ARTE, programmes de Noël 2016 et du Nouvel An 2017

ARTE : programmes de fêtes pour Noël 2016 et le 1er janvier 2017arte_logo_2013Télé, ARTE, sélection de Noël : cap sur Noël et le Nouvel An ! Programmes et soirées de fêtes sur Arte pour décembre 2016 et janvier 2017 suivant. La chaîne culture sélectionne une programmation plutôt festive, proposant en une bel équilibre, plusieurs temps forts : récital lyrique et symphonique, documentaire patrimoniale, chant sacré baroque, Histoire de la valse viennoise, danse new yorkaise, concert symphonique… que la Rédaction de classiquenews a soigneusement analysé. En voici le marathon des plus prometteurs, garantie de moments intenses et envoûtants. Soit 12 programmes incontournables, les 24, 25 et 31 décembre 2016, puis 1er janvier 2017.

 

 

 

 

Samedi 24 décembre 2016
Veillée et soir de Noël

 

 

17h55 : Opéra italien, récital lyrique et symphonique
jordan - Philippe-Jordan-008Soirée lyrique à l’Opéra de Paris avec Philippe Jordan et la soprano transcendante Sondra Radvanovsky, interprète de l’opéra italien, de Verdi (O patria mia d’ Aida), à Puccini (sublime prière à la Vierge : « Vissi d’arte, vissi d’amore » où la cantatrice Floria Tosca implore Marie, au comble du désespoir…), sans omettre l’ineffable et si raffiné Bellini (« Casta diva » : autre prière incantation à la lune de la prêtresse gauloise Norma, qui doit transmettre à son peuple la date de la révolte contre les romains…). En début de programme, Philippe Jordan insuffle à l’ouverture de l’opéra La Force du Destin de Verdi, son intensité dramatique. Aux côtés de Sondra Radvanovsky, la mezzo géorgienne, capiteuse, envoûtante elle aussi, Anita Rachvelishvili incarne la sulfureuse Carmen de Bizet (« L’amour est un oiseau rebelle »).
Récital donné à l’Opéra Bastille, en 2016. Durée : 1h20 mn — Avec le ténor Aleksandr Antonenko, l’orchestre et les chœurs de l’opéra national de Paris.

 

 

 

20h50 : les Cathédrales dévoilées
saint-denis-cathedrale-582-documentaire-classiquenewsArchitecture gothique ascensionnelles… Arte s’intéresse aux écrins qui recueillent depuis le Moyen Age, la prière et la dévotion des croyants ; le documentaire remonte à 2010 mais avait frappé par la qualité des prises de vue et les commentaires soulignant l’exceptionnelle maîtrise des bâtisseurs de cathédrales. Au milieu du XIIè (en réalité précisément à Saint-Denis, grâce à l’abbé Suger), les architectes français « inventent » l’arc gothique et le style qui en découle : lumineux, vertical, véritable sublimation par la lumière de l’espace dévolu aux célébrations ferventes et sacrées. La liturgie catholique avait bien besoin d’une telle scénographie dont la clarté fait éclater les murs grâce à une gestion plus maîtrisée de la poussée et de la charge des bâtiments (d’où l’arc ogival et les arcs boutants. qui en réalité apparaissent dès le début du XIIè, comme à Paris…). Les structures s’allègent, offrant de nouvelles possibilités pour des architectures de plus en plus élevées. Et l’esthétique nouvelle elle aussi des vitaux et leurs cerclages de plomb et de fer, réinvente la notion même de spatialisation colorée ; c’est un nouvel espace qui favorise l’exaltation spirituelle et la ferveur collective.
L’apport de ce docu est amplement documenté et argumenté grâce à la numérisation des bâtiments dont les données ainsi collectées mettent en lumière des spécificités (voire des anomalies) pour chaque Cathédrale ainsi inspectée. La restitution complète en 3D montre des détails et des dispositions qui renforcent encore la formidable singularité des bâtiments élevés pour la plus grande gloire de Dieu. Artisans, maîtres d’oeuvre, commanditaires, clergé et société civile… les acteurs des chantiers qui s’étendent sur des décennies voire des siècles sont aussi dévoilés, chacun à sa place, dans la part spécifique qu’il apporte à l’édifice. Durée : 1h30

 

 

 

1h20 : Cantates de Noël de JS BACH

ANGE-Memling-582-822-HOMEPAGECélébration chorale et vocale grâce aux cantates de Noël de JS Bach, par le Collegium Vocale Gent (Philippe Herreweghe, direction), en l’église Saint-Roch à Paris (concert de décembre 2015). Les quatre Cantates dites de Noël de Jean-Sébastien Bach soit les BWV 62, 91, 40 et 63 édifient un portique fervent d’une rare intensité, portée par l’espérance du directeur de la musique de Leipzig. Les Cantates s’interrogent sur le sens de la naissance de Jésus, le miracle de sa conception et donc la signification de son sacrifice à venir. Durée : 1h20.

 

 

 

 

Dimanche 25 décembre 2016
Jour de Noël

 

 

12h10 :
Balanchine par le New York City Ballet
New-york-city-ballet-danse-balanchine-dossier-chatelet-les-etes-de-la-danse-classiquenews-critique-compte-rendu-Paris, été 2016 : le Châtelet accueillait en une résidence parisienne des plus fructueuses, le célèbre ballet new yorkais, détenteur de la grâce « objective » conçu par le russe George Balanchine (1904-1983), cofondateur de la Compagnie en 1948. Dirigée aujourd’hui par Peter Martins, la troupe légendaire abordait ainsi quatre programmes historiques (entre autres) qui ont fait l’histoire et l’identité de la Compagnie, l’une des plus riches d’Europe… Au programme de cette séquence, l’un des volets des soirées proposées à l’été 2016 : L a Nuit de Walpurgis, complément si captivant qu’ajouta Gounod pour son Faust ; Sonatine de Ravel (ballet créé en 1975) ; La Valse du même Ravel (créé en 1951) ; Le Palais de cristal, féerie chorégraphique sur la Symphonie en ut de Georges Bizet, partition juvénile gorgée de saine vitalité. Avec l’Orchestre Prométhée.

 

 

16h20 :
Mon beau Danube Bleu, histoire d’une valse
strauss-johann-II-petit-portrait-298-294-640px-Johann_Strauss_II_by_August_Eisenmenger_1888Documentaire déjà salué dans ces colonnes, révélant l’épopée romanesque de la mélodie la plus célèbre parmi les valses de Vienne inventées par Johann Strauss fils. Le Beau Danube bleu composé en 1867 par Johann Strauss II (1825 – 1899) clôt chaque année le concert du Nouvel An à Vienne : apothéose de la grand messe médiatique la plus regardée au monde sur les télés du monde entier. La nostalgie élégantissime du Viennois génial cultive toujours ce parfum irrésistible entre tendresse exquise, enivrement rythmique, raffinement instrumental et bien sûr, séduction mélodique… Retour sur la genèse d’une valse au succès planétaire ainsi que les circonstances qui l’ont rendue célèbre. « Un message d’espoir, d’amitié et de paix », c’est ainsi que Johann Strauss venant jouer sa musique à Paris, tout juste baptisée « Ville Lumière », résuma à l’Empereur Napoléon III l’esprit qui animait sa valse Le Beau Danube bleu. Car en génie poétique accompli, Johann Strauss sait exprimer l’irrésistible flux liquide de son sujet, le souffle et la magie d’une partition très inspirée tout au long de son développement musical.LIRE le compte rendu complet sur Le Beau Danube Bleu

 

 

18h05
Maestro : Christmas 2016 in Vienna
Concert enregistré au Konzerthaus de Vienne. Programme festif et éclectique, de Bach à Rossini. Sans omettre Bizet et même Leonard Cohen qui s’est éteint en novembre 2016. Pour délivrer son message de paix, le concert de gala viennois est défendu par plusieurs solistes toutes catégories dont Angela Denoke – soprano ; Vesselina Kasarova – mezzo soprano ; Dmytro Popov – ténor ; Günter Haumer – baryton ; Melissa Venema – trompette. Les solistes seront accompagnés par les chanteurs de la Wiener Singakademie, le chœur d’enfants des Petits Chanteurs de Vienne et l’Orchestre symphonique de la radio de Vienne, sous la baguette d’Erwin Ortner. Durée : 1h.

 

Samedi 31 décembre 2016

 

18h40
Concert des 3 ténors : inédits
Hommage à Luciano Pavarotti sur France 3Dans les années 1990, les ténors vedettes : Placido Domingo, José Carreras et l’immense Luciano Pavarotti, aux tempéraments idéalement distincts, se produisent en concert, fusionnant leur timbre ardent, passionnés, lumineux. Né en 1990 dans les thermes de Caracalla à Rome au moment de la coupe du monde de football, le trio ainsi formé, qui s’intitule « Les 3 ténors » remporte un succès immense et persistant tout au long de la décennie. Sur les 30 concerts organisés, 6 ont fait l’objet d’une captation télévisée. EN voici le best of, les « inédits » enfin révélés. Durée : 1h.

 

 

20h : Venise, saison morte et eau montante
Venise, foyer de l'opéra baroque, ressuscite CavalliDocumentaire : Venise en hiver. La lagune sous la neige déploie sa fascinante beauté mortifère, monde suspendu entre ciel et mer aux allures de cité idéale embrumée. Le magazine évasion découverte, « 360° GEO » s’intéresse à en analyser la beauté spécifique où pèse aussi dans des images insolites, la vie quotidienne des vénitiens, éprouvés par des conditions climatiques qui changent leur ordinaire… car souvent en novembre et décembre c’est la pluie qui s’invite ; le film, trop court, suit la vie hivernale de deux vénitiennes confrontées en janvier à la montée cyclique des eaux (aqua alta) : ainsi deux profils se précisent, pendant la morte saison : Lorenza Mariutti, une policière qui patrouille en canot, et Tiziana Terzi, une ordonnatrice de pompes funèbres, témoin direct d’une ville qui s’éteint. Durée : 43 mn (2014).

 

 

 

 

 

Dimanche 1er janvier 2017

 

 

Pour célébrer le premier jour de l’an neuf, et toutes les espérance que le passage à un cycle nouveau autorise, Arte nous présente 3 rvs incontournables. D’autant mieux programmés que leur heure de diffusion respectives permet entre deux, de suivre l’incontournable de la journée, le Concert du NOUVEL AN A VIENNE (le vénézuélien Gustavo Duhamel, le plus jeune maestro à réaliser ce concert, dirige les Wiener Philharmoniker) sur France 2, de 11h à 13h environ…

 

 

 

5h : les adieux de l’étoile Nicolas Le Riche
nicolas-leriche-350x300Pour les couches tôt : soirée exceptionnelle Nicolas Le Riche : les adieux de l’ex étoile de l’Opéra de Paris est l’occasion des spectacle exceptionnels, riche en clins d’yeux, références à ses complicités avec de nombreux autres solistes ès mérite… Ainsi Nicolas Le Riche met fin ce 9 juillet 2014 à 42 ans, après 30 ans de carrière dont les bons prodigieux continuent d’émerveiller les jeunes danseurs parmi les plus prometteurs de la nouvelle génération de danseurs mâles : «Il bondit comme un tigre, vole comme un ange et atterrit en chat», résume son ami le comédien Guillaume Gallienne. Nicolas Le Riche compose un programme où il rejoue les grands rôles qui l’avaient révélé, confirmé, couronné : Les Forains, Le Jeune homme et la mort, entre autres, soit deux ballets de Roland Petit où la grâce aérienne du danseur étoile avait saisi les spectateurs ; à ne pas manquer non plus son duo avec Sylvie Guillem, sa partenaire favorite, dans une courte séquence d’Appartement du suédois Mats Ek, puis Boléro de Ravel (chorégraphie de Maurice Béjart), où sa virilité athlétique et féline s’affirme avec un naturel irrésistible. Invités : le chanteur Matthieu Chedid, le comédien Guillaume Gallienne.

 

 

 

16h50
Dans les pas de Cendrillon… Le mythe est né en Chine au IXè siècle et continue d’inspirer les créateurs du monde entier : compositeurs, chorégraphes, plasticiens… Orpheline de mère, Cendrillon subit la lâcheté de son père absent : la marâtre avec laquelle il s’est remarié et qui a deux filles, lui impose des conditions insupportables : elle devient la domestique de sa nouvelle famille, souillon dans les cendres (de l’âtre dont elle doit assurer l’entretien), et qui lui donne son nom. A l’origine, dans son histoire orientale, attribuée à un lettré chinois de la dynastie Tang et datant de l’an 850, un poisson magique, symbole de fertilité, se porte au secours d’une jeune servante dénommée Yexian. Puis Charles Perrault, s’inspirant lui-même d’un avatar du conte chinois originel, conçu par le Napolitain, Giambattista Basile, réinvente le mythe. Puis au XIXè, les frères Grimm enrichissent encore le sujet dont le symbole incarne la misère d’une jeune fille maltraitée qui prend sa revanche… en épousant le prince. On sait que depuis les propositions des psychanalyste, le syndrome de Cendrillon, à laquelle toutes les jouvencelles de notre époque s’identifient ou se sont un temps identifiées, est devenu un principe universellement reconnu et avéré : ce cliché romantique où toute jeune fille qui se respecte se voit potentiellement épouser le beau prince, ne manque pas de séduire des foules d’admiratrices, mais aussi tous ceux qui remettent en doute cette espérance nunuche. Au delà des lectures féministes du mythe, Cendrillon ne serait-elle pas celle qui s’émancipe ? — durée : 1h21mn.

 

 

 

18h40
Concert du NOUVEL AN à LA FENICE de VENISE
ARTE : programmes de fêtes pour Noël 2016 et le 1er janvier 2017Après le rituel planétaire et indétrônable, soit le Concert du Nouvel An à Vienne, Venise lui emboîte le pas et affiche elle aussi son propre gala de fête pour fêter l’an neuf. Le chef Fabio Luisi dirige ici l’orchestre et les choeurs maison dans un récital de bel canto romantique italien, surtout dévolu dans sa seconde partie (celle que diffuse Arte), à Giuseppe Verdi. La tradition verdienne à La Fenice remonte entre autres à la création de La Traviata, le 6 mars 1853, in loco (et échec cuisant). Nonobstant, l’opéra de Verdi tient l’affiche de ce soir avec le brindisi : air du champagne – idéal pour chanter les espérances de l’année nouvelle : « Libiamo ne’lieti calici », entonné par le choeurs et les deux solistes amoureux, soprano et ténor : en l’occurrence à Venise : Rosa Feola et John Osborn. Le choeur de La Fenice défend aussi ses flamboyantes couleurs chorales en interprétant comme chaque année, l’air des esclaves, hymne à la liberté des peuples opprimés, – manifeste patriotique à l’époque de Verdi (quand l’Italie était sous tutelle autrichienne) : « Va pensiero » extrait de l’opéra de jeunesse, Nabucco. Durée : 1h.

 

 

 

00h40 : Le Corsaire
Ballet de Manuel Legris, 2016, 2h. Directeur du ballet de l’Opéra de Vienne, Manuel Legris, ex danseur étoile de l’Opéra de Paris, signe ici une nouvelle lecture du mythe romanesque légué par Lord Byron. L’écrivain engagé sur la scène politique, imagine un corsaire patriote grec combat la conquête prônée par un sultan turc. La chorégraphie reprend celles conçues par Jules Perrot (1858) et Marius Petipa (1863) qui privilégient les tableaux spectaculaires et féeriques : tempête, labyrinthe enchanté d’un palais des mille et une nuits; c’est avec La Bayadère, chorégraphiée par Noureev, et récemment La Source, restituée par l’Opéra de Paris, l’un des sommets du ballet romantique d’esprit héroïque, rendu célèbre grâce à plusieurs séquences particulièrement réussie : la jardin animé, pas de trois des odalisques; ou le pas de deux, que réalisèrent en leur temps, les légendaires Rudolf Noureev et Margot Fonteyn dans les années 1960. Manuel Legris rend plus clair la trame romanesque et aventureuse : le corsaire Conrad enlève Medora, vendue en esclave sur les marchés turcs. Le héros provoque une mutinerie parmi les corsaires, semant une belle pagaille au sein du Palais du Pacha. Dans l’histoire de l’Opéra de Vienne, ce Corsaire version Legris 2016, incarne la réussite de la belle danse, virtuose et esthétique à Vienne, grâce au transfert du style français, réalisé par Manuel Legris dans la capitale autrichienne.

 
 

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Arte, programmes des fêtes de Noël 2016 et du Nouvel An 2017. Sélectionnée conçue, commentée par la Rédaction de classiquenews, Elvire James avec Lucas Irom et Hugo Papbst.

 

 

 

 

 

 

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