ORCHESTRE NATIONLA DE LILLE : MASS de BERNSTEIN

bernstein-un-air-de-gravité-fraternelle-portrait-leonard-bernstein-par-classiquenews-opera-concerts-festivals-musique-classiqueLILLE, ONL. les 29 et 30 juin. BERNSTEIN: MASS. Sommet déjanté mais manifeste pacifiste et humaniste en pleine guerre froide (1971), MASS est une oeuvre pléthorique que son éclectisme rend inclassable. C’est pourtant une partition propre au génie protéiforme de Bernstein que l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch abordent, en un programme majeur qui est le temps fort des célébrations Bernstein en France, pour le centenaire Bernstein 2018.

vendredi 29 juin 20hboutonreservation
samedi 30 juin 18h30
Lille – Auditorium du Nouveau Siècle

 

BILLETTERIE EN LIGNE

MASS BERNSTEIN
Direction : Alexandre Bloch
Récitant  : Brett Polegato
Orchestre National de Lille

Street People Ensemble Color
Grand Chœur Ensemble vocal Adventi, Choeur de l’Avesnois, Chœur du Conservatoire de Cambrai, InChorus, étudiants du Conservatoire de Lille et choristes amateurs
Chœur d’enfants Chœur Maîtrisien du Conservatoire de Wasquehal
Chef de chœur Pascal Adoumbou

Plus de 200 interprètes sur scène

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Présentation
bloch-alexandre-maestro-orchestre-national-de-lille-582-presentation-classiquenews-saison-2017-2018C’est une partition éclectique, expérimentale, déjantée, foncièrement populaire d’un Bernstein plus inclassable que jamais. MASS est une partition unique, délirante, provocatrice voire déjantée dont la forme pluridisciplinaire associant choeur, solistes, danseurs, orchestre classique et guitare électrique, renseigne évidemment sur le génie généreux, gourmand et gourmet d’un Bernstein qui fusionne populaire et savant. Les textes sont empruntés à l’ordinaire de la messe en latin, et par Bernstein et l’auteur pour Broadway Stephen Schwartz. La commande en revient à Jacqueline Kennedy, le 8 septembre 1971 pour l’inauguration à Washington du John F. Kennedy Center for the Performing Arts.

Folie, grandeur, hystérie des hommes

bernstein-vignette-centenaire-bernstein-classiquenews-bernstein-complete-works-on-deutsche-grammophon-critique-presentation-annonce-review-par-classiquenews-opera-concerts-festival-musique-classiqueConspuée, dénigrée par les critiques américains, l’oeuvre attend toujours une juste évaluation quand le public l’a toujours apprécié, sensible à son accessibilité polymorphe, son entrain, ses ruptures et ses rythmes contrastés. Le noble, le populaire : Bernstein gomme les rites, repousse les frontières, réinvente l’idée même d’une messe, moins célébration costumée et amidonnée que transe collective. Une prière pour le vivre ensemble, pour toutes les époques, dans tous les styles vocaux aussi (le choeur et les solistes y tiennent une place essentielle : porteurs d’ivresse, d’hystérie, mais surtout de prière intime et fraternelle d’une immense séduction ; le solo « simple song » est ici un standard éternel qui place la voix sans le soutien et l’habillage de l’orchestre, une voix à nu, sobre, essentielle, direct, vraie, comme le dernier air dépouillé de la Messe en si de Bach : un hymne fraternel et la clé d’une partition qui célèbre l’humain pour son sentiment d’amour et de compassion.

L’architecture de l’oeuvre, ample fresque sociale et collective résonne des heurts et dysfonctionnements des sociétés humaines : les dissonances, les tensions et les cris, les confrontations sur scène entre les divers groupes en présence illustrent ce chaos qui menace en permanence l’ordre du monde…

Ainsi Bernstein organise sa Messe atypique autour d’un Celebrant, d’un choeur adulte et d’un choeur d’enfants, de chanteurs populaires (Street singers), véritables acteurs qui interpellent, animent, rythment le déroulement de ce rituel collectif, quand il est mise en scène (ce que souhaitait aussi Bernstein).
Yannick Nézet Séguin a la verve et la tension nécessaires pour réussir une lecture unitaire malgré la menace de dispersion. Tout converge après des épisodes chaotiques vers cette fin de réconciliation fraternelle (ultime «  Sing God a Secret Song ») en dépit des oppositions et conflits exposés précédemment.
Vivant, palpitant, naviguant entre oratorio sérieux, transe populaire collective, panache et délire du Music Hall et de la variété, le chef laisse toute sa place au fond critique de l’oeuvre. Mass interroge le sens de la messe, la place de Dieu, la destinée et le sens de l’humanité.
La vision suit l’inéluctable fin qu’a conçue le compositeur, celle d’une paix salvatrice : «The Mass is ended; go in peace » . La Messe est finie, allez en paix.
Chanteurs engagés, orchestre versatile, expressif, le chef saisit la singularité d’une pièce orchestrale et dramatique, spectaculaire, et pourtant intime. Voilà un bien bel hommage à Leonard Bernstein qui aurait eu cent ans : le 25 août 2018. CLIC de CLASSIQUENEWS de mai 2018.

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APPROFONDIR

LIRE notre dossier sur MASS de Bernstein :
http://www.classiquenews.com/paris-la-philharmonie-affiche-mass-loratorio-dejante-de-bernstein/

LIRE aussi notre bilan discographique de l’année Bernstein 2018, dont MASS par Yannick Nézet-Séguin, récemment paru (mars 2018)

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