et cet immense facĂ©tieux, car Ulysse est un livre comique. On n’y croise aucun hĂ©ros, seulement des prĂ©tendants, les dauphins de leur propre vie.

Rien ne s’y passe en apparence ; c’est un jeudi un peu chaud de juin Ă  Dublin. Et pourtant c’est dans ce terreau d’immobilisme que Joyce a trouvĂ© que les questions quotidiennes, les tracas, les bordels dans lesquels on se met, rĂ©pondaient, Ă©taient la rĂ©plique Ă  la fois rĂ©duite et tellement exacerbĂ©e de ces grands gestes rĂ©alisĂ©s par Odysseus ou Achille chez HomĂšre, EnĂ©e chez Virgile, et j’en passe. Nous sommes redevables Ă  Joyce de nous avoir mis en face des modĂšles, et par lĂ -mĂȘme de nous relier Ă  nous-mĂȘmes, et somme toute Ă  des modĂšles d’action simple, non hĂ©roĂŻque, sociale, empathique. Oui, Joyce nous relie les uns aux autres.

Parmi la palanquĂ©e de personnages d’Ulysse, je pourrais, oui, vous dire qu’il y a des personnages principaux
 il y en a que l’on suit plus longtemps que d’autres. Et pourtant, Ă  vrai dire, je ne serais pas si convaincu que certains pour affirmer que Leopold Bloom EST Ulysse
 querelle d’experts mais problĂšme bien rĂ©el lors de la lecture du roman. La magie de Joyce est qu’il nous fait remarquer que certains jours, nous sommes le personnage secondaire, le serviteur, le commentateur de la journĂ©e, d’autres jours nous sommes le personnage principal, le roi, le hĂ©ros.

Chez Ulysse, nous suivons entre autres Stephen Dedalus – l’un des deux personnages de ma piĂšce « l’Autre Ulysse » – qui est considĂ©rĂ© comme l’alter ego de Joyce, son nom de plume pendant un temps, sorte de gĂ©nie guidĂ© par des appels Ă  la grandeur, et stimulĂ© par de multiples Ă©bats, en prise avec la difficultĂ© de sa vie. Dedalus est peut-ĂȘtre secondaire, en tous cas commentateur, il subit l’histoire du roman et son Histoire, s’en relĂšve au fur et Ă  mesure (Ă  l’aide de biĂšre), et finit son parcours dans le roman par un geste unique, violent et magnifique, jamais tentĂ© par quelque personnage que ce soit auparavant : il quitte le roman. Il nous hisse presque avec lui, lors de son avĂšnement hors du roman laquelle coĂŻncide avec la prĂ©sence de plus en plus choquante, rigolote, dĂ©rangeante d’effets de langue, de choix de vocabulaire, de formulations qui colorent de maniĂšre unique la trame du roman.
Ainsi, le chapitre 14 qui se dĂ©roule dans une maternitĂ©, commence en vieil anglais, traverse les Ă©poques, puis dĂ©bouche sur un genre de patois du futur, alors mĂȘme que l’on parle d’une femme qui donne naissance. Ces effets sont comme la patte de Joyce s’affermissant, dirigeant la lecture, lui donnant un focus comme un cinĂ©aste donnerait un angle particulier ou un plan continu sur une sĂ©quence, un dĂ©cor apparemment bigarrĂ©. Ces chapitres finaux d’Ulysse sont des exercices de lĂ©vitation littĂ©raire – on ignore ce qui est Ă  comprendre, la langue n’est plus Ă©rudite, elle est simplement en progrĂšs sous nos yeux.
Cet acte de renaissance a Ă©tĂ© pour moi le point de dĂ©part de l’écriture de la fantaisie thĂ©Ăątrale « L’Autre Ulysse » : deux personnages exilĂ©s, Stephen extrait du roman et Personne, personnage fictif qui pense avoir Ă©tĂ© expulsĂ© par Joyce Ă  l’issue d’une phase d’écriture du romancier. Tous deux cherchent une parole particuliĂšre. Le gourou, le maĂźtre, dans la piĂšce, c’est Stephen qui pĂšse, soupĂšse les paroles de Personne qui Ă©chafaude la formulation de sa mĂ©moire. Leurs rĂŽles finissent presque par s’inverser, alors mĂȘme qu’il semble difficile d’affirmer que quelque chose ait vraiment eu lieu, si ce n’est de l’incomprĂ©hension, ou de l’incertitude. Car c’est, l’élĂ©ment qui permet de garder intact le caractĂšre d’Ulysse au thĂ©Ăątre : l’incertitude. Personne est-il vraiment ce qu’il prĂ©tend ĂȘtre ? Stephen est-il parti pour de bon ? Molly Bloom va-t-elle continuer Ă  tromper Leopold ? Que savons-nous de plus sur nous Ă  la fin d’une journĂ©e par rapport Ă  son dĂ©but ? Comment passer d’une journĂ©e Ă  l’autre alors que 97% de nos pensĂ©es restent identiques ? L’incertitude fait voyager.

 

 

Propos recueillis en mai 2022

 

 

 

 

 

 

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AGENDA : 7Ú Festival INVENTIO, du 19 mai au 17 septembre 2022  -  LIRE notre présentation du Festival INVENTIO 2022 : http://www.classiquenews.com/75-92-77-festival-inventio-2022-19-mai-17-sept-2022-notes-de-voyage/

 

inventio l autre ulysse joyce leo marillier fantaisie opera classiquenews inventio 2022(75, 92, 77). FESTIVAL INVENTIO 2022 : 19 mai – 17 sept 2022. Le 7 Ăšme Festival INVENTIO a lieu de mai Ă  septembre 2022 ; il est conçu par son directeur artistique, le violoniste LÉO MARILLIER (membre du Quatuor Diotima depuis dĂ©c 2021) dont CLASSIQUENEWS avait rendu compte du fabuleux disque dĂ©diĂ© aux Variations de Rochberg (premiĂšre mondiale enregistrĂ©e / CLIC de CLASSIQUENEWS 2022, mars 2022) : l’édition 2022 cĂ©lĂšbre l’esprit voyageur, le mouvement des dĂ©placements, l’expĂ©rience du changement et des rencontres. Le titre l’indique parfaitement « Notes de voyage ». Le festival 2022 propose plusieurs jalons d’une formidable odyssĂ©e ; aprĂšs son ouverture (le 19 mai, Ă  la BibliothĂšque Sainte-GeneviĂšve Ă  PARIS, pour un spectacle thĂ©Ăątral conçu par LĂ©o Marillier, dĂ©diĂ© au Centenaire de la publication d’Ulysse de James Joyce), de juin Ă  sept 2022 : thĂ©Ăątre, scĂšne ouverte, film, replays
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ANNONCE concert du 10 juin 2022, Ă  AsniĂšres sur Seine : Trios avec piano de Schumann et Brahms – 12 Ă©pigrammes de Carter :

 

inventio 2022 concert du 10 juin 2022INVENTIO 2022 : ven 10 juin (AsniĂšres, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter
 « Dans un lieu insolite totalement hors du temps
Sur le quai D de la gare d’AsniĂšres-sur-Seine, le badaud n’a qu’à pousser une porte dĂ©robĂ©e. Et le voilĂ  au ThĂ©Ăątre du Voyageur ! »  -  Les germaniques Brahms et Schumann mĂȘlent le premier romantisme, apparentĂ© au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rĂȘverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passĂ©. Leurs trios avec piano associent introspection et clartĂ© ; ceux jouĂ©s le 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : « chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, Ă©coute de l’ombre ». Les Ă©pigrammes d’Elliott Carter, ultime Ɠuvre d’un compositeur alors centenaire regroupent 12 miniatures inclassables,
 « fusĂ©es de luciditĂ© projetĂ©es dans l’espace

 

 

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Le dernier cd enregistrĂ© par LĂ©o Marillier : les 51 Variations de Georg Rochberg d’aprĂšs Paganini – CLIC de CLASSIQUENEWS de mars 2022 :

 

rochberg-georg-leo-marillier-violon-violin-caprice-variations-critique-cd-review-classiquenews-CLIC-de-classiquenews-entretien-interview-leo-marillierCRITIQUE CD Ă©vĂ©nement. GEORGE ROCHBERG : Caprice Variations pour violon seul. LĂ©o MARILLIER, violon (1 cd Albany) – Le propos tient du marathon ; d’une gageure en rĂ©alitĂ© inimaginable pour un seul soliste. C’est peu dire que les 51 Variations ici enchaĂźnĂ©es (et jouĂ©es pour l’enregistrement d’une traite) composent un dĂ©fi et une performance hors normes ; il ne dĂ©pend que de l’endurance et de la concentration de l’interprĂšte, son aptitude Ă  traverser chaque Ă©pisode contrastĂ© de ce cheminement aux surprises incessantes qui outre leur exigence pour l’instrumentiste, questionnent le matĂ©riau musical, la forme, l’écriture, le sens et la direction d’un dĂ©veloppement.
A la façon de James Joyce, celui d’Ulysse, George Rochberg en 1970 dessine tout un parcours d’un constant renouvellement, qui semble ouvrir de multiples portes, chacune jouant des styles, des effets, des caractĂšres, des nuances les plus extrĂȘmes
 La palette des Ă©motions est infinie, mais toujours dans le geste unitaire du violoniste se prĂ©cise peu Ă  peu une volontĂ© indĂ©fectible ; de ce questionnement en forme de labyrinthe, serpente et prend forme la rĂ©ponse jusqu’à l’élucidation finale (51Ăš variation, qui est en rĂ©alitĂ©, la source du pĂ©riple : le 24Ăš Caprice de Paganini, celui lĂ  mĂȘme que Rachmaninov a cĂ©lĂ©brĂ© lui aussi dans sa fameuse Rhapsodie de 1934), une course contre le temps et la nĂ©cessitĂ© temporelle qui se fait pensĂ©e, cĂ©lĂ©bration de la libertĂ©. LIRE la critique du cd complĂšte ICI

 

 

 

 

LEIPZIG : BACHFEST 2022. Du 9 au 19 juin 2022

BACH FEST LEIPZIGLEIPZIG : BACHFEST 2022. Du 9 au 19 juin 2022. Retour du Festival Bach de Leipzig, Ă  compter de ce jeudi 9 juin 2022, en public, et dans les lieux emblĂ©matiques oĂč Bach put diriger sa musique : les Ă©glises Saint-Thomas et Saint Nicolas (Thomaskirche et Nikolaikirche). Les concerts en rĂ©alitĂ© investissent d’autres lieux comme le musĂ©e Mendelssohn (12 juin) ; l’église Saint-Pierre (BachChor LĂŒneburg, le 12 juin) ; le Gewandhaus (le 12 juin : Cantates avec orgue / Marie Henriette Reinhold, Merseburger Hofmusik, Michael Schönheit ; rĂ©citals d’Andras Schiff, Daniil Trifonov, lire ci aprĂšs) ; Bach-Museum, le musĂ©e du couple Clara / Robert Schumann (Benedikt KristjĂĄnsson, tĂ©nor / Alexander Schmalcz, piano / rĂ©cital FurtwĂ€ngler,Leifs, Britten, le 18 juin)
 sans omettre les confĂ©rences et dĂ©bats organisĂ©s pour les festivaliers au Central Kabarett.

 

 

 

Les plus grands interprĂštes de JS BACH sont Ă  LEIPZIG
le temps du BACHFEST : du 9 au 19 juin 2022

 

 

opera-fuoco-david-stern-cantates-weimar-js-bach-bachfest-critique-concerts-annonce-opera-critique-classiquenews

 

 

Chaque annĂ©e, la tribune de l’Ă©glise Saint-Thomas accueille les grands concerts JS BACH : Passions, Cantates, Messe en Si, etc… sous la voĂ»te qu’a connu Bach lui-mĂȘme. Une expĂ©rience unique au monde (DR)

 

 

 

Cette annĂ©e, la diversitĂ© des programmes, le profil trĂšs large des artistes conviĂ©s promettent un cru exceptionnel ; retrouvez les Cantates, Motets, Passions de Jean-SĂ©bastien Bach avec les interprĂštes les plus idoines – en voici notre sĂ©lection, sĂ©rie de temps forts Ă  surtout ne pas manquez : Thomanerchor Leipzig, Gewandhausorchester Leipzig sous la direction du (nouveau) Cantor de Saint-Thomas, Andreas Reize (Passion selon Saint-Mathieu, le 17 juin, Thomaskirche) ; le Choeur de Riga ; un voyage concert jusqu’à Halle (Vivica Genaux, Valer Sabadus, Axel Köhler, Lautten Compagney Verlin, Wolfgang Katschner, le 10 juin); Monteverdi Choir, English Baroque Soloists, Sir John Eliot Gardiner (Musicalische Exequien« / Musique funĂšbre, le 10 juin), Sonates et partitas par Amandine Beyer (les 10, 11 juin), mais aussi BachChor LĂŒneburg, Leipziger Barockorchester, Deborah Coombe ; AkadĂȘmia, Françoise Lasserre (le 11 juin) ; Les Talens Lyriques, Christophe Rousset (Saint-Thomas, le 11 juin « Concert Bach Ă  Hambourg, 1786 ») ; Bach Collegium Paris (direction: Patrizia Metzler, le 12 juin) ; The Soft Bach Society Yamaguchi (Japon, le 12 juin, Ă©glise Ă©vangĂ©lique rĂ©formĂ©e) ; Amsterdam Baroque Orchestra & Choir, Ton Koopman (le 12 juin, Saint-Nicolas / le 16 juin, Gewandhaus : Concertos / ) ; Les Arts Florissants, W Christie (le 13 juin / Cantates et Magnificat) ; Anna Prohaska, Neues Bachisches Collegium Musicum, Reinhard Goebel (le 14 juin, Michaeliskirche) ; Chor und Orchester der J. S. Bach-Stiftung St. Gallen, Rudolf Lutz (Passion selon saint-Jean / 1749, le 14 juin, Thomaskirche) ; les Variations Golberg par Konstantin Lifschitz, piano (le 15 juin, Salles de Pologne) ; Kammerchor Stuttgart (Motets, le 15 juin, Thomaskirche) ; AndrĂĄs Schiff, piano (Le Clavier bien tempĂ©rĂ©, le 16 juin, Gewandhaus) ; Pieter Wispelwey, Mahan Esfahani (Sonates pour viole de Gambe, le 17 juin, Kupfersaal) ; Daniil Trifonov, piano (L’Art de la fugue, le 17 juin, Gewandhaus) ; Musique de chambre par Le Jonc fleuri (Sonates de Bach, Haendel, 
le 18 juin, Alte Börse) ; Opella Musica, Camerata Lipsiensis (cĂ©lĂ©bration des 300 ans de la mort de Johann Kuhnau, cantor avant JS Bach, le 18 juin, Paulinum – Aula und UniversitĂ€tskirche St. Pauli) ; Motets (BACH – We-Are-FAMILY-Chor, Ton Koopman, le 18 juin, Thomaskirche) ; Gli Incogniti, Amandine Beyer (Concertos pour violon, le 18 juin, Kupfersaal) ; Bachchor Mannheim (le 19 juin, Messe Ă  10h30, Paul Gerhardt kirche) ; Die Kölner Akademie, Michael Alexander Willens (Ɠuvres des CPE, JC Bach, Mozart
 le 19 juin, Michaeliskirche) ; Michael Schönheit, rĂ©cital d’orgue au Gewandhaus (le 19 juin) ; enfin, concert de clĂŽture par Coro della RSI, I Barocchisti, Diego Fasolis (le 19 juin, 18h, Thomaskirche : Messe en si).

Et comme chaque annĂ©e, une Ă©dition ne se terminant jamais sans l’annonce du programme de l’annĂ©e suivante, dĂ©couvrez la programmation 2023 au central Kabarett, sam 18 juin 10h30.

 

 

 

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TOUTE la programmation, les concerts en dĂ©tail, les modalitĂ©s pratiques et aussi la diffusion sur internet LIVE STREAMING 2022 – ICI :
https://www.bachfestleipzig.de/en/bachfest

 

 

 

 

 

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LIVE STREAMING – Le BACHFEST 2022 sur internet : retrouvez ici le planning des diffusions des concerts en streaming, ICI :

https://www.bachfestleipzig.de/en/bachfest/bach-s-messiah-schedule-livestream

 

 

 

 

 

 

TCHAIKOVSKY : La dame de Pique (Petrenko, Berlin 2022)

tchaikovski Pyotr+Ilyich+Tchaikovsky-1FRANCE MUSIQUE. Sam 18 juin 2022, 20h. TCHAIKOVSKY : La Dame de Pique (Berlin, 2022, Petrenko). Kiril Petrenko, directeur musical des Berliner Philharmoniker est un chef chef lyrique, transparent, précis, subtilement dramatique. Il le montre aisément lors de cette représentation de La Dame de Pique de Tchaikovsky, production berlinoise qui regroupe plusieurs chanteurs convaincant.
Et si La Dame de Pique Ă©tait avec EugĂšne OnĂ©guine, l’opĂ©ra le plus intime de Piotr Illiytch ? RĂ©vĂ©lant en rĂ©alitĂ© ses pensĂ©es les plus sombres, oĂč chaque ĂȘtre impuissant mais insoumis est funambule d’un fil tĂ©nu qui peut le mener au bord du gouffre et de la folie ?
Tout chef se doit d’éclairer dans La dame de Pique les teintes fantastiques voire surnaturelles de la partition en particulier dans le tableau des appartements de la vieille Comtesse quand Hermann s’introduit dans sa chambre
 La fiĂšvre et le dĂ©lire, la folie qui s’empare du hĂ©ros, prennent corps peu Ă  peu; l’arche dramatique gagne en clartĂ©: de l’innocence perdue (choeurs des enfants au I) au basculement progressif oĂč Hermann perd tout: le coeur de Lisa, le secret de la Comtesse, sa victoire supposĂ©e aux cartes
 et Ă©videmment toute raison.
Piotr et son frĂšre Modest relisent Pouchkine tout en modifiant le profil des personnages. Les liens passionnels qui les aimantent ou les Ă©cartent
 Les deux figures de l’opĂ©ra n’en ont que plus d’intensitĂ©: ce sont deux portraits amers, dĂ©faits par la vie, que la musique lĂ  aussi analyse avec une subtilitĂ© manifeste.‹ L’arrogance dessĂ©chĂ©e de la Comtesse, Ăąme seule et fantĂŽmatique qui appartient au passĂ© et semble venir d’outre tombe; les visions d’Hermann, sa descente aux enfers, son obsession maladive : 2 forces opposĂ©es qui finalement se rencontrent Ă  la deuxiĂšme partie dans une tenue orchestrale qui doit ĂȘtre embrasement total.
De leur cĂŽtĂ©, les personnages de Tchaikovsky illustrent chacun en mille teintes tĂ©nues, ce qui tient Ă  cƓur au compositeur : sa sensibilitĂ©, sa compassion pour les Ăąmes solitaires, souffrantes, perdues
 La somptueuse Paulina dans sa chanson seule, avec Lisa au I; Lisa elle-mĂȘme, seule, dĂ©passĂ©e par la folie menaçante de son aimĂ© Hermann, sorte d’OphĂ©lie russe en cela : la jeune aristocrate qui a choisi de suivre le joueur dans sa course fatale, alors qu’elle est fiancĂ©e au prince Eletski, s’embrase et se perd dans un amour irraisonnable mais qui transporte son Ăąme entiĂšre. C’est aussi la Comtesse dont l’ñme brulante est celle d’une femme qui a vieillie trop tĂŽt sans connaitre l’amour vĂ©ritable (un gouffre de frustration) ; la scĂšne oĂč la VĂ©nus moscovite Ă©voque non sans nostalgie amĂšre, les fantĂŽmes de Versailles, sa chanson oĂč Tchaikovski fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’ancien rĂ©gime en recyclant un ait de GrĂ©try (Richard Coeur de lion) est en cela emblĂ©matique
 Aux cĂŽtĂ©s du hĂ©ros dĂ©chu, Lisa et la Comtesse sont bien deux rĂŽles fĂ©minins parmi les plus complexes et les plus riches du rĂ©pertoire lyrique russe
 

 

La dame de Pique de TCHAIKOVSKY sur France Musique
Samedi 18 juin 2022, 20h. Opéra donné le 24 avril 2022 à la Philharmonie de Berlin.

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Piotr Ilyitch TchaĂŻkovski : La Dame de pique, ‹OpĂ©ra en trois actes et sept tableaux sur un livret de Modeste Ilitch TchaĂŻkovski d’aprĂšs la nouvelle La Dame de pique d’Alexandre ‹Pouchkine, crĂ©e 19 dĂ©cembre 1890 au ThĂ©Ăątre Mariinsky de Saint-PĂ©tersbourg.

Distribution :
Arsen Soghomonyan, ténor, Hermann
Vladislav Sulimsky, baryton, Le comte Tomski
Boris Pinkhasovich, baryton, Le prince Yeletski
Doris Soffel, contralto, La comtesse
Elena Stikhina, soprano, Lisa
Aigul Akhmetshina, mezzo-soprano, Polina, confidente de Lisa
Christophe Poncet de Solages, ténor, Chaplitsky
Margarita Nekrasova, contralto, La gouvernante
Anatoli Sivko, baryton, Sourine
Yevgeny Akimov, ténor, Tchekalinski
Mark Kurmanbayev, basse, Naroumov

Choeur Philharmonique Slovaque
Cantus Juvenum Karlsruhe
Orchestre Philharmonique de Berlin
Kirill Petrenko, direction

 

 

 

Approfondir
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LIRE aussi notre critique de la production de la Dame de Pique, mise en scĂšne par Olivier Py, Ă  l’OpĂ©ra Grand Avignon, le 27 mai 2022 – De fait, c’est de loin la plus sombre, macabre et dĂ©sespĂ©rĂ©e production du chef d’Ɠuvre du maĂźtre russe Ă  laquelle il nous ait Ă©tĂ© donnĂ© d’assister : une sociĂ©tĂ© totalement pervertie et pourrie, gangrenĂ©e par la mort qui rĂŽde partout (avec moult renforts de crĂąnes dissĂ©minĂ©s ici ou lĂ ). La scĂ©nographie est dĂ©placĂ©e dans une Saint-PĂ©tersbourg contemporaine dont les barres d’immeubles sans Ăąme apparaissent, Ă  intervalles rĂ©guliers et par projections vidĂ©o, derriĂšre l’imposant dĂ©cor imaginĂ© par le fidĂšle Pierre-AndrĂ© Weitz montrant, lui, l’intĂ©rieur d’un palais lugubre dont toutes les vitres ont Ă©tĂ© brisĂ©es. Dans ce dĂ©cor sinistre Ă©volue de maniĂšre quasi omniprĂ©sente un danseur / comĂ©dien (formidable Jackson Carroll !) qui est tour Ă  tour double du hĂ©ros ou de la Comtesse, mais aussi l’incarnation de TchaĂŻkovski lui-mĂȘme, dont on sait qu’il fut poussĂ© au suicide Ă  cause de son « sale petit secret » (le mot est de la baronne Nadejda von Meck, sa principale mĂ©cĂšne
), Ă  savoir son homosexualitĂ©. Par notre envoyĂ© spĂ©cial Emmanuel Andrieu :
https://www.classiquenews.com/critique-opera-opera-grand-avignon-le-27-mai-2022-tchaikovski-la-dame-de-pique-olivier-py-jurjen-hempel/

 

 

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LIRE aussi notre critique de la Dame de Pique, production de l’OpĂ©ra Bastille janvier 2012 : / TchaĂŻkovski: La Dame de Pique (1890). Lev Dodin, mise en scĂšne (reprise). Dmitri Jurowski, direction
https://www.classiquenews.com/paris-opra-bastille-le-19-janvier-2012-tchakovski-la-dame-de-pique-1890-vladimir-galouzine-ludovic-tzier-lev-dodin-mise-en-scne-reprise-dmitri-jurowski-directi/

 

 

 

Festival INVENTIO 2022 (Asniùres, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter


inventio 2022 concert du 10 juin 2022INVENTIO 2022 : ven 10 juin (AsniĂšres, 92). Trios avec piano : Brahms, Schumann, Carter
 « Dans un lieu insolite totalement hors du temps…Sur le quai D de la gare d’AsniĂšres-sur-Seine, le badaud n’a qu’Ă  pousser une porte dĂ©robĂ©e. Et le voilĂ  au ThĂ©Ăątre du Voyageur ! »  -  Les germaniques Brahms et Schumann mĂȘlent le premier romantisme, apparentĂ© au gothique, l’éveil de l’inconscient et de la rĂȘverie de la nature, au second romantisme, plus intime, musicalement conscient de la musique du passĂ©. Leurs trios avec piano associent introspection et clartĂ© ; ceux jouĂ©s le 10 juin sont aux antipodes l’un de l’autre : « chez Brahms, exploration solaire ; chez Schumann, Ă©coute de l’ombre ». Les Ă©pigrammes d’Elliott Carter, ultime Ɠuvre d’un compositeur alors centenaire regroupent 12 miniatures inclassables,
 « fusĂ©es de luciditĂ© projetĂ©es dans l’espace, saturĂ©es de toutes les couleurs prodigieuses que peuvent donner un piano, un violon, et un violoncelle quand ils se mĂȘlent
. » . En 2022, le Festival Inventio part Ă  la dĂ©couverte de l’inconnu, sur les traces du voyageur Ulysse, tel qu’il perdure Ă  travers HomĂšre et surtout James Joyce. LĂ©o Marillier a concoctĂ© cette annĂ©e, un parcours enchanteur constellĂ© de « concert-Ăźle », jalons incontournables d’une nouvelle odyssĂ©e Ă  vivre sous la conduite du directeur artistique qui est aussi violoniste, Ă©crivain, comĂ©dien
 Concert Ă©vĂ©nement.

 

 

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Vendredi 10 juin 2022boutonreservation
20h30 – AsniĂšres-sur-seine (92)
Théùtre du voyageur

Concert trio avec piano
GARE SNCF – Quai D, 34 bis Av. de la Marne
AsniĂšres-sur-Seine 92600

David Saudubray, piano
LĂ©o Marillier, violon
Raphaël Chrétien, violoncelle

Johannes Brahms
Trio no 2 en ut majeur op 87

Elliott Carter, 12 Épigrammes (2012)

Robert Schumann
Trio no 3 en sol mineur op 110

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RÉSERVEZ VOS PLACES ici
https://www.billetweb.fr/shop.php?event=inventio-2022&popup=1

AccĂšs : Ă  5′ en train depuis gare St Lazare, sortie sur le ThĂ©Ăątre du Voyageur par le Quai D

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Retrouvez ici toute la programmation du Festival INVENTIO 2022 : ‹https://www.inventio-music.com/

 

 

LIRE notre grand entretien avec LĂ©o Marillier qui prĂ©sente la 7Ăšme Ă©dition d’INVENTIO 2022, « Notes de Voyage »

 

 

LIRE aussi notre présentation du Festival Inventio 2022
http://www.classiquenews.com/75-92-77-festival-inventio-2022-19-mai-17-sept-2022-notes-de-voyage/

 

 

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LILLE PIANO(S) FESTIVAL : 10, 11, 12 juin 2022. Bartok, les Espagnes et les claviers !

lille-pianos-festival-2022-classiquenews-concerts-VIGNETTELILLE PIANO(S) FESTIVAL : 10, 11, 12 juin 2022. Bartok, les Espagnes et les claviers ! – Le week-end prochain, dĂšs vendredi 10 juin, LILLE vivra aux sons des claviers Ă  l’occasion de la nouvelle Ă©dition du LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022, cycle d’évĂ©nements et de concerts Ă  l’initiative de l’Orchestre National de Lille. François Bou, directeur gĂ©nĂ©ral de l’Orchestre souligne combien la pluridisciplinaritĂ© et l’esprit de dĂ©couverte comme d’exploration prĂ©valent cette annĂ©e : aux cĂŽtĂ©s du piano et des claviers de toute sorte (orgue, clavecin, etc
), les formes du concert et les genres musicaux sont rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©s pour un effervescence active : classique Ă©videmment mais aussi rap, Ă©lectro, jazz et musique du monde enchantent les lieux du festival (Nouveau SiĂšcle, CathĂ©drale ND de la Treille, gare Saint-Sauveur, 
). Les musiciens invitĂ©s s’engagent aussi autour des 2 thĂ©matiques choisies : Bartok et « les Espagnes ». Folklore et couleurs latines sont donc aussi au rv.

 

 

 

 

Notre sélection
samedi 11 juin 2022

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15h15, Nouveau SiĂšcle, salon 5
Mikrokosmos / récital Participatif
Avec les Ă©lĂšves du Conservatoire de Lille
et les Ă©tudiants de l’École SupĂ©rieure de Musique et de Danse Hauts-de-France-Lille
Mikrokosmos, 153 petites piÚces pour piano composées entre 1926 et 1939 par Béla Bartók
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/MIKROKOSMOS/

 

 

15h30, Nouveau SiĂšcle, Auditorium
Orchestre de Picardie
Simon Graichy, piano / Arie van Beek, direction
Granados / Guinovart : Suite Goyesca
Mozart : Concerto pour piano n°20
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p11/

Atelier jeune public pendant le concert
Pendant que les parents Ă©coutent ce concert,
les enfants pourront jouer à l’apprenti musicien !

 

 

16h30, Temple
RĂ©cital Florent Boffard, piano
BartĂłk : Improvisations sur des chants paysans hongrois,
Bagatelles, extraits, En plein air
Liszt : Bagatelle sans tonalitĂ©, Jeux d’eau
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p13/

 

 
 

 

18h, Nouveau SiĂšcle, Auditorium
RĂ©cital BENJAMIN GROSVENOR, piano
Franck : Prélude, Choral et Fugue
Albéniz : Iberia Livre 1
Ginastera : Trois danses argentines
Ravel : La Valse
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p16/

 

 

ou

18h, DANSE Ă  La Condition Publique
François Chaignaud danse Isadora Duncan
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p17/

 

 
 

 

19h30, Nouveau SiÚcle, Salle Québec
RĂ©cital Jonathan FOURNEL
1er Prix du Concours Reine Elisabeth 2021
Chopin : Nocturne op. 62 n°1
Brahms : Sonate pour piano n°3
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p21/

 

 

20h30, Nouveau SiĂšcle, Auditorium
Concert Symphonique
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE

Jean-Claude Casadesus, direction
Marie-Ange Nguci, piano : Mozart, Concerto pour piano n°21
Judith Jáuregui, piano : de Falla, Nuits dans les jardins d’Espagne
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p22/

 

 
 

 

22h30, Nouveau SiĂšcle
Vanessa Wagner, piano
RĂ©cital autour d’Alex NANTE
compositeur en résidence
Silvestrov : Bagatelles opus 1
Debussy : Masques & La Cathédrale engloutie
Nante : Préludes [Création mondiale]
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/samedi_11_juin/p25/

 

 

 

 

 

 

Notre sélection
dimanche 12 juin 2022

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11h : Nouveau SiĂšcle, Auditorium
JEUNE PUBLIC : L’Apprenti Sorcier de Paul Dukas
Ensemble Kheops / RĂ©citante : Maureen Dor
Texte et mise en scĂšne : Sybille Wilson
DurĂ©e : 50 mn – DĂšs 6 ans
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p26/

ou

11h : Conservatoire
Vanessa Wagner & Wilhem Latchoumia, pianos
Monk : Ellis Island
Glass : Four Movements for Two Pianos
Bernstein : Symphonic Dances (extraits de « West Side Story »)
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p27/

 

 
14h : Conservatoire
Philippe Cassard & CĂ©dric Pescia, pianos
LISZT : transcription de la Symphonie n°9 de Beethoven
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p29/

 

 
15h30 : Gare Saint-Sauveur, Auditorium
Gratuit : Récital de LORENZO SOULÈS
1er Prix du Concours international de piano d’OrlĂ©ans
Debussy : Images pour piano – Premier cahier
Manoury : RĂ©seaux, DĂ©rĂšglements
AlbĂ©niz : Iberia – DeuxiĂšme cahier
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p32/

 

 
16h : Nouveau SiĂšcle, Auditorium
RĂ©cital de piano : ATTENTION changement de programme,
Alice Sara Ott ayant annulé sa présence au festival pour raison de santé,
c’est Marie-ANge Nguci qui jouera Chopin (Rondo en mi bĂ©mol majeur opus 16), Prokofiev (Sonate n°6 en la majeur), Saint-SaĂ«ns (Les Cloches de Las Palmas n°4 & Toccata n°6 / extraits des 6 Études op.111)

 

 
17h30 : Notre-Dame de la Treille
RĂ©cital Olivier Latry, orgue
Wagner/Lemare ‱ Messiaen ‱ Alain
Franck ‱ Vierne ‱ Latry
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p39/

 

 

 
 
20h : CONCERT SYMPHONIQUE DE CLÔTURE
Nouveau SiĂšcle, Auditorium
Bertrand Chamayou, piano
Les SiĂšcles, invitĂ©s d’honneur du festival / François-Xavier Roth, direction
Concert sur instruments français de la fin du 19Úme siÚcle
Franck : Les Djinns & Variations symphoniques
Debussy : La Mer
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/dimanche_12_juin/p42/

 

 

 

 

 

 
 

 
 

 

Notre sélection
vendredi 10 juin 2022

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19h30 : Nouveau SiÚcle, salle Québec
ISFAR SARABSKI QUARTET
Jazz et musique du monde
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p01/

ou

19h30 : ND de la Treille
KAROL MOSSAKOWSKI, orgue
Ligeti, Bartok, Liszt
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p02/

 

 

 

 

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21h : NOUVEAU SIECLE, Auditorium
ORCHESTRE NATIONAL DE LILLE, Alexandre Bloch
concert d’ouverture
Alice Sara Ott, piano (hĂ©las indisposĂ©e, lire ci aprĂšs “programme modifiĂ©”)
Silvestrov (The Messenger), Mozart ( Cto n°13)
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p03/
Photo : Alex. Bloch / © M Borggreve

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ATTENTION : programme modifié

Alice Sara Ott ayant dû annuler sa présence pour raison de santé,
c’est le pianiste suisse Francesco Piemontesi qui jouera le Concerto pour piano de Robert Schumann

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22h : Gare Saint-Sauveur
EESAH YASUKE & YOUSSEF SWATT’S, rap
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p05/

 

 

22h30 : Auditorium du Nouveau SiĂšcle
ALBERT GUINOVART, piano
Satie, Mompou, Guinovart, Poulenc

https://www.lillepianosfestival.fr/2022/vendredi_10_juin/p06/

 

 

 

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TOUS LES CONCERTS, INFOS & BILLETTERIE
sur le site LILLE PIANO(S) FESTIVAL 2022 :
https://www.lillepianosfestival.fr/2022/

 

 

 

 

 

 

(77). FESTIVAL IMMERSIONZ, 10 et 11 juin 2022 (Seine-et-Marne)

GREZ-SUR-LOING-festival-au-grez-des-voix-DELIUS-12-juin-2021-festival-annonce-classiquenewsGrez-sur-Loing (77) : FESTIVAL IMMERSIONZ, les 10 et 11 juin 2022 (SEINE ET MARNE). ComplicitĂ©, dialogue, contemplation : le cocktail est pertinent voire explosif pour une programmation cohĂ©rente conçu par son directeur artistique, le pĂ©tillant Pedro Octavo Diaz : le Festival nichĂ© au cƓur du GĂątinais (Seine et Marne du Sud) rĂ©active l’effervescence artistique des crĂ©ateurs impressionnistes quand ils s’enivraient des joyaux naturels de la campagne environnante. Le cycle de concerts joue surtout sur les affinitĂ©s entre les artistes conviĂ©s (parmi les jeunes tempĂ©raments les plus audacieux) et le public qui aura beaucoup de plaisir Ă  ĂȘtre ainsi surpris et enchantĂ© : «   Il suffit d’une rencontre, d’un ressenti ou de l’observation d’un paysage pour que les esprits crĂ©atifs engendrent des Ɠuvres uniques. La crĂ©ation n’est pas simplement une affaire de crĂ©ateurs, mais aussi celle des publics, du territoire, d’un paysage ». VoilĂ  qui est dit. La rĂ©ussite d’un festival tient Ă  cette alchimie rĂ©ussie entre crĂ©ateurs, interprĂštes, audience et donc lieux et paysages capables de stimuler toujours l’imagination. Grez sur Loing rĂ©unit tout cela. Pour preuve cette nouvelle Ă©dition sur le territoire de l’ancien GĂątinaisen 2 journĂ©es, le samedi 11 juin Ă  Grez sur Loing, puis le dimanche 12 juin Ă  Larchant


 

 


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Ses paysages prĂ©servĂ©s ont sĂ©duits dĂ©jĂ  Frederick Delius ou l’écrivain August Strindberg
 Les rives du Loing composent en effet un tableau idylique, de Melun Ă  Nemours et de Milly-la-ForĂȘt Ă  Montereau-Fault-Yonne. Le Festival entend favorisĂ© la rĂ©union des expressions artistiques et du patrimoine bĂąti, immatĂ©riel et Ă©cologique de l’ensemble du GĂątinais pour que les habitants s’approprient leur cadre de vie avec un sentiment diffĂ©rent. Hors des centres urbains oĂč l’offre culturelle abondent, la campagne offre un terrain d’expĂ©rimentation diffĂ©rent : « par ce biais, des jeunes artistes qui font leurs premiĂšres armes dans des festivals et des salles souvent Ă©loignĂ©es de la Grande Couronne, pourront rencontrer des nouvelles sensibilitĂ©s et tisser des liens complices d’écoute et d’émulation ». De quoi permettre aux jeunes sensibilitĂ©s d’accomplir et d’enrichir leur parcours artistique.

2021 a Ă©tĂ© une annĂ©e de grande transition pour tout le secteur de la culture. L’annĂ©e 2020 qui a mis sous la chape sanitaire l’ensemble des expressions artistiques et l’annĂ©e qui a suivi qui a vu un retour Ă  la normalitĂ© progressif. A l’image des saisons, aprĂšs un hiver rigoureux et un timide retour du printemps, la rĂ©gĂ©nĂ©ration de la nature Ă©panouit ses plus belles frondaisons. En 2022, la musique de chambre Ă©tant Ă  l’honneur, 4 jeunes talents confirmĂ©s apportent aux divers lieux et publics toute l’énergie de leurs interprĂ©tations, soit enfin un un retour Ă  la contemplation et Ă  l’expression artistique d’autant plus opportunes aprĂšs les restrictions inĂ©dites subies pendant la pandĂ©mie de 2020.

Pedro Octavo Diaz présente les temps forts du festival 2022 :
Le concert de clĂŽture rĂ©unit la soprano StĂ©phanie Varnerin, la pianiste Juliette Journaux et le violoniste Nathan Mierdl : (
) c’est un voyage aux couleurs des tableaux impressionnistes, entre soleils couchants et lampions des cabarets parisiens. Parmi les airs choisis, deux rĂ©fĂ©rences Ă  MoliĂšre et D’Artagnan, dont on cĂ©lĂšbre la mĂ©moire en 2022.
Nous proposons aussi une projection en plein air du film « La flor de mi secreto » de Pedro Almodovar, histoire de rĂ©silience et de rĂ©gĂ©nĂ©ration d’une Ă©crivaine en proie Ă  des tourments liĂ©s Ă  sa vie conjugale et Ă  une crise crĂ©ative.

 

immersionz-festival-grez-sur-loing-juin-2022-annonce-classiquenews-festival-ete-22

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PROGRAMME
Festival IMMERSIONZ
11 et 12 juin 2022

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SAMEDI 11 JUIN 2022
GREZ-SUR-LOING

 

 

11h – Eglise Notre-Dame et Saint-Laurent de Grez-sur Loing
Johann Sebastian BACH – Partitas et sonates pour violon solo
Nathan Mierdl – violon / Concert gratuit

12h30 – PrieurĂ©
Repas convivial avec les artistes
Ouvert au public

16h – Salle Fernande Sadler
“Renouveau” – Duo Varnerin
StĂ©phanie Varnerin – soprano / Mathieu Varnerin – guitare

Le programme “Renouveau” rĂ©unit mĂ©lodies et extraits de la correspondance des compositeurs et participe Ă  la rĂ©gĂ©nĂ©ration de ce rĂ©pertoire avec des transcriptions originales Ă©laborĂ©es spĂ©cialement par Mathieu Varnerin.

17h – Salle Fernande Sadler
Apéritif convivial

19h – Salle Fernande Sadler
“Impressions franciliennes” (crĂ©ation)
Sonates, mĂ©lodies et extraits d’opĂ©ras
Création française de la Légende en mi mineur de Frederick Delius,
composée à Grez-sur-Loing

StĂ©phanie Varnerin – soprano / Nathan Mierdl – violon‹ / Paul Montag – piano
Ce programme rĂ©unit trois artistes : la soprano StĂ©phanie Varnerin, le violoniste Nathan Mierdl et le pianiste Paul Montag. Auprogramme : extraits d’opĂ©ras et d’opĂ©rettes dont la valse Oh la troublante voluptĂ© de Charles Cuvillier qui fut un des hits de la Belle Epoque.

20h30 – Salle Fernande Sadler
Almodovar – La flor de mi secreto‹ (La Fleur de mon secret) – 1995 – 102 min / DĂ©pressive et seule, une Ă©crivaine de romans Ă  l’eau de rose sombre dans la mĂ©lancolie : elle est dĂ©laissĂ©e par un Ă©poux indiffĂ©rent. Au cƓur dynamique et rutilant du Madrid des annĂ©es 1990, Leocadia rĂ©vĂšle la vraie nature de son talent et s’affranchit peu Ă  peu des Ă©corces qui l’attachent Ă  ses dĂ©mons. Dans ce film, Pedro Almodovar nous plonge dans les mĂ©canismes de l’écriture, le langage sensuel des couleurs vives et le crescendo vers la rĂ©silience et l’acceptation de soi.

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DIMANCHE 12 JUIN 2022
LARCHANT

 

 

15h - Salle de La SablonniĂšre
“Renouveau” – Duo Varnerin
Stéphanie Varnerin - soprano
Mathieu Varnerin – guitare

17h – Salle de La SablonniĂšre
“Impressions franciliennes” (crĂ©ation)
Sonates, mĂ©lodies et extraits d’opĂ©ras
Création française de la Légende en mi mineur de Frederick Delius,
composée à Grez-sur-Loing

StĂ©phanie Varnerin – soprano / ‹Nathan Mierdl – violon – ‹Paul Montag – piano

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INFORMATIONS PRATIQUES
AccĂšs en voiture : depuis Paris: A6, N37, D637, D607
GREZ SUR LOING est juste au sud de FONTAINEBLEAU

Transports en commun
Toutes les infos sur le site du FESTIVAL  immersionz 22 : https://festivalimmersionz.fr

BILLETTERIE
FestivalimmersionZ.FR
https://festivalimmersionz.fr

 

 

CONTACT
Directeur Artistique – Pedro Octavio Diaz
guizoctave@yahoo.fr

 

 

 

 

Opéra. VERONE 2022 : ANNA NETREBKO chante Aida puis Turandot

ANNA NETREBKO : l'Ă©tĂ© de tous les dĂ©fisOpĂ©ra. VERONE 2022 : ANNA NETREBKO chante Aida puis Turandot. Dans un tweet rĂ©cent, la soprano russo-autrichienne Anna Netrebko, toujours interdite au Met de New York, qui a cependant clairement condamnĂ© la guerre menĂ©e par la Russie de Poutine en Ukraine (ce qui lui a valu d’ĂȘtre considĂ©rĂ©e par la Douma de « traĂźtresse Ă  la patrie ») chante Aida (les 8, 16, 28 juil) puis Turandot (les 4, 7 et 10 aoĂ»t 2022) – programmation Ă©crasante pour celle qui avait dĂ©jĂ  clairement exprimĂ© ses intentions pucciniennes dĂšs son album saisissant, aussi engagĂ© qu’audacieux : « VERISMO » (CLIC de CLASSIQUENEWS de sept 2016 / premier air de Turandot crĂąnement assumĂ©, dĂ©fendu: « In questa reggia »), puis dans son dernier cd pour DG Deutsche Grammophon toujours « Amata delle Tenebre » (CLIC de CLASSIQUENEWS 2021)
 autres prises de risques pour celle qui s’affiche en fiancĂ©e des tĂ©nĂšbres. S’agissant d’Aida, le rĂŽle est dĂ©jĂ  familier pour la diva de tous les dĂ©fis puisqu’elle l’a chantĂ© entre autres Ă  Salzbourg puis au Met justement (LIRE notre critique d’AIDA par Anna Netrebko, Salzbourg aoĂ»t 2017 : https://www.classiquenews.com/compte-rendu-opera-salzbourg-le-12-aout-2017-verdi-aida-anna-netrebko-muti/) – pour sa Turandot Ă  VĂ©rĂŽne 2022, tous les projecteurs sont braquĂ©s sur son incarnation « totale », personnage et rĂŽle redoutable vocalement qui exige aussi un puissant tempĂ©rament scĂ©nique (rĂŽle assurĂ© aux cĂŽtĂ©s du Calaf de son mari le tĂ©nor Yusif Eyvazov / mise en scĂšne : Franco Zeffirelli). A suivre.

 

 

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PLUS D’INFOS sur le site officiel d’ANNA NETREBKO
https://annanetrebko.com/

 

 

 

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PLUS D’INFOS sur le site officiel du Festival des ARENES DE VERONE / ARENA OPERA FESTIVAL – Verona : https://www.arena.it/en   -  A l’affiche Ă©galement des ArĂšnes de VĂ©rone cet Ă©tĂ© 2022 : Placido Domingo – le danseur Ă©toile Roberto Bolle, …

 

 

 

 

 

 

Anna-netrebko-amata-delle-tenebre-scala-dg-cd-review-critique-cd-classiquenews-opera-critiqueLIRE aussi notre critique complĂšte du cd ANNA NETREBKO : Amata delle Tenebre : CD Ă©vĂ©nement, critique. ANNA NETREBKO : Amata delle Tenebre (1 cd DG Deutsche Grammophon, 2020, 2021) – EnregistrĂ© Ă  La Scala de Milan en octobre 2020 et avril 2021, le rĂ©cital new look de la diva des divas actuelles met l’accent sur la couleur tragique : « AimĂ©e des TĂ©nĂšbres » / Amata delle tenebre
 Cette couleur funĂšbre s’affiche dĂšs le premier air, celui d’Ariane abandonnĂ©e, trahie Ă  Naxos, qui s’éveille alors au gouffre noir ; Strauss y dĂ©veloppe une ample priĂšre Ă  la mort dont le chant de la soprano dĂ©sespĂ©rĂ©e mais digne, et qui veut disparaĂźtre, exprime dĂ©jĂ  le souffle libĂ©rateur. S’il n’était que ce premier air, le programme laisserait une impression mitigĂ©e tant les aigus sont tendus voire arrachĂ©s, Ă  peine tenus, et l’articulation alĂ©atoire. « Es gibt ein Reich, wo alles rein ist
 / Il y a un royaume oĂč tout est pur », pris de surcroĂźt sur un tempo trop lent (pour mĂ©nager la voix), s’enlise, techniquement imparfait. Dommage. On y dĂ©cĂšle la mĂȘme fragilitĂ© que dans ses 4 derniers lieder du mĂȘme Strauss, jadis enregistrĂ©s avec Barenboim, en un cycle certes audacieux et risquĂ©, mais trop disparate vocalement. De plus la cantatrice ne maĂźtrise pas l’abattage straussien.
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-anna-netrebko-amata-delle-tenebre-1-cd-dg-deutsche-grammophon-2020-2021/

 

 

TOUS les CD ANNA NETREBKO critiqués sur CLASSIQUENEWS ici :
https://www.classiquenews.com/cd-evenement-critique-anna-netrebko-amata-delle-tenebre-1-cd-dg-deutsche-grammophon-2020-2021/

 

 

Verismo : le nouvel album choc d'Anna NetrebkoCD VERISMO / Anna Netrebko – CLIC de CLASSIQUENEWS
https://www.classiquenews.com/cd-compte-rendu-critique-verismo-boito-ponchielli-catalani-cilea-leoncavallo-mascagni-puccini-airs-doperas-par-anna-netrebko-soprano-1-cd-deutsche-grammophon/

 

 

 

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MARATHON JS BACH FOR UKRAINE sur YOUTUBE

ukraine-bachaton-classiquenews-szczecin-poland-classiquenewsYOUTUBE : 4, 5 juin 2022. ” BACHaton ” pour l’UKRAINE au secours des Ukrainiens – Marathon Ă©vĂ©nement sur Youtube samedi 4 juin dĂšs 20h : la Philharmonie de Szczecin (Ouest de la Pologne) diffuse son « BACHaton » de 12 heures, cycle musical Ă  vivre en direct, en soutien Ă  l’Ukraine. La Philharmonie de Szczecin produit et diffuse un concert-marathon, entiĂšrement dĂ©diĂ© Ă  Bach, du samedi 4 juin (20 h) au dimanche 5 juin, 8 heures. Le « BACHathon pour l’Ukraine » dure toute la nuit, telle une veillĂ©e musicale pour les Ukrainiens, sur place en accĂšs gratuit et simultanĂ©ment en live streaming sur Youtube

Plusieurs performances « BACHathon Studio » filmĂ©es dans le hall d’entrĂ©e complĂštent les concerts dans la grande salle.

 

 

 

Au programme :

 

 

20h
le pianiste anglo-ukrainien Alexei Grynyuk (Partita BWV 825 et le Prélude de choral en fa mineur « Ich rufe zu dir » / transcription de Busoni (20 h) ;

 

 

 

21h, 23h
aaron-pilsan-@-marie-staggat-1024x669Le pianiste autrichien Aaron Pilsan (« Le Clavier bien tempĂ©ré », Livres I (21 h) et II (23 h) – Aaron Pilsan explique le choix du rĂ©pertoire ainsi abordĂ© : « aucun autre compositeur que Bach [
] et aucune Ɠuvre n’est plus appropriĂ©e pour ce marathon que Le Clavier bien tempĂ©rĂ©, car il reprĂ©sente la paix et l’harmonie 
 C’est comme une mosaĂŻque des diffĂ©rents peuples et cultures qui composent notre monde, sauf qu’ici toutes les tonalitĂ©s fonctionnent ensemble, une tonalitĂ© conduisant sans heurt Ă  la suivante, le tout dans un Ă©quilibre parfait. Exactement ce dont notre monde a besoin aujourd’hui ! »

 

 

 

3h30
Bach freestyle puis « Reconstructing Bach », performance électro et vidéo par Marc Romboy & Miki Kekenj

 

 

 

6h30
La pianiste ukrainienne Maria Kulykovska joue les Inventions Ă  deux voix de Johann Sebastian.

LA POLOGNE SOUTIENT L’UKRAINE… Toute la soirĂ©e et au petit matin, le bĂątiment de la Philharmonie de Szczesin affiche les couleurs de l’Ukraine.
L’audience internationale sensibilisĂ©e par la retransmission digitale est invitĂ©e Ă  faire des dons en faveur du peuple ukrainien, en faveur de plusieurs organismes humanitaires, dont MĂ©decins sans FrontiĂšres.

 

 

 

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ukraine-bachaton-classiquenews-szczecin-poland-classiquenewsVOIR en direct BACHathon for UKRAINE – non stop 12h live streaming / Grynyuk × Pilsan × Kulykovska × Filharmonia Szczecin – 4 et 5 juin 2022 :
https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=8HWX2IYy0vw&autoplay=1

 

 

 

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VOIR ICI en direct depuis la Philharmonie de Szczesin (Pologne) :

 

 

 

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PLUS D’INFOS sur le site de la Philharmonie de Szczecin (Pologne) :
https://filharmonia.szczecin.pl/en

 

 

 

 

 

 

HANDEL : Rodelinda (Centenaire Göttingen, 2021 / L. Cummings)

handel-haendel-portrait-classiquenewsARTE, le 5 juin 2022. HANDEL : Rodelinda (Centenaire Göttingen, 2021) – Pour son Ă©dition centenaire 2020 (reportĂ©e pour cause de pandĂ©mie), le Festival Haendel / Handel de Göttingen dĂ©voile vertiges et passions d’un drame mĂ©connu du gĂ©nie Saxon Georg Friedrich Haendel : Rodelinda
 AprĂšs la disparition du roi de Milan, un usurpateur convoite sa veuve
 Rodelinda, la reine des Lombards, pleure son mari Bertarido, disparu Ă  la guerre. Amoureux d’elle, le tyran Grimoaldo monte sur le trĂŽne de Milan laissĂ© vacant, et propose de l’épouser. EndeuillĂ©e, Rodelinda Ă©conduit l’usurpateur, mais ce dernier menace le fils de celle qui se refuse Ă  lui. Ce projet de mariage met en fureur Edvige, sa maĂźtresse, par ailleurs belle-sƓur de Rodelinda, ainsi que
 Bertarido (car le guerrier que l’on croit mort est toujours bien vivant).‹‹Passions humaines 
 CrĂ©Ă© Ă  Londres en 1725, l’opĂ©ra seria, inspirĂ© de la tragĂ©die mĂ©connue “Pertharite ”(1651) de Pierre Corneille, est recrĂ©Ă©e en 1920, et restituĂ© dans sa version moderne pour la premiĂšre Ă©dition du festival de musique baroque de Göttingen, le plus ancien du monde. Rodelinda redĂ©couverte inaugure alors un nouvel engouement en Allemagne pour Haendel.

À l’affiche de l’édition du centenaire 2020, mais annulĂ©e pour cause de crise sanitaire, Rodelinda  est reprise pour lâ€˜Ă©dition 2021. La mise en scĂšne de Dorian Dreher transpose l’action de la Lombardie du VIIe siĂšcle Ă  l’Italie du dĂ©but des annĂ©es 1920, en pleine montĂ©e du fascisme. Avec la soprano britannique Anna Dennis et le contre-tĂ©nor amĂ©ricain Christopher Lowrey, les musiciens de l’Orchestre du festival, dirigĂ©s par Laurence Cummings. Photo : Owen Willetts (Unulfo), Christopher Lowrey (Bertarido) and Anna Dennis (Rodelinda) / © Alciro Theodoro da Silva, 2021.

 

 

gottingen 2021 opera -rodelinda anna davis laurence cummings review annonce classiquenews arte concert

 

 

 

 

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VOIR Rodelinda à Göttingen (2022), le 5 juin 2022, 1h20.
En REPLAY sur ARTEconcert, jusqu’au 2 sept 2022
https://www.arte.tv/fr/videos/090606-000-A/rodelinda/

Avec :

 

 

Anna Dennis (Rodelinda)  -  Christopher Lowrey (Bertarido)‹  -  Thomas Cooley (Grimoaldo)  -  ‹Franziska Gottwald (Eduige)  -  ‹Julien Van Mellaerts (Garibaldo)  -  ‹Owen Willetts (Unulfo)‹  -  Finn Geiges (Flavio)

Mise en scĂšne : Dorian Dreher
Direction musicale : Laurence Cummings
Festspiel Orchester Göttingen – Allemagne – 2021

 

 

Orchestre National de LILLE : Jean-Claude Casadesus joue Shakespeare

shakespeare_portraitLILLE, ON LILLE : 1, 2, 3 et 4 juin 2022. SHAKESPEARE EN MUSIQUE. Weber, Prokofiev, Bruch… Rien de mieux pour vivre le grand frisson symphonique que la geste flamboyante, passionnelle des hĂ©ros crĂ©Ă©s par William Shakespeare. Fondateur de l’Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus nous raconte les plus belles musiques
   Dans Oberon, Weber nous entraĂźne dans le monde enchantĂ© des elfes car ici le roi Oberon en discorde avec la reine Titania crĂ©e 1000 sortilĂšges et vertiges Ă©motionnels avec l’aide du facĂ©tieux Puck
 Le ballet RomĂ©o et Juliette de Prokofiev sublime le mtyhe amoureux des amants de VĂ©rĂŽne, en une partition expresionniste et contrastĂ©e, Ă  la fois Ăąpre et bouleversante, qui cĂ©lĂšbre l’absolu de l’amour malgrĂ© les haines familiales ; avec les LILLE : JC CASADESUS dirige Brahms et Dvorak. Alchimie musicalesĂ©quences tels les Montaigus et Capulets ou la ScĂšne au Balcon, Prokofiev dĂ©peint avec une intensitĂ© exceptionnelle l’ivresse amoureuse pensĂ©e par Shakespeare. En complĂ©ment, le violoniste Renaud Capuçon interprĂšte le Concerto de Max Bruch. Avec son sublime violon Guarneri del GesĂč, le soliste rend vie Ă  une partition avec laquelle Bruch compose pour la premiĂšre fois pour le violon : un premier essai couronnĂ© de succĂšs


LILLE – Auditorium du Nouveau Siùcle
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Mercredi 1er juin 2022 — 20hboutonreservation
Jeudi 2 juin 2022 — 20h
± 1h15 avec entracte

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’Orchestre National de Lille : ici
https://www.onlille.com/saison_21-22/concert/shakespeare-en-musique/

En région

Pas de billetterie O.N.L / billetterie extérieure

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Vendredi 3 juin 2022 — 20h30
Gravelines, ScĂšne Vauban
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Samedi 4 juin 2022 — 20h30
Aix-Noulette, Salle René Gébus

Programme
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WEBER
Oberon, ouverture

BRUCH
Concerto pour violon n° 1

PROKOFIEV
RomĂ©o et Juliette, Suites – extraits

Jean-Claude Casadesu, direction
Renaud Capuçon, violon
Orchestre National de Lille

OPRL, CĂ©sar Franck 2022. ” Jouer Franck fait partie de notre ADN ” (Daniel Weissmann, entretien)

OPRL, CĂ©sar Franck 2022. ” Jouer Franck fait partie de notre ADN “ (Daniel Weissmann, entretien)  -  Pour l’OPRL, l’Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge, 2022 est un grand cru, l’annĂ©e d’une cĂ©lĂ©bration emblĂ©matique de son travail artistique, celle du bicentenaire de CĂ©sar Franck, nĂ© en LiĂšge le 10 dĂ©c 1822. A la mi temps de cette annĂ©e cĂ©lĂ©brative, le directeur de l’Orchestre, Daniel Weissmann dresse un Ă©tat des lieux et souligne combien la musique de Franck porte l’ADN du collectif liĂ©geois. Cette annĂ©e Franck s’annonce comme un jalon important de l’histoire de l’Orchestre. Entretien pour classiquenews.com

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CLASSIQUENEWS : Que reprĂ©sente cette annĂ©e CĂ©sar Franck pour l’Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge ?

DANIEL WEISSMANN : GrĂące Ă  cette annĂ©e CĂ©sar Franck, et la cĂ©lĂ©bration de son bicentenaire, c’est comme si l’Orchestre avait remis en Ă©tat sa propre identitĂ©. La musique de Franck est le socle de notre histoire musicale ; songez que nous avons jouĂ© plus de 100 fois la Symphonie en rĂ© mineur partout dans le monde. C’est notre hymne national ! Le contexte est d’autant plus important pour nous que l’orchestre renouvelle bon nombre de ses effectifs et jouer la musique de Franck, est un dĂ©fi particuliĂšrement formateur pour les jeunes instrumentistes qui nous rejoignent. C’est comme s’ils rejoignaient le Philharmonique de Vienne pour jouer
 Brahms.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quelle idĂ©e vous faĂźtes-vous de l’écriture de CĂ©sar Franck ?

DANIEL WEISSMANN : Certes Franck a fait sa carriĂšre en France, mais nĂ© Ă  LiĂšge, il a su inventer un style qui n’appartient qu’à lui ; moins proche de la musique française (bien qu’il existe des caractĂšres communs avec Chausson par certains cĂŽtĂ©s) que de la musique germanique : ses motifs courts, rĂ©pĂ©tĂ©s ; son principe cyclique ; sa registration proche de son activitĂ© d’organiste chevronnĂ© ; ses fausses modulations, et aussi son Ɠuvre d’architecte, organisant le flux sonore par couches combinĂ©es

 tout cela façonne un style Ă  part, trĂšs facile Ă  reconnaĂźtre. Franck est un chercheur qui n’a cessĂ© de penser la musique ; la forme est moins importante que le chemin ciblĂ©, la direction et le sens qu’il entend suivre.

 

 

CLASSIQUENEWS : vous ĂȘtes en pleines rĂ©pĂ©titions de l’opĂ©ra Hulda, jalon important de cette annĂ©e Franck. Que penser de cette partition ?

DANIEL WEISSMANN : Hulda souligne combien Franck reste influencĂ© par Wagner : dans le chant continu, la puissance de l’orchestre, d’une grande violence tragique ou d’une rare complexitĂ© psychique. Le personnage clĂ© est le rĂŽle-titre : Hulda ; le personnage est conçu pour une soprano dramatique, proche de l’Ariane d’Ariane et Barbe-Bleue de Dukas, ou d’Yseult de Tristan und Isolde de Wagner.

 

 

CLASSIQUENEWS : Quel jugement portez-vous sur le coffret de l’intĂ©grale symphonique de Franck, rĂ©cemment Ă©ditĂ© chez Fuga Libera ?

DANIEL WEISSMANN : Ce coffret reprĂ©sente une somme qui n’avait jamais Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e jusque lĂ . C’est un jalon que nous offrons ainsi Ă  la gĂ©nĂ©ration Ă  venir et pour le prochain centenaire. L’auditeur peut y suivre le travail de l’Orchestre sur plus de 10 ans, depuis les premiers enregistrements de 2009 (avec FX Roth) et 2012 (Ch. Arming), jusqu’à ceux plus rĂ©cents sous la direction de P Bleuse et G Madaras (2021). La recherche qui a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e autour de la version finale de RĂ©demption (rĂ©vĂ©lĂ©e ainsi en premiĂšre mondiale) ajoute Ă  la valeur du coffret ; tout cela permet de fixer une sonoritĂ©, un style, ceux de l’Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge aujourd’hui ; des caractĂšres qui ont permis entre autres, de rĂ©ussir aussi l’exhumation de PsychĂ©, vaste fresque avec choeur, capable de finesse extrĂȘme comme de puissance sensuelle. A l’heure oĂč beaucoup se posent la question du nombre et de la finalitĂ© des orchestres actuels, notre aventure autour de CĂ©sar Franck montre combien il reste crucial pour une phalange comme la nĂŽtre, de dĂ©fendre un style, d’incarner une histoire culturelle forte. D’autant plus que les sessions ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es dans la Salle Philharmonique de LiĂšge qui est un Ă©crin exceptionnel et emblĂ©matique de notre travail. Notre coffret reflĂšte cet objectif. La rĂ©alisation qui en dĂ©coule s’inscrit aux cĂŽtĂ©s de nos prĂ©cĂ©dents enregistrements dĂ©diĂ©s Ă  Jongen, YsaĂże, Dupont.

Propos recueillis en mai 2022

 

 

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PLUS D’INFOS sur Daniel Weissmann, DG de l’OPRL
https://www.oprl.be/fr/orchestre/lequipe/directeur-general

PLUS D’INFOS sur l’OPRL – Orchestre Philharmonique Royal de LiĂšge / tous les concerts CĂ©sar Franck 2022 de sept Ă  dĂ©c 2022 :
https://www.oprl.be/fr

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LIRE aussi notre dossier spécial César Franck 2022
https://www.classiquenews.com/200-ans-de-cesar-franck-1822-2022-dossier-pour-le-bicentenaire-cesar-franck/

 

 

LIRE aussi notre critique du coffret intĂ©grale des Ɠuvres orchestrales de CĂ©sar Franck par l’OPRL Orchestre Philharmonique royal de LiĂšge – CLIC de CLASSIQUENEWS mai 2022 :

franck cesar cd coffret set box complete orchestral works 4 cd fuga libera cd review critique classiquenews CLIC de classiquenewsCD coffret Ă©vĂ©nement, critique. CĂ©sar FRANCK : complete orchestral works / IntĂ©grale symphonique (4 cd Fuga Libera) - CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2022 – Le coffret a le mĂ©rite, intĂ©grale oblige, et aussi le courage de rĂ©tablir certains faits concernant CĂ©sar Franck. Voici le cas exemplaire d’une rĂ©vĂ©lation : Franck atteint une belle maturitĂ© artistique dĂšs son jeune Ăąge, alors prodige du piano, rĂ©cemment naturalisĂ©, Ă©lĂšve au Conservatoire de Paris et maĂźtrisant la forme chambriste et comme ici, l’écriture orchestrale. En tĂ©moignent ses premiĂšres Variations Ă  11 ans (!) ; celles « brillantes » d’aprĂšs l’opĂ©ra Gustave III d’Auber (composĂ©es en 1834, un an aprĂšs la crĂ©ation du drame lyrique) ; le thĂšme de la ronde tirĂ©e de l’acte II dĂ©ploie une libertĂ© de ton et une virtuositĂ© mozartienne toujours inspirĂ©e Ă  laquelle rĂ©pond l’orchestration d’esprit webĂ©rien. A dĂ©faut de savoir si le Concerto n°1 a jamais existĂ© (probable supercherie de Franck pĂšre), le Concerto n°2 du fils saisit lui aussi en 1835, car il dĂ©montre les dĂ©buts franckistes Ă  l’assaut du tout orchestral : la mĂȘme puissance mĂ©lodique et l’ampleur de l’orchestration conçues par l’adolescent de 12 ans (attestant d’ailleurs de son apprentissage Ă©clairĂ© auprĂšs de Reicha) : la carrure beethovĂ©nienne, la pensĂ©e claire d’une architecture impressionnante, l’emportent sur la tentation de Chopin et d’Hummel


https://www.classiquenews.com/cd-coffret-evenement-critique-cesar-franck-complete-orchestral-works-integrale-symphonique-4-cd-fuga-libera/

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TOUS LES EVENEMENTS CĂ©sar Franck Ă  LiĂšge :
https://www.liege.be/fr/vie-communale/services-communaux/culture/actualites/cesar-franck-1822-2022-un-bicentenaire-a-liege

 

 

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FRANCK : Hulda. Les 15, 17 mai, 1er juin 2022. A liĂšge (15 mai), Namur (17 mai) puis Paris (TCE, 1er juin), l’annĂ©e CĂ©sar Franck 2022 vivra l’un de ses temps forts assurĂ©ment avec la recrĂ©ation de l’opĂ©ra Hulda.
hulda cesar franck opera classiquenews recreation opera annee cesar franck 2022 dossier critique operaNĂ© liĂ©geois, CĂ©sar Franck (1882-1885) n’en demeure pas moins le compositeur français le plus dĂ©cisif du XIXĂš romantique, proposant (et rĂ©ussissant) une alternative convaincante au wagnĂ©risme ambiant, propre aux annĂ©es 1880 – 1890 en Europe. Le liĂ©geois sait ainsi renouveler l’opĂ©ra français en assimilant et Wagner et l’efficacitĂ© de l’opĂ©ra verdien. Wagner / Verdi, et si Franck en rĂ©alisait une Ă©loquente et sĂ©duisante synthĂšse ? En version intĂ©grale et de concert, la partition (3Ăš opĂ©ra de l’auteur) Ă©claire l’inspiration dramatique de CĂ©sar Franck, soit la Scandinavie mĂ©diĂ©vale, celle de la sociĂ©tĂ© viking, riche en Ă©pisodes sanglants
 Est ce pour autant une Ɠuvre majeure comme il est annoncĂ© par les producteurs ? L’annĂ©e Franck permet de rĂ©estimer l’écriture de CĂ©sar Franck, en particulier dans le genre lyrique, car sans rĂ©serve, Franck demeure l’un des symphonistes les plus puissant sur le plan dramatique, maĂźtrisant une orchestration particuliĂšrement raffinĂ©e (qui mĂ©riterait d’ailleurs la saveur lĂ©gitime d’un orchestre sur instruments historiques – ce qui n’est pas le cas hĂ©las ici).

https://www.classiquenews.com/cesar-franck-recreation-mondiale-de-hulda-bicentenaire-franck-2022/

 

 

ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS : fantaisies grecques

fantaisies-grecques-concert-orchestre-symphonique-orleans-programme-fantaisies-grecques-annonce-critique-classiquenewsORLÉANS, Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans, 18, 19 juin 2022. Fantaisies grecques – L’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans cĂ©lĂšbre le gĂ©nie de Ludwig van Beethoven (dont 2022 serait en rĂ©alitĂ© la vĂ©ritable annĂ©e marquant le bicentenaire, comme le rappelle aussi la programmation du GSTAAD MENUHIN FESTIVAL 2022 !). On savoure d’autant plus l’opportunitĂ© et la justesse du programme.
C’est un Beethoven romantique certes mais baignĂ© de culture antique grecque qui se prĂ©cise ici : 
 la figure de PromĂ©thĂ©e, pĂšre des hommes, courage incarnĂ©, inspire un ballet dont la suite symphonique souligne le tempĂ©rament nerveux, viril, « attique » de Ludwig. A Vienne fin mars 1801 (le Ballet les CrĂ©atures de PromĂ©thĂ©e est crĂ©Ă© le 28 mars 1801), Beethoven semble prolonger le meilleur Haydn,  et non des moindres : celui de son oratorio, La CrĂ©ation crĂ©Ă© quelques semaines auparavant (1801), manifeste de toute cette Ă©lĂ©gance viennoise dĂ©but de siĂšcle ou vĂ©ritable hymne musical de la Vienne des LumiĂšres, et que le jeune et dĂ©jĂ  gĂ©nial Ludwig dĂ©passe avec un feu rayonnant,  une claire conscience qu’il y Ă©chafaude la musique de l’avenir
MĂȘme maturitĂ© expressive pour la musique de scĂšne des Ruines d’AthĂšnes (composĂ© courant 1811, juste avant la 7Ăš symphonie, le Cto l’Empereur, la sonate Les Adieux
)

À ces » fantaisies grecques » s’ajoute la Fantaisie pour piano, chƓur et orchestre de Beethoven, complĂ©tĂ©e par le Rondo pour piano et orchestre, occasion d’écouter le pianiste MikhaĂŻl Bouzine, laurĂ©at 2020 du Concours International de Piano d’OrlĂ©ans avec lequel l’Orchestre Symphonique d’OrlĂ©ans continue d’entretenir des liens depuis sa crĂ©ation.

 

 

CONCERT «  Fantaisies grecques »boutonreservation
SALLE TOUCHARD – THÉÂTRE D’ORLÉANS
Samedi 18 juin 2022 – 20h30
Dimanche 19 juin 2022 – 16h

RÉSERVEZ VOS PLACES
directement sur le site de l’ORCHESTRE SYMPHONIQUE D’ORLÉANS ici :
http://www.orchestre-orleans.com/concert/fantaisies-grecques/

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Programme

Fantaisies grecques
Direction : Marius Stieghorst  -  ‹ChƓur Symphonique du Conservatoire d’OrlĂ©ans‹ / Chef de chƓur : Élisabeth Renault

BEETHOVEN – Les crĂ©atures de PromĂ©thĂ©e
BEETHOVEN – Les ruines d’Athùnes
NIELSEN – Pan et Syrinx
‹FRANCK – Les Éolides
‹BEETHOVEN – Rondo pour piano et orchestre
BEETHOVEN – Fantaisie pour piano, chƓur et orchestre
(Piano : Mikhaïl Bouzine)

 

 

2022 : l'annĂ©e miraculeuse du Bicentenaire CĂ©sar Franck ?En complĂ©ment, Éole aurait crĂ©Ă© le vent, et ses filles les Éolides, CĂ©sar Franck fĂȘtĂ© en 2022 Ă  l’occasion du bicentenaire de sa naissance (dĂ©c 2022), inspirĂ© par les paysages ventĂ©s de Valence et aussi le poĂšme de Lecomte de Lisle offre le son des filles du vent dasn Les Éolides crĂ©Ă© par la SociĂ©tĂ© Nationale de musique et Edouard Colonne en mai 1877 ; comme Ă  son habitude, l’orchestrateur prĂ©ravĂ©lien ose des timbres clairs et transparents (pour exprimer le souffle, jusqu’à la matiĂšre impalpable mais audible du vent), telle la harpe diamantine colorant, oxygĂ©nant les cordes Ă©oliennes (sans omettre la cymbale qui ajoute son grain filigranĂ© Ă  l’évocation de l’air). Franck offre Ă  son poĂšme symphonique un caractĂšre dĂ©jĂ  prĂ© impressionniste. SensualitĂ© et raffinement sonore rĂ©vĂšlent aujourd’hui le plus français des compositeurs liĂ©geois.

Enfin, trop rare au concert, le symphonisme du danois Carl Nielsen (1865-1931) inspiré par le dieu Pan, ajoute sa singularité nordique.
Pan aurait crĂ©Ă© sa flĂ»te en poursuivant Syrinx pour mieux la sĂ©duire : l’extrĂȘme sensualitĂ© voire un certain Ă©rotisme serait Ă  l’origine mĂȘme du son, du souffle, du chant 
 La vitalitĂ© rythmique, la fluiditĂ© organique de l’écriture rapprochent Nielsen, du finlandais Sibelius et du français Roussel, tous contemporains de Ravel.

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MikhaĂŻl Bouzine… ‹NĂ© Ă  Moscou en janvier 1995, MikhaĂŻl est un homme-orchestre, crĂ©ateur de sons, compositeur d’une musique souvent rĂ©pĂ©titive et envoĂ»tante, il sait ĂȘtre facĂ©tieux, surprenant, dĂ©routant dans ses multiples partitions, comme en tĂ©moigne le cycle qu’il Ă©labore depuis 2012 autour des lettres de l’alphabet cyrillique.

 

 

RÉSERVATIONS
RĂ©servations auprĂšs du ThĂ©Ăątre d’OrlĂ©ans   –   ‹Boulevard Pierre SĂ©gelle – 45000 OrlĂ©ans, ‹du mardi au samedi de 13h Ă  19h.
TEL. : 02 38 62 75 30 (Ă  partir de 14h)

Billetterie en ligne‹ : www.helloasso.com/associations/orleans-concerts

 

 

 

 

PARIS (Gaveau) : Jean-Nicolas DIATKINE joue les transcriptions de Liszt d’aprĂšs Schubert et Wagner

Diatkine jean nicolas piano gaveau JNDPARIS, GAVEAU, Jeu 2 juin 2022. JEAN-NICOLAS DIATKINE, piano. LISZT, SCHUBERT, WAGNER
 RĂ©cital Ă©vĂ©nement autant pour l’artiste engagĂ©, dĂ©fricheur de l’absolu, capable de fouiller jusqu’au trĂ©fonds de l’Ɠuvre, rĂ©vĂ©lant ses pĂ©pites enfouies ; que pour l’instrument aussi car Jean-Nicolas Diatkine a jouĂ© pour l’enregistrement cd du programme, un piano Schiedmayer de 1916, parfaitement restaurĂ© dont le timbre et le format sonore s’accordent au choix des piĂšces abordĂ©es ; Ă  Gaveau, Jean-Nicolas Diatkine jouera un Steinway, le Schiedmayer n’Ă©tant pas transportable.

Le programme reprend pour une large part les Ɠuvres jouĂ©es dans le dernier cd du pianiste : soit plusieurs perles conçues par Schubert et Wagner mais transcrites par le magicien Liszt. La ciselure verbale du lied schubertien, l’extase lyrique wagnĂ©rienne sont ainsi sublimĂ©es par l’écriture du Liszt transcripteur qui dans ce jeu d’adaptation et de relecture, offre au clavier la possibilitĂ© de suggĂ©rer tout en finesse. JN Diatkine prend soin de recueillir et respecter Ă  la lettre les indications du transcripteur, en particulier le recours Ă  la pĂ©dale qui ne dilue pas le contrepoint ni le relief de chaque voix mais permet de dĂ©tacher et articuler (staccato de StĂ€ndchen de Schubert). Le chant multiple des harmonies gagne en force et en suggestion poĂ©tique, d’autant que les plans simultanĂ©s sont restituĂ©s sans dilution.

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PARIS, Salle GAVEAU : RĂ©cital de Jean-Nicolas DIATKINE, pianoboutonreservation
Jeudi 2 Juin 2022 Ă  20h30
SCHUBERT, WAGNER
Transcriptions par Liszt

 

 

TRANSCRIPTIONS MAGICIENNES SUR UN SCHIEDMAYER… Comment la musique peut dire et exprimer les mots de la poĂ©sie ? Jean-Nicolas DIATKINE interroge dans ce programme entre verbe et note, la capacitĂ© de l’instrument Ă  parler et Ă  chanter : « la musique prend alors la place des mots dans l’ordre poĂ©tique, et le serviteur devient roi ».
Dans les piĂšces de ce programme qui aborde l’imaginaire de Schubert et de Wagner, Jean-Nicolas Diatkine prĂ©cise : « Dans ses transcriptions des lieder de Schubert, Liszt a tenu Ă  faire imprimer, au-dessus de la portĂ©e, le texte du poĂšme mis en musique. Il donne par ce moyen Ă  l’interprĂšte de prĂ©cieuses indications sur le phrasĂ© et l’accentuation qu’il dĂ©sire ».
Illusionniste, Liszt transcripteur opĂšre une sublimation de Schubert et de Wagner en touchant au plus prĂšs l’essence des partitions originelles. Au service des opĂ©ras de Wagner, leur ampleur et leur puissance onirique comme leur acuitĂ© psychologique, le piano de Liszt devient symphonique, Ă  l’écoute des passions des hĂ©ros wagnĂ©riens. Il reste Ă  l’imaginaire du pianiste d’en exprimer la sincĂ©ritĂ© comme la justesse poĂ©tique. RĂ©cital Ă©vĂ©nement.

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Programme :

Schubert-Liszt : Sélection de mélodies transcrites pour piano
(Dont Le Roi des Aulnes, Marguerite au rouet, Ave Maria, SĂ©rĂ©nade…)

Liszt : Ballade n°2

Wagner-Liszt : Transcriptions d’opĂ©ras
Le Choeur des PÚlerins (TannhÀuser)
Le rĂȘve d’Elsa (Lohengrin)
L’admontion de Lohengrin (Lohengrin)
La mort d’Isolde (Tristan et Isolde)
La Marche Solennelle vers le Saint-Graal (Parsifal)

 

 

RÉSERVEZ VOS PLACES directement sur le site de la Salle Caveau, ici

 

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Le programme du rĂ©cital Ă  Gaveau ce 2 juin 2022 reprend le cycle des piĂšces enregistrĂ©es par Jean-Nicolas Diatkine dans son nouvel album : FRANZ LISZT : Schubert and Wagner Transcriptions – Ballade n°2 – 1 cd Solo MUSICA

 

 

 

 

 

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VOIR : Jean-Nicolas DIATKINE joue Schubert-Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen “: https://youtu.be/ccGdyNl2LTw

 

 

 

 

 

 

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TEASER VIDEO : Jean-Nicolas Diatkine joue Schubert revu par Liszt : ” Auf dem Wasser zu singen ” :

 

 

 

RAMEAU : Guerre & Paix, lancement digital. Entretien avec Bruno Procopio, fondateur du JOR Jeune Orchestre Rameau

ENTRETIEN avec BRUNO PROCOPIO, chef fondateur du JOR, Jeune Orchestre Rameau qu’il a fondĂ© en octobre 2021 – Chef et instrumentistes jouent au plus juste la musique du gĂ©nial auteur d’Hippolyte et Aricie, des BorĂ©ades ou de PlatĂ©e. Avec le concours de la musicologue Sylvie Buissou, ils offrent aujourd’hui le programme inĂ©dit « Guerre & Paix », ample fresque purement orchestrale qui rappelle par l’intelligence des couleurs, le festival des timbres, l’architecture expressive, la science sous le naturel combien Rameau est Ă  l’époque des LumiĂšres, l’inventeur de l’orchestre français. En rĂ©unissant plus de 50 instrumentistes, le maestro dĂ©voile aussi le son et les proportions comme les justes Ă©quilibres tels que l’auteur de Dardanus, de Castor et Pollux ou des Sybarites a pu les connaĂźtre Ă  son Ă©poque : jouer Rameau est un dĂ©fi dĂ©sormais relevĂ©. Bruno Procopio s’est donnĂ© les moyens d’en rĂ©aliser les prodiges. Pour preuve, 30 mn du concert inaugural « Guerre et Paix », diffusĂ© uniquement en digital, ce 27 mai 2022, 30 mn d’accomplissement et d’essor symphonique absolu. Entre explication et rĂ©vĂ©lations, Bruno Procopio explique les coulisses de ce projet hors normes qui bouleverse dĂ©sormais notre connaissance rĂ©elle de l’écriture ramĂ©lienne.

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Nouvelle révolution baroque en France : le JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU
53 instrumentistes ressuscitent l’orchestre de Rameau

 

 

 

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CLASSIQUENEWS : Pourquoi avoir crĂ©Ă© aujourd’hui le Jeune Orchestre Rameau JOR ?

BRUNO PROCOPIO : La pĂ©riode de la PandĂ©mie m’a offert l’opportunitĂ© d’une pause trĂšs constructive ; cette premiĂšre annĂ©e de pause m’a permis de dĂ©velopper les projets les plus intimes, les plus difficiles, ceux qui nĂ©cessitent plus de temps comme le lancement du Jeune Orchestre Rameau et l’enregistrement des Variations Goldberg. Rameau est mon compagnon de tous les jours ; la beautĂ© de sa musique me guide dans l’avancement de cette vie pleine d’alĂ©as. Un autre facteur important Ă©tait la rencontre d’une salle exceptionnelle dont l’orchestre est dĂ©sormais en rĂ©sidence : la Boiserie de Mazan (Vaucluse).

Rameau est sans doute le plus grand compositeur du XVIIIĂšme en France ; son Ɠuvre n’est pas encore dĂ©voilĂ©e au complet, plusieurs pages sont encore manuscrites ou en restauration au sein de l’édition Opera Omnia. C’est justement grĂące au soutien de Sylvie Bouissou, docteur en musicologie et directrice des Ă©ditions Rameau – Opera Omnia, que cette aventure Rameau peut exister.

Mon objectif est de rĂ©unir les meilleurs instrumentistes de la nouvelle gĂ©nĂ©ration, les plus passionnĂ©s, pour dĂ©fendre une interprĂ©tation novatrice. Cela commence par l’effectif de l’orchestre : nous sommes 53 musiciens sur le plateau, le mĂȘme effectif dont disposait Rameau Ă  l’AcadĂ©mie Royale de Musique en 1750.

Je souhaite avoir le temps de faire travailler l’orchestre, avoir le temps de dĂ©voiler Ă  tous les musiciens les secrets cachĂ©s de l’Art de Rameau. Cela passe par l’analyse de l’harmonie et une recherche plus personnelle concernant la vocalitĂ© de cette musique. L’Art de Rameau est l’un de plus personnels au XVIIIĂšme siĂšcle. Rameau utilise tous les carcans de son Ă©poque Ă  savoir la danse, la tragĂ©die lyrique mais il incorpore une touche unique par un sens poussĂ© de l’harmonie et une volontĂ© de dĂ©peindre la nature. Il ne s’agĂźt pas de simples effets Ă©voquant entre autres le ramage des oiseaux, Rameau souhaite cristalliser l’essence pour rendre en musique ce que serait pour lui la quintessence des Ă©lĂ©ments, qu’ils soient naturels ou humains.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Qu’apporte le JOR sur le plan sonore et pour la meilleure comprĂ©hension de Rameau ?

BRUNO PROCOPIO : Les effectifs préconisés par Rameau sont impressionnants ; pour cet orchestre à 53 musiciens, nous avions 11 violoncelles, tous les vents ont été doublés par deux, à savoir 4 hautbois, 4 bassons, etc.
On perçoit la volontĂ© d’avoir un pupitre de basse important, presque de la mĂȘme taille que celle des instruments aiguĂ«s (dessus) ; cela donne aux basses un double rĂŽle encore peu exploitĂ©, Ă  savoir l’opportunitĂ© d’ĂȘtre entendu Ă  part Ă©gale aux instruments dits mĂ©lodiques. Dans mon travail de chef, j’ai demandĂ© Ă  tous les musiciens du pupitre de basse, de comprendre vocalement leurs parties en plus de leur rĂŽle de basse fondamentale. Ce travail a rendu l’orchestre plus riche et a fait dĂ©gager une complexitĂ© insoupçonnĂ©e, par exemple dans les petites danses que l’on concevait uniquement allĂ©goriques ou pour ĂȘtre mises en chorĂ©graphies. (NDLR : Ă©coutez ici la plage 10 du programme Guerre et Paix : « Air pour les Muses, Temple de la Gloire, le dialogue entre les pupitres des violoncelles et des flĂ»tes, tout aussi chantant l’un et l’autre).

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Comment vous inscrivez-vous par rapport aux orchestres baroques déjà existants ?

BRUNO PROCOPIO : Nous sommes un orchestre formĂ© uniquement par des jeunes instrumentistes ; notre orchestre reçoit de musiciens de plus de 18 pays, venus de plusieurs Ă©coles. Cette variĂ©tĂ© de cultures est un cas unique ; par consĂ©quent, je dois modeler le son, je dois fĂ©dĂ©rer. Aucun musicien de cette gĂ©nĂ©ration n’avait encore jouĂ© Rameau dans une formation aussi nombreuse ; donc la curiositĂ©, l’enthousiasme et la diversitĂ© sont les piliers de ma dĂ©marche orchestrale.

Nous sommes entourĂ©s par de grands professeurs de rĂ©fĂ©rence ; chaque chef de pupitre apporte sa vision ; nous construisons un orchestre en favorisant la transversalitĂ© des expĂ©riences ; les musiciens ne sont pas lĂ  pour Ă©couter religieusement le chef. Cette libertĂ© de parole, qui fait le fondement mĂȘme de ce laboratoire d’excellence, est le moteur du projet.

 

 

CLASSIQUENEWS : En quoi la musique de Rameau se prĂȘte-t-elle Ă  une telle aventure Ă  la fois humaine, artistique, scientifique et pĂ©dagogique ?

BRUNO PROCOPIO : Scientifique et pĂ©dagogique c’est simple, la musique de Rameau regorge encore de pages monumentales Ă  dĂ©couvrir, les Ă©quipes des Ă©ditions Rameau sont lĂ  pour nous aiguiller vers de prochaines dĂ©couvertes. La difficultĂ© et la complexitĂ© de sa musique sont une matiĂšre sans fin pour le plongeon pĂ©dagogique. Par contre l’aventure humaine et artistique dĂ©pend du projet et des personnes impliquĂ©es. Le JOR invite des professionnels et des spĂ©cialistes dans plusieurs matiĂšres (administrateurs de la culture, rencontre avec la presse et musicologues, enregistrement de disque avec les meilleurs ingĂ©nieurs du son du marchĂ©), le tout dans une salle adaptĂ©e aux dimensions symphoniques.

Il est encore possible d’avoir une dĂ©marche historiciste de recherche musicale ! En cela, la musique de Rameau offre une matiĂšre inĂ©puisable. Il y a beaucoup Ă  faire concernant la technique de jeu, la pratique orchestrale, le rapport Ă  la danse, la comprĂ©hension de ses subtilitĂ©s harmoniques. Rameau reste encore un compositeur Ă  dĂ©couvrir ! J’ai l’impression que Rameau souffre d’une posture actuelle qui ne lui est pas forcement favorable ; je vois actuellement une tendance au dĂ©foulement, le croisement forcĂ©es des cultures, une volontĂ© de divertissement superficiel au dĂ©triment du vĂ©ritable amusement, tout cela affecte et amenuise l’enivrement que peut causer la musique de Rameau en elle-mĂȘme. Comme sa musique est variĂ©e et unique, on se permet actuellement tout sorte d’insertions parfois superficielles par rapport au potentiel intrinsĂšque des Ɠuvres ; Ă  mon avis nul besoin de chercher Ă  l’extĂ©rieur, dans ses ouvrages il y a tout.

 

 

 

CLASSIQUENEWS : Avez-vous une anecdote, un souvenir clé au moment de cet enregistrement ?

BRUNO PROCOPIO : Dans l’une des piĂšces du programme, Air pour les Lutteurs (Les Sybarites / plage 9 du programme digital dĂ©voilĂ© ce 27 mai 2022), deux Ă©lĂ©ments du langage musical me paressaient Ă©trange : quelques mesures de la partie d’Alto semblaient erronĂ©es, dĂ©placĂ©es rythmiquement du discours. Des notes graves de basses appuyĂ©es dans les temps faibles semblaient Ă©galement dĂ©placĂ©es. GrĂące aux explications de Sylvie Bouissou sur la fĂ©rocitĂ© des crotoniates et la spĂ©cificitĂ© de leur luttes guerriĂšres, ces mesures qui semblaient erronĂ©es sont devenues le moteur mĂȘme du discours. VoilĂ  une beau travail d’équipe entre les musiciens et les musicologues
. Car chez Rameau, rien n’est laissĂ© au hasard. Tout fait sens. A nous de le retrouver.

Propos recueillis en mai 2022

 

 

 

 

 

 

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JOR-mai-22-582-UNE-carreLANCEMENT DIGITAL… Le 27 mai 2022, lancement digital du programme Guerre & Pais – extraits symphoniques des opĂ©ras de Jean-Philippe Rameau – sĂ©lection de 30 mn – LIRE notre prĂ©sentation du concert digital :
http://www.classiquenews.com/baroque-revolutionnaire-guerre-et-paix-jor-bruno-procopio/

Guerre et Paix – Suite Symphonique conçue par Sylvie Bouissou et Bruno Procopio – Commande du Jeune Orchestre Rameau JOR – Jeune Orchestre Rameau – Bruno Procopio, direction

Formation orchestrale : 52 musiciens
Chef d’orchestre
4 flûtes (traverso /piccolo)
4 hautbois
4 bassons
1 trompette
16 violons (8 premiers et 8 seconds)
6 altos (jouant les parties de hautes-contre et tailles de violon)
11 violoncelles
1 contrebasse
2 clavecins
1 timbale
1 percussion

 

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Le programme Guerre et paix a été créé à Mazan, le 31 oct 2021 / LIRE la critique du concert sur classiquenews
Naissance du JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU !CRITIQUE, concert. MAZAN, dim 31 oct 2021. RAMEAU : Suite symphonique « Guerre et Paix » (crĂ©ation), JOR Jeune Orchestre Rameau, Bruno Procopio, direction. Il est nĂ© le divin JOR ! De concert et dans une entente toute en complicitĂ©, le chef franco-brĂ©slien Bruno Procopio et la musicologue Sylvie Bouissou ont conçu un programme Ă©minemment symphonique qui sĂ©lectionne plusieurs extraits d’opĂ©ras de Jean-Philippe Rameau : ouvertures, danses, intermĂšdes divers (tempĂȘte,
), mais avec la cohĂ©rence d’une dramaturgie dont le titre Ă©claire les caractĂšres successifs « guerre et paix ». Ce diptyque est un vrai dĂ©fi pour les instrumentistes rĂ©unis sous la baguette du maestro, fondateur ainsi de son propre orchestre : le JOR pour Jeune Orchestre Rameau : une nouvelle phalange dĂ©diĂ©e uniquement Ă  l’interprĂ©tation des Ɠuvres du Dijonais et qui ce dimanche 31 octobre vit son baptĂȘme officiel.
http://www.classiquenews.com/critique-concert-mazan-dim-31-oct-2021-rameau-suite-symphonique-guerre-et-paix-creation-jor-jeune-orchestre-rameau-brun-procopio-direction/

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Programme original complet « Guerre & Paix »
Version sans entracte : Durée du programme 1h15

1. NaĂŻs, Ouverture
2. Dardanus, 1744, IV, Bruit de guerre
3. Castor et Pollux, II, 5, Premier et deuxiĂšme airs pour quatre AthlĂštes
4. Castor et Pollux, II, 5, Premier et deuxiĂšme airs pour une Spartiate
5. Castor et Pollux, I, 6, Combat
6. Hippolyte et Aricie, 1742, I, 4, Tonnerre (inédit)
7. Les Indes galantes, Le Turc généreux, sc. 6, Air pour les Esclaves africains
8. Les Indes galantes, Prologue, Air pour deux Polonais
9. Dardanus, III, 3, Entrée des Guerriers
10. Dardanus, 1739, Air pour les Guerriers et les Phrygiens
11. Les Sybarites, L’Amour amĂšne Mars (inĂ©dit)
12. Les Sybarites, Air pour les Lutteurs Crotoniates
13. Les Indes galantes, Les Sauvages, Chaconne pour tous les Peuples

14. Les Surprises de l’amour, AnacrĂ©on, Sommeil d’AnacrĂ©on
15. Platée, 1745, I, Orage
16. Les Boréades, III-IV, Suite des Vents
17. Le Temple de la Gloire, Aire tendre pour les Muses
18. Les Sauvages, danse du grand calumet de la paix pour les Sauvages
19. Les Boréades, IV, 4, Entrée de Polymnie
20. Dardanus, 1739, III, 4, Air pour une Spartiate
21. Dardanus, 1739, III, 4, Tambourins
22. Dardanus, 1744, Chaconne

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PLUS D’INFOS sur le site du JOR Jeune Orchestre Rameau
http://jeuneorchestrerameau.com/bruno_procopio/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BAROQUE révolutionnaire. GUERRE et PAIX : JOR, Bruno Procopio

JOR-mai-22-582-UNE-carreBAROQUE rĂ©volutionnaire : Le JOR / Bruno Procopio ressuscitent l’orchestre de RAMEAU. CrĂ©Ă© en oct 2021 Ă  Mazan (Vaucluse), lĂ  mĂȘme oĂč est toujours palpable la trace des derniers descendants de Rameau, le JOR pour JEUNE ORCHESTRE RAMEAU s’est imposĂ© dĂšs son lancement telle une phalange exceptionnelle, capable de dĂ©voiler le son de l’orchestre de Jean-Philippe Rameau. FidĂšle aux instruments d’époque, aux effectifs tels que l’a connu Rameau Ă  l’AcadĂ©mie royale de musique, parfait connaisseur des pratiques historiques, le chef (et claveciniste) Bruno Procopio est dĂ©tenteur d’un mĂ©tier unique aujourd’hui, qui propose une vision renouvelĂ©e de la musique française des LumiĂšres ; le maestro reconstitue cet orchestre mythique qui fut celui des opĂ©ras du plus grand gĂ©nie du XVIIIĂš : Jean-Philippe Rameau.

JOR-JEUNE-ORCHESTRE-RAMEAU-BRUNO-PROCOPIO-jean-philippe-rameau-classiquenewsD’Hippolyte et Aricie (1733) aux BorĂ©ades (1764), son premier et son dernier ouvrage lyrique, Rameau Ă©blouit pendant 30 annĂ©es l’horizon musical en Europe ; il n’a pas seulement rĂ©volutionnĂ© l’opĂ©ra français ; sa conception du drame lyrique, les formes nouvelles entre thĂ©Ăątre et ballet, jusqu’à la veine comique qu’il sublime (PlatĂ©e, 1745), offrent aussi une vision inĂ©dite de l’univers : passion des hommes, et Ă©pisodes de musique pure qui exprime le souffle des Ă©lĂ©ments et une conscience assumĂ©e de la Nature, de ses effets climatiques. L’universalisme des LumiĂšres est incarnĂ© par la musique de Rameau. En fondant son propre orchestre sur instruments historiques, Bruno Procopio rĂ©alise un projet prĂ©parĂ© de longue date, c’est un Ă©vĂ©nement qui bouleverse le paysage baroque europĂ©en.

JOR Jeune Orchestre Rameau :
Bruno Procopio fonde son propre orchestre pour jouer Rameau

 

 

L’Orchestre de Rameau enfin rĂ©vĂ©lĂ© !

 

 

BOUISSOU SYlvie RAMEAU portrait concert critique Jean Philippe Rameau JOR Jeune Orchestre RameauEn 2022, le JOR Ă©clairĂ© par la connaissance des scientifiques dont la recherche inestimable orchestrĂ©e par Sylvie Bouissou (musicologue, biographe de Rameau et premiĂšre spĂ©cialiste du compositeur en France) propose avec « GUERRE ET PAIX », l’interprĂ©tation de piĂšces scrupuleusement choisies ; leur enchaĂźnement compose dĂ©sormais le premier programme orchestral rĂ©vĂ©lant le travail du chef et des musiciens rĂ©unis Ă  Mazan, au terme d’une premiĂšre acadĂ©mie qui s’est dĂ©roulĂ©e en oct 2021. Voir le REPORTAGE VIDEO – L’Orchestre de Rameau rĂ©vĂ©lĂ© par le JOR Ă  Mazan, oct 2021 / rĂ©alisĂ© par classiquenews, soulignant les apports de cette formidable aventure Ă  la fois humaine, artistique, pĂ©dagogique, scientifique.

 

 

 

DÉCOUVRIR L’ALBUM sur spotify :
https://open.spotify.com/album/37ou5168uxmyJrY4EO7aDK?si=RQUz2q-fTLK2obycBBIhfA

 

BRUNO PROCOPIO Crée son propre orchestre, le JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU

 

 

 

PARUTION DIGITALE du programme « guerre & paix »
JOR-mai-22-582-UNE-carreCe vendredi 27 mai 2022, paraĂźt sous format uniquement digital, le programme « Guerre et Paix », conçu par Sylvie Bouissou et Bruno Procopio, soit 12 piĂšces qui sont de vĂ©ritables joyaux orchestraux, – premier volet d’une longue sĂ©rie dĂ©voilant aujourd’hui comment sonnait le formidable orchestre de Jean-Philippe Rameau : pupitres de cordes Ă©largie (11 violoncelles !), flĂ»tes, hautbois, bassons restituĂ©s dans leur format originel, percussions et cuivre (trompette) recalibrĂ©s : Rameau symphoniste nous est rĂ©vĂ©lĂ©, tel le plus grand gĂ©nie français, orfĂšvre des timbres, poĂšte des couleurs et dramaturge hors pair, poursuivant Lully, et annonçant Berlioz, Debussy, Ravel. L’orchestre français est nĂ© avec Rameau. Bruno Procopio nous en dĂ©voile aujourd’hui, les justes proportions, l’éloquente architecture avec une Ă©nergie et des nuances inĂ©dites. Le programme est Ă©lu « CLIC » de CLASSIQUENEWS, rĂ©vĂ©lation baroque, printemps 2022.

 

 

 

 

 

CONCERT « Guerre & Paix » :
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JOR Jeune Orchestre Rameau
Bruno Procopio, direction

 

 

Programme du concert digital,
enregistrĂ© Ă  Mazan, Vaucluse en oct 2021 – durĂ©e : 30 mn :

1 – NaĂŻs, RCT 49, Prologue, Ouverture
2- Dardanus, RCT 35B (1744 Version), IV: Bruit de guerre
3- Castor et Pollux, RCT 32, Act II scĂšne 5, Premier air pour quatre AthlĂštes
4- Castor et Pollux, RCT 32, Act II scĂšne 5, DeuxiĂšme air pour deux femmes spartiates et deux AthlĂštes
5- Castor et Pollux, RCT 32, Act II scĂšne 2, Premier et DeuxiĂšme air pour une Spartiate
6- Hippolyte et Aricie, RCT 43 (Revised 1742), Act I scĂšne 4, Tonnerre
7- Les Indes galantes, RCT 44, scĂšne 6, Le Turc gĂ©nĂ©reux – Air pour les Esclaves africains
8- Les Sybarites, RCT 57, Air pour l’Amour qui amùne Mars
9- Les Sybarites, RCT 57, Air pour les Lutteurs crotoniates
10- Le Temple de la Gloire, RCT 59, Air pour les Muses
11- Dardanus, RCT 35A, Act III scĂšne, IV: Tambourins
12- Dardanus, RCT 35B (1744 Version), Chaconne

 

 

 

 

 

ENTRETIEN EXCLUSIF avec Bruno Procopio, maestro défricheur

ENTRETIEN avec BRUNO PROCOPIO, chef fondateur du JOR, Jeune Orchestre Rameau qu’il a fondĂ© en octobre 2021 – Chef et instrumentistes jouent au plus juste la musique du gĂ©nial auteur d’Hippolyte et Aricie, des BorĂ©ades ou de PlatĂ©e. Avec le concours de la musicologue Sylvie Buissou, ils offrent aujourd’hui le programme inĂ©dit « Guerre & Paix », ample fresque purement orchestrale qui rappelle par l’intelligence des couleurs, le festival des timbres, l’architecture expressive, la science sous le naturel combien Rameau est Ă  l’époque des LumiĂšres, l’inventeur de l’orchestre français. En rĂ©unissant plus de 50 instrumentistes, le maestro dĂ©voile aussi le son et les proportions comme les justes Ă©quilibres tels que l’auteur de Dardanus, de Castor et Pollux ou des Sybarites a pu les connaĂźtre Ă  son Ă©poque : jouer Rameau est un dĂ©fi dĂ©sormais relevĂ©. Bruno Procopio s’est donnĂ© les moyens d’en rĂ©aliser les prodiges. Pour preuve, 30 mn du concert inaugural « Guerre et Paix », diffusĂ© uniquement en digital, ce 27 mai 2022, 30 mn d’accomplissement et d’essor symphonique absolu. Entre explication et rĂ©vĂ©lations, Bruno Procopio explique les coulisses de ce projet hors normes qui bouleverse dĂ©sormais notre connaissance rĂ©elle de l’écriture ramĂ©lienne.

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Nouvelle révolution baroque en France : le JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU
53 instrumentistes ressuscitent l’orchestre de Rameau

 

 

 

bruno-procopio-j-o-r-jeune-orchestre-rameau-concert-lancement-digital-guerre-et-paix-sylvie-buissou-concert-classiquenews

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Approfondir

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BOUISSOU SYlvie RAMEAU portrait concert critique Jean Philippe Rameau JOR Jeune Orchestre RameauJOR, JEUNE ORCHESTRE RAMEAU. Entretien avec la musicologue spĂ©cialiste de Rameau, Sylvie Bouissou Ă  l’occasion de la crĂ©ation du Jeune Orchestre Rameau. Aux cĂŽtĂ©s du chef Bruno Procopio qui a fondĂ© l’orchestre, Sylvie Bouissou apporte sa connaissance de Rameau, permettant aux jeunes instrumentistes choisis et embarquĂ©s dans l’aventure de se familiariser avec l’une des Ă©critures baroques les plus fascinantes et les plus exigeantes. D’autant plus que l’orchestre, comme une phalange laboratoire qui ne s’interdit aucune limite, est ainsi amenĂ© Ă  jouer des partitions inĂ©dites et des programmes spĂ©cialement conçus pour lui : prochaine session les 30 et 31 octobre 2021 Ă  Mazan (Vaucluse) oĂč le public pourra Ă©couter le premier programme symphonique dĂ©fendu par les quelques 50 jeunes instrumentistes prĂȘts Ă  relever tous les dĂ©fis. Car pour l’instrumentiste, il n’existe pas de musique aussi difficile que celle du Dijonais : une expĂ©rience formatrice particuliĂšrement riche dans l’acquisition du mĂ©tier
 Entretien exclusif pour CLASSIQUENEWS, rĂ©alisĂ© en juin 2021.

 

 

JOR-jeune-orchestre-Rameau-bruno-procopio-affiche-concert-31-oct21VOIR notre REPORTAGE VIDEO – Le JOR / Bruno Procopio ressuscitent l’orchestre de Jean-Philippe RAMEAU : / REPORTAGE. Bruno PROCOPIO crĂ©e et dirige le JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU  -  Fin octobre 2021, le claveciniste et chef d’orchestre, Bruno Procopio dirige son propre orchestre sur instruments historiques, le JOR JEUNE ORCHESTRE RAMEAU, nouvelle phalange de 53 instrumentistes, venus de 23 pays diffĂ©rents. Exclusivement dĂ©diĂ© Ă  l’interprĂ©tation des partitions de JEAN-PHILIPPE RAMEAU, le JEUNE ORCHESTRE RAMEAU est une formidable aventure pĂ©dagogique, scientifique, artistique, humaine au service de Rameau, gĂ©nie musicien du XVIIIĂš, dont l’Ɠuvre est la source de l’orchestre français Ă  l’époque des LumiĂšres – reportage exclusif par le studio CLASSIQUENEWS.TV – rĂ©alisation : Philippe-Alexandre Pham © CLASSIQUENEWS 2022

 

CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement : Godowsky / Bach – Cello Suites. Dimitri Papadopoulos, piano (1 cd Klarthe records – juil 2021).

KLA144 klarthe papadopoulos godowski bach critique cd classiquenewsCRITIQUE CD Ă©vĂ©nement : Godowsky / Bach – Cello Suites. Dimitri Papadopoulos, piano (1 cd Klarthe records – juil 2021)  -  Ici rayonne le jeu souverain de « Mr God » : le dieu vivant du clavier des annĂ©es 1910-1920, – entendez Leopold Godowski (1870-1938), pianiste virtuose, le mieux payĂ© de tous les instrumentistes de son Ă©poque, dont la technique subjugua jusqu’au grand Arthur Rubinstein ; et qui compta parmi ses Ă©lĂšves, Jorge Bolet ou Heinrich Neuhaus – ses transcriptions d’aprĂšs les Suites pour violoncelles de JS Bach (1923) occupent le programme de ce disque ambitieux, solidement dĂ©fendu par le jeu carrĂ©, articulĂ© du franco-amĂ©ricain Dimitri Papadopoulos. Comme ses Transcriptions d’aprĂšs les 53 Ă©tudes de Chopin, les Suites de Bach version Godowski, saisissent par l’intelligence re-crĂ©ative du pianiste compositeur transcripteur, par ses stratĂ©gies digitales pour exprimer l’architecture et la pensĂ©e de Bach. Harmonie et contrepoint Ă©tant particuliĂšrement soignĂ©s dans l’écriture, parfois « amplifiĂ©s et suaves, dans le goĂ»t de l’époque », comme le souligne justement Dimitri Papadopoulos, dans la notice / prĂ©sentation.

Dimitri Papadopoulos dévoile le génie transcripteur de Godowski

3 Transcriptions géniales de Mr God

Il ne fallait pas moins que le spectaculaire piano imaginĂ© par le facteur français Stephen Paulello (l’opus 102 pour ses 102 touches au lieu des 88 standard), joyau et miracle sonore, instrument phare dans l’écrin de son auditorium Ă  Villethierry ) pour Ă©clairer de l’intĂ©rieur la force et la prĂ©cision des transcriptions de Godowski : les 3 Suites ainsi « sublimĂ©es » par son jeu pianistique sidĂ©rant, sa comprĂ©hension fine, imaginative et respectueuse du texte de Bach, captivent au clavier par leur ampleur et leur ambition architecturale, leur prouesse polyphonique, la complexitĂ© naturelle de l’écriture qui profite Ă©videmment de la clartĂ© des registres, de la longueur de son
 permis par l’instrument, merveille de la facture française actuelle. « Transparence, stabilitĂ©, aĂ©ration des plans sonores » 
 on ne peut que souscrire ; autant de qualitĂ©s et possibilitĂ©s techniques et sonores qui permettent une spatialisation lumineuse qui cĂ©lĂšbre in fine l’inventivitĂ© impĂ©riale de l’inĂ©galable bĂątisseur Bach. Godowski, convaincu par la nĂ©cessitĂ© de l’enregistrement comme des vertus de la technologie, n’aurait pas Ă©cartĂ© cette lecture Ă  la fois limpide et prĂ©cise, puissante et expressive mais nuancĂ©e et souvent idĂ©alement intĂ©riorisĂ©e. L’engagement du pianiste dĂ©montre sans rĂ©serve que transcription signifie recrĂ©ation.

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CLIC D'OR macaron 200CRITIQUE CD Ă©vĂ©nement : Godowsky / Bach – Cello Suites. Dimitri Papadopoulos, piano Paulello « Opus 102 » (1 cd Klarthe records – enregistrĂ© au studio Paulello, Villethierry – juil 2021). CLIC de CLASSIQUENEWS printemps 2022.

Plus d’infos sur le site de l’éditeur KLARTHE records :
https://www.klarthe.com/index.php/en/records-en/godowsky-bach-cello-suites-detail

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Programme :

Godowsky – Bach
Cello Suite II – BWV 1 008
Cello Suite III – BWV 1 009
Cello Suite V – BWV 1 011

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VOIR le CLIP / reportage / entretien : Les Suites pour violoncelle de Bach, version GODOWSKY par Dimitri Papadopoulos :
 

 

 

 

 

CRITIQUE CD. MĂ©lanie BrĂ©gant : ACCORGUEON : Mendelssohn, Franck, BoĂ«llmann, Escaich
 ( 1 cd Klarthe records) – MĂ©lanie BrĂ©gant

KLA133 melanie bregant accorgueon klarthe records critique classiquenews  cd critique CLIC classiquenewsCRITIQUE CD. MĂ©lanie BrĂ©gant : ACCORGUEON : Mendelssohn, Franck, BoĂ«llmann, Escaich
 ( 1 cd Klarthe records)MĂ©lanie BrĂ©gant dĂ©montre ici combien le clavier portatif n’a rien Ă  envier au colossal orgue pour lesquelles les piĂšces sĂ©lectionnĂ©es ont Ă©tĂ© conçues originellement. D’emblĂ©e, la transcription pour l’orgue Ă  bretelles n’entame en rien leur expressivitĂ©, leur gravitas, leur justesse comme leur pouvoir d’évocation : la distribution / rĂ©partition entre les voix et les mains, les options de registrations opĂšrent une adaptation depuis l’architecture originelle qui est in fine enrichissement et non appauvrissement.
D’abord les 3 premiers morceaux d’une presque Ă©gale durĂ©e autour de 8 mn forme comme un triptyque « bachien »; deux romantiques faisant rĂ©vĂ©rence au dieu Jean-SĂ©bastien, leur art dĂ©coulant de la source baroque


L’accordĂ©oniste dĂ©voile chez Mendelssohn une ampleur habitĂ©e, d’une Ă©loquence sereine, lumineuse, confiante ; la variation est d’une souplesse vivace aux phrasĂ©s admirablement maĂźtrisĂ©s sur l’ensemble du spectre sonore, soit 7 octaves (!).
Chez Franck, s’affirme un mĂȘme calme olympien dont la profondeur voire la gravitĂ© (les fabuleux graves de l’accordĂ©on de concert, ou « basses pĂ©dales » sollicitĂ©es Ă  la main gauche) montre combien le liĂ©geois français a su recueillir et transcender l’art contrapuntique de Bach L’accordĂ©on par sa richesse harmonique et l’art des nuances de l’interprĂšte Ă©gale le spectre expressif du piano – comme on dit piano cathĂ©drale et piano orgue, l’accordĂ©on rivalise avec les claviers les plus impressionnants et spectaculaires (la fugue prĂ©cise, sobre, droite comme hallucinĂ©e, suspendue
).
Source inĂ©puisable, la passacaille de JS Bach semble surgir des trĂ©fonds mystĂ©rieux puis flotter entre solennitĂ© et gravitĂ©, en une traversĂ©e nocturne explorant les profondeurs d’un autre-monde.
La Suite « Gothique » de BoĂ«llmann (lui-mĂȘme organiste, fervent admirateur de Franck) Ă©tend les mĂȘmes rĂ©sonances graves, d’une longueur de son impĂ©riale (PrĂ©lude initial) ; le Menuet enjouĂ©, lĂ©ger, badine ; la priĂšre Ă  Marie caresse, rassĂ©rĂšne par sa douceur qui rayonne ; avant que la toccata n’hypnotise par sa coupe prĂ©cise, ses syncopes agiles qui flottent, aĂ©riennes


CLIC D'OR macaron 200Le jeu de MĂ©lanie BrĂ©gant force l’admiration car Ă  la sensibilitĂ© de l’interprĂšte s’ajoute aussi l’intelligence des choix opĂ©rĂ©s pour rĂ©ussir la transcription de l’orgue Ă  l’accordĂ©on soit des 2 mains et des 2 pieds de l’organiste aux seules mains de l’accordĂ©oniste (!) : finesse et subtilitĂ© dans l’indĂ©pendance distincte des voix simultanĂ©es (la Variation chez Franck), comme la nĂ©gociation avec les cĂ©sures du souffle qu’impose le seul soufflet
 L’épreuve en ce sens la plus emblĂ©matique a concernĂ© les 5 versets du Victimae Paschali de Thierry Escaich (1991) pour lesquels MĂ©lanie BrĂ©gant a fait Ɠuvre de transcriptrice inspirĂ©e et pilotĂ©e par le compositeur organiste : l’accordĂ©oniste ayant trouvĂ© l’aval de l’auteur rĂ©ussit la superposition des « univers antagonistes » comme Ă©lectrisĂ©s de l’intĂ©rieur par la riche texture harmonique et la volubilitĂ© de la trame rythmique. De quoi faire surgir et donner vie aux figures thĂ©matiques, vivaces et processionnelles telles des toccatas improvisĂ©es qui s’embrasent
 Superbe programme : original et superbement rĂ©alisĂ©.

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Mélanie Brégant, accorguéon, accordéon de concert

FĂ©lix MENDELSSOHN (1809-1847) – Sonate en rĂ© mineur op. 65 n°6 (1er mouvement, Choral et variations)
CĂ©sar FRANCK (1822-1890) – PrĂ©lude, fugue et variations en si mineur op. 18
Jean-Sebastian BACH (1685-1750) – Passacaille en do mineur BWV 582
Johann PACHELBEL (1653-1706) – Chaconne en fa mineur P 42
LĂ©on BOELLMANN (1862-1897) – Suite Gothique op. 25
Thierry ESCAICH (1965) – Cinq versets sur le Victimae Paschali (1991)

 

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PLUS d’infos sur le site de Klarthe records :
https://www.klarthe.com/index.php/fr/enregistrements/accorgueon-detail

Les Concerts Royaux : bilan discographique

couperin francois-bio_0 vignette classiquenewsFRANCE MUSIQUE. Dim 29 mai 2022, 16h. Couperin : Concert royaux, bilan discographique. La Tribune des critiques de disques. Pour chaque dimanche Ă  Versailles, Couperin satisfait le plaisir de Louis XIV, grand amateur de « petits concerts de chambre » : la fin du grand siĂšcle, s’accomplit ainsi Ă  l’heure dominicale, en 1714 et 1715, le compositeur offrant au souverain de lumiĂšre, un crĂ©puscule baignĂ© de lueurs chaudes et caressantes, dans l’intimitĂ© de sa chambre, en un rouge et or, fascinant. Les amateurs de peinture diront de teintes solaires et automnales, « vĂ©nitiennes » car le style qui marque la fin du rĂšgne de Louis XIV, est un tonalisme de fin d’étĂ©, un nĂ©otitianisme, 
 les Coypel, Rigaud, LargilliĂšre, Lafosse,- pour certains, peintres de la voĂ»te de la Chapelle royale, dernier chantier du Roy-, s’inspirent directement de la palette vaporeuse, chromatique de l’inĂ©galable peintre vĂ©nitien du XVIĂš, Titien. En musique, Couperin fait de mĂȘme, avec la pudeur mĂ©lancolique d’un Watteau.
EditĂ©s Ă  Paris en 1722, aprĂšs les avoir jouĂ©s lui-mĂȘme Ă  Versailles (depuis le clavecin), les quatre Concerts royaux offrent un catalogue de danses d’une poĂ©sie intense, rappelant au Souverain vieillissant, l’éclat juvĂ©nile de sa jeunesse perdue. Car il fut grand danseur. Couperin qui ne fut jamais claveciniste de la Chambre (charge qui incombe Ă  D’Anglebert fils), comme Marc-Antoine Charpentier, fut proche du Souverain : la finesse de son Ă©criture parlait directement au cƓur du roi. Mais dĂ©jĂ , la vivacitĂ©, l’espiĂšglerie, une nouvelle virtuositĂ© rayonnante, « italienne » se fait jour en particulier dans les derniĂšres sĂ©quences des derniers Concerts : en cela, Couperin annonce directement Rameau, grand amateur de musicalitĂ© et de vocalitĂ  italiennes.

L’inventivitĂ© poĂ©tique, italienne,
pré ramiste de François Couperin

COUPERIN portrait couleursDeux ans plus tard, en 1724, les Nouveaux Concerts ou « GoĂŒts rĂ©unis » affirmeront cette dilection ultramontaine. Et la fusion franco-italienne, en un esprit de synthĂšse dont Couperin le Grand garde le gĂ©nie toujours intact. Les Sonades (Sonates en trio dans le goĂ»t italien, selon la terminologie chĂšre au compositeur) citent Corelli ; elles rĂ©pondent et complĂštent ici l’élĂ©gance racĂ©e des Concerts (strictement français, dans le style du trĂšs admirĂ© Lully dont Couperin Ă©crit une ApothĂ©ose demeurĂ©e cĂ©lĂšbre en 1725 : leur tendresse, leur Ă©quilibre diffusent l’éclat versaillais Ă  l’époque de Louis XIV). Les Concerts Royaux de 1722 (qui forment une totalitĂ© avec leur « suite », les GoĂŒts rĂ©unis de 1724) ne ferment pas une Ăšre, ils la subliment en l’inscrivant irrĂ©mĂ©diablement vers le futur.

COUPERIN sublimĂ©Pour nous, il n’existe qu’un seul enregistrement de rĂ©fĂ©rence des Concerts Royaux, recueillant le meilleur de la nouvelle gĂ©nĂ©ration d’instrumentistes baroqueux : celle des TIMBRES, fondĂ© par Yoko Kawakubo (violon), Myriam Rignol (viole de gambe) et Julien Wolfs (clavecin)
LIRE ici notre critique développée des Concert Royaux de François Cuperin par LES TIMBRES, fondé par Yoko Kawakubo (violon), Myriam Rignol (viole de gambe) et Julien Wolfs (clavecin) :
http://www.classiquenews.com/cd-critique-fr-couperin-concerts-royaux-les-timbres-1-cd-flora-2017/

ARTE. Don Pasquale Ă  l’OpĂ©ra de Hambourg

L'Elisir d'amor de DONIZETTI Ă  l'OpĂ©ra de TOURSARTE, Dim 29 mai 2022, 23h50. DONIZETTI : Don Pasquale. Vieux filou encore vert, Don Pasquale entend dĂ©shĂ©riter son neveu Ernesto et s’entĂȘte Ă  vouloir prendre femme au risque de perdre la paix et l’harmonie. Le barbon ne manque de toupet en prenant la fiancĂ©e de son neveu (Norina), sĂ»r qu’il fait un bon tour
 C’était mal Ă©valuer l’intelligence des jeunes amants qui avec l’aide du Docteur Malatesta, se vengent en retournant la situation Ă  leur avantage ; en fin d’action, Don Pasquale se sĂ©pare de l’incontrĂŽlable Ă©pouse et supplie Ernesto de revenir chez lui. L’opĂ©ra de Hambourg en avril 2022 affiche l’opĂ©ra de Donizetti, sommet romantiquecrĂ©Ă© en 1843, qui renouvelle l’intelligence des comĂ©dies dĂ©jantĂ©es de Rossini.

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OpĂ©ra bouffe en 3 actes – durĂ©e : 2h30)
Livret de Giovanni Ruffini
Orch Philharmonique de Hambourg
David Bösch, mise en scÚne
Matteo Beltrami, direction
Distribution :
Ambrogio Maestri (Don Pasquale)‹  -  Danielle de Niese (Norina)  -  ‹Kartal Karagedik (Dottore Malatesta)  -  ‹Levy Sekgapane (Ernesto)  -  ‹Jóhann Kristinsson (Notario)

Sur ARTE, dim 29 mai 2022, 23h50
EN REPLAY sur ARTEconcert, dĂšs le 29 mai 2022 Ă  18h jusqu’au 28 aoĂ»t 2022, ici :
https://www.arte.tv/en/videos/105456-000-A/gaetano-donizetti-don-pasquale/

 

 

 

 

 

 

Approfondir
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Un vieux barbon rĂȘve de faire ” d’une pierre deux coups ” : dĂ©shĂ©riter son neveu trop rebelle Ă  son goĂ»t et lui ravir sa jeune fiancĂ©e. Mais la belle a plus‹d’un tour dans son sac
 elle se montre mĂȘme d’une violence insupportable‹pour ce vieillard devenu son Ă©poux et qui pensait gouter pour ses vieux‹jours au miel d’une jeune beautĂ© tout Ă  fait soumise. ‹Le trio vocal principal emprunte Ă  la tradition du Buffa italien le plus classique.
L’intrigue puise directement son inspiration dans la commedia dell’arte : Don ‹Pasquale figure ainsi Pantalone, son neveu Ernesto le Pierrot amoureux,‹Malatesta le rusĂ© Scapin et Norina, la douce Colombine.
Donizetti compose l’oeuvre en un temps record, onze jours si l’on en croit sa‹correspondance, non sans mettre Ă  contribution plusieurs de ses ouvrages‹prĂ©cĂ©dents. Le rĂ©sultat est sans conteste l’une des plus Ă©blouissantes‹illustrations du genre bouffe au XIXe siĂšcle.‹ Tous les ingrĂ©dients semblent rassemblĂ©s pour servir au mieux le gĂ©nie de Donizetti.
Sur le sujet remĂąchĂ© de celui qui est pris Ă  son propre piĂšge (comme Falstaff de Verdi, d’aprĂšs Shakespeare), Donizetti revisite Rossini et brosse une exquise galerie de portraits. C’est comme toujours une subtile guerre des classes ou la femme fausse proie facile, se fait puissante dominatrice, sirĂšne manipulatrice prĂȘte Ă  tout pour triompher 
. et vaincre le phalo qui se cache en tout homme: Don Pasquale qui pensait tout connaitre du sexe dit “faible” l’apprend Ă  ses dĂ©pends.
Pourquoi ce Don Pasquale ? Créé au Théùtre des Italiens à Paris en 1843, le Don Pasquale donizettien approfondit plus encore la veine comique de Rossini en brossant un portrait de vieux troublant et magnifique, blessé et bouleversant jamais vu ailleurs, et bientÎt accompli chez le vieux Verdi, celui de Falstaff. Le barbon devient figure de la désolation, ùme crépusculaire impuissante et si naïve, véritable Don quichotte domestique.