Festival de Saintes 2012
Récital Wilhelm Friedmann Bach
Concertos pour clavecin
Le 15 juillet 2012 à 13h
Le clavecin de Wilhelm Friedmann Bach
Abbaye de Saintes
Contre-Eclisse
Maude Gratton, clavecin et direction

Le clavier palpitant du fils ainé de JS Bach, virtuose du clavier, orgue et clavecin, est brillamment défendu par 3 clavecinistes de la nouvelle génération: Maude Gratton, Aurélien Delage, Arnaud de Pasquale (élève de Blandine Verlet). C'est aussi une illustration importante du fil rouge dédié au clavecin que le festival de Saintes propose à l'été 2012.
Comme Mozart après lui, Wilhelm Friedmann se désengage sur un coup de tête de son poste d'organiste à Halle en 1764: il a 54 ans; les contraintes rattachées à sa charge lui pèsent trop; c'est comme compositeur indépendant que le fils de Bach le plus doué et qui seul, "lui donnait de la joie", entend s'affirmer et vivre. Ses années de galère ne finiront jamais et il mourra misérable à Berlin, dans une solitude indigne de son immense génie.
l'indépendant et inclassable Wilhelm Friedmann
Trop doué, inclassable, si complexe, "WFB" a très vite sombré dans l'oubli. Les instrumentistes de l'Ensemble Contre-Eclisse osent se confronter à 3 concertos pour clavecin parmi les plus difficiles: Falck 41, 43, 45.
Un instrument par partie, c'est le défi instrumental du concert: la difficulté virtuose requise pour chaque musicien n'en est que plus exposée et clairement lisible. Les 2 violons, l'alto, outre le clavecin, redoublent d'inventivité surprenante. Tant de limites repoussées, d'épreuves parfois inconfortables pour le musicien déconcertent. Mais la justesse des options écrites, l'intelligence de chaque mesure forcent l'admiration car rien n'est laissé au hasard et la pensée musicale de Wilhelm Friedmann Bach est l'une des plus captivantes à son époque. Maud Gratton ajoute aux 3 Concertos pour clavecin, plusieurs partitions pour les cordes, œuvres magistrales et tout autant originales (Symphonies en fa majeur, en ré mineur que conclue une fugue inouïe).
Les recherches stylistiques du compositeur extrapole le bain galant à la mode de son vivant: fantasque, heurté, incohérent, ... on a tout dit sur une écriture qui n'a jamais été comprise ; le programme devrait réestimer une sensibilité majeure du XVIIIè: ses délires et ses vertiges inédits fondent sa profonde unité.