ARTE : Kaufmann, Yoncheva, Garanca, Tézier dans Don Carlos de Verdi

ARTE, opéra. DON CARLOS de VERDI, jeudi 19 octobre 2017, 20h55. C’était la production événement attendue, espérée à Paris… un événement comme il en existe de nombreux en Province. Car non, il n’y a pas que Paris qui donne le ton en matière de voix comme de mise en scène : voyez plutôt du côté de Nantes, avec une somptueuse et si juste production du Couronnement de Poppée actuellement à l’affiche nantaise jusqu’au 17 octobre 2017. LIRE notre critique et VOIR notre reportage vidéo Nouvelle Poppée à Nantes

 

 

Une production annoncée “événement” qui n’en est pas un…

DON CARLOS vocalement séduisant, scéniquement terne

 

 

Kaufmann don carlos opera bastille octobre 2017Que vaut ce Don Carlos à Bastille, événement car donné dans la version parisienne de l’ouvrage (1867) : donc chantée en français, avec le fameux acte préliminaire de Fontainebleau qui explicite les amours juvéniles, tendres de Carlos et d’Elisabeth… ? Quand Bastille ressuscite une partition conçue pour Paris, et taillée pour le goût parisien, on se félicite d’une telle réévaluation d’un opéra ordinairement donné en italien et de façon incomplète (ni ballet, ni acte bellifontain). En son temps, Claudio Abbado avait enregistré une lecture profonde, nerveuse et si humaine de la partition créée à Paris…
En octobre 2017, la « grande boutique » comme disait Verdi, choisit une dimension internationale, invitant têtes d’affiche et metteur en scène scandaleux (pour faire le buzz). Le bon ton, chic et snob aime les « effets médiatiques de la sorte » : il faut absolument être présent, être vu et avoir écouté cette lecture qui passe pour un événement lyrique. Le choix du metteur en scène, le polonais Krzysztof Warlikowski comme souvent s’gissant des hommes de théâtre, tire la couverture vers lui, oubliant que l’opéra, c’est à parts égales, de la musique et du théâtre. Comme son Roi Roger – confus, kitsch, décalé, finalement laid, et plutôt brouillon, ce Don Carlos ne restera pas dans les mémoires pour sa justesse et son intelligence visuelles. On comprends mal ce qui se passe sur scène ; souvent l’effet et la volonté de rupture l’emporte sur l’explicitation de l’action, et le geste comme le mouvement des héros contredisent ce qu’ils sont en train de vivre ou de chanter.
En outre, invitant des stars internationales, la direction artistique a pris le risque de l’inintelligibilité : sans les sur-titres, il était difficile de comprendre 90% des chanteurs. Un comble pour une partition dont on a mis en avant la version parisienne justement. LIRE notre critique complète du DON CARLOS de Verdi (version parisienne de 1867) à l’Opéra Bastille, rendez vous manqué d’octobre 2017… Nonobstant nos réserves, félicitons ARTE de diffuser pour le plus grand nombre et en prime time, une production annoncée “événement lyrique” : chacun pourra se faire une idée. Espérons cependant que le nombre de téléspectateurs ne s’effiloche pas en cours de soirée, déçus par un spectacle visuellement et scénographiquement affligeant. Heureusement, le s voix réunies sont belles, bien chantantes, à défaut d’être idéalement intelligibles. C’est déjà ça.

 

 

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arte_logo_2013ARTE, Opéra Bastille : DON CARLOS de VERDI, jeudi 19 octobre 2017 à 20h55, diffusion en léger différé depuis la scène parisienne de l’Opéra Bastille…

 

 

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