Anton Bruckner, Symphonie n°7 (1884)France musique, le 28 décembre 2006 à 10h

Anton Bruckner
Symphonie n°7

en mi majeur opus A. 109

Le 28 décembre à 10h

Orchestre philharmonique de Munich
Christian Thielemann
, direction
Concert enregistré à Paris, TCE
le 18 novembre 2006.

L’oeuvre d’un compositeur enfin reconnu

Depuis son utilisation dans la bande-originale du film de Visconti, Senso, la Septième de Bruckner a beaucoup oeuvré pour la reconnaissance du symphoniste, et tend, à tort ou à raison, à supplanter les autres symphonies, dans l’évaluation globale de son oeuvre. L’opus ainsi mis en avant, avec la Quatrième, incarne à son apogée, l’inspiration musicale du compositeur : architecture limpide, ampleur des thèmes, orchestration flamboyante et maîtrisée.
Dans la carrière du musicien, l’opus A. 109, valut, lors de sa création par Arthur Nikisch, à Leipzig, le 30 décembre 1884, un triomphe qui mit en oeuvre sa tardive notoriété. Contrairement aux autres symphonies, la Septième n’a pas été retouchée du vivant de l’auteur : elle ne suscite donc pas de polémique sur la version historique à choisir et interpréter. Il subsiste cependant l’affaire du “coup de cymbales“, au sommet de l’Adagio : indiqué sur un papier ajouté en marge de la partition autographe, avec la mention de Bruckner, “non valable”. Clairement abandonnée par l’auteur, l’utilisation des cymbales reste d’actualité : les chefs d’aujourd’hui, la cite, contre tout respect des indications finales du compositeur, tant sa réalisation coule de source et produit un effet saisissant…
L’oeuvre est dédiée à Louis II de Bavière et porte un hommage continu à Wagner (citation maîtrisée des tuben wagnériens). C’est d’ailleurs pendant la composition, en 1882, que Bruckner se rend à Bayreuth pour la première de Parsifal, et rencontre Wagner. L’adagio est une ample déploration d’un musicien pour un autre musicien, conçu comme un “in memoriam”, particulièrement poignant.
Auteur d’une Septième célébrée à sa juste valeur, le compositeur confirmé entreprend la composition de sa Huitième symphonie qui est son ultime ouvrage.

Plan
Quatre parties. Durée indicative : 65-70 mn.
1. Allegro moderato
2. Adagio (Sehr feierlich und langsam, “d’une très lente solennité”) : intensité du sentiment de deuil, qui cite “In te Domine speravi“, extrait du Te deum, partition contemporaine de la Septième, s’épanouit par le chant lugubre et grave des quatre tuben wagnériens.
3. Scherzo vivace, “très rapide”
4. Finale, “mouvementé mais pas trop rapide”.

Complément
Autre oeuvre au programme du concert :
H. Pfitzner : Palestrina, trois préludes

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